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US Steel en procès en Cour
fédérale

Joignons-nous aux travailleurs des
sections
locales 1005 et 8782 du Syndicat des
métallos et au mouvement grandissant bâti par et
pour les
travailleurs actifs et
à la retraite et leurs alliés pour
forcer US Steel à repartir la production à
pleine
capacité immédiatement ou à se
départir de
sa propriété de
Stelco !
La poursuite en cour du gouvernement canadien
contre US
Steel a continué les 12 et 13 janvier devant la Cour
fédérale. Les deux jours d'audiences à
Toronto ont
été consacrés à une tactique de
diversion
de US Steel, dans sa stratégie visant à reporter le
plus
possible son procès sous accusations d'avoir
endommagé
l'économie canadienne et
violé les termes de l'entente qu'il a conclue en vertu de
la Loi
sur
Investissement
Canada (LIC) quand il s'est
emparé de l'aciérie intégrée Stelco.
US
Steel n'a pas tenté de nier sa culpabilité. Il n'a
réfuté aucune partie de l'énorme preuve
accumulée contre lui établissant que sa prise de
contrôle de Stelco n'a apporté aucun avantage net
au
Canada comme le requiert la
LIC.
La prise de contrôle de Stelco par US Steel
a
causé des pertes énormes aux économies
locales de
Hamilton et de Nanticoke et à l'économie
canadienne. En
plus de la perte directe en produit social, les mises à
pieds et
l'arrêt de la majeure partie de la capacité
productive de
Stelco ont poussé des centaines de travailleurs au
chômage
et des
centaines d'autres à la retraite, laissé sans
travail et
sans revenu les entreprises locales qui fournissent de l'acier et
semé beaucoup d'inquiétude parmi les
retraités au
sujet de la sécurité à la retraite. Les
dommages
causés consciemment par US Steel au facteur humain et aux
moyens
de production du Canada sont un acte criminel, commis par un
prédateur étranger. Son assaut contre les
métallos
de Stelco et leurs moyens de production a entraîné
des
déboursements de millions de dollars en prestations de
programmes sociaux qui, sans ces fermetures et mises à
pieds,
auraient au contraire bénéficié de la valeur
ajoutée apportée par l'acier produit.
Il ne fait aucun
doute que
la prise de contrôle de
Stelco par US Steel a été une perte nette
pour le
Canada. Plutôt que de répondre directement aux
accusations
portées contre lui, US Steel accumule les manoeuvres
légales et gagne le maximum de temps. Les audiences des 12
et 13
janvier sont le résultat de l'une de ces manoeuvres,
US Steel contestant la constitutionnalité de la loi et
prétendant que cette loi est « vague et
ambiguë ». Le 12 janvier, US Steel a
présenté sa cause. Les avocats de la compagnie ont
dit
que puisque la Loi sur Investissement Canada
prévoit
une amende de 10 000 $ et un désinvestissement si la
compagnie est trouvée
coupable, celle-ci réclame les mêmes normes de
preuve et
les mêmes procédures légales que dans une
cause
criminelle. Le gouvernement a présenté son argument
le 13
janvier. Ses avocats ont dit que l'amende comme telle n'est pas
le
facteur permettant de déterminer s'il s'agit ou pas d'une
cause
au criminel et que le gouvernement ne demande
pas le désinvestissement, alors la procédure
criminelle
n'est pas requise. Ils ont soutenu que US Steel a droit à
un
procès équitable aux termes de la charte des droits
et
dit que la Cour fédérale est « un
modèle » d'équité. Le
troisième
jour, le 14 janvier, US Steel a présenté son
contre-argument. Une fois cette diversion écartée,
d'autres
tactiques de diversion suivront, dont la contestation du droit du
Syndicat des métallos et de Lakeside Steel d'avoir le
statut
d'intervenant dans ces audiences. Tout ce non-sens peut durer des
mois
et même des années, à moins que le
gouvernement
n'intervienne de façon décisive pour corriger la
situation en forçant US Steel à repartir la
production
à
pleine capacité dans les aciéries Stelco.
Cette affaire soulève le problème
central
de notre droit souverain de contrôler la direction de
l'économie. Les secteurs de base de l'économie
comme
l'acier doivent en tout temps apporter un avantage net aux
Canadiens et
être placés sous le contrôle des
véritables
producteurs et non de quelques propriétaires de capital
éloignés de la production.
Le gouvernement doit assumer sa responsabilité sociale en
garantissant que les secteurs de base de l'économie
apportent un
avantage net aux Canadiens. Il doit entre autres choses passer
une loi
d'urgence pour arrêter la destruction de la base
manufacturière dont Stelco est un élément
important et qui comprend aussi l'industrie minière, le
secteur
forestier et les installations manufacturières
d'importance
à travers tout le pays.
US Steel ne nie pas être un prédateur
soucieux uniquement de son intérêt et son action en
cour
est ouvertement centrée sur ce qu'il perçoit comme
son
droit de monopole de faire ce qu'il veut avec Stelco, un droit
qui
serait garanti par la Constitution canadienne et la Charte des
droits
et libertés. US Steel se plaint qu'on le traite en
criminel de
droit commun sans lui reconnaître les droits légaux
fondamentaux dont jouit un accusé. Il prétend
n'avoir
commis aucun crime mais avoir agi comme le fait tout monopole
face
à la concurrence ou à un ralentissement
économique
quand il attaque les travailleurs et ferme les usines et les
opérations si c'est dans son intérêt
étroit
de le faire. Dans le
cas de US Steel, cette conception égocentrique signifie la
concentration de sa production d'acier aux États-Unis et
l'utilisation de la crise comme prétexte pour soutirer des
concessions aux travailleurs canadiens afin de sortir plus de
profits
du Canada.
Le gouvernement a refusé de contester
directement
les agissements criminels de US Steel et ses tactiques de
diversion au
moyen d'une loi d'urgence qui lui ordonnerait de repartir
immédiatement la production à Stelco à
pleine
capacité et de prolonger la convention collective des
métallos de la section 8782 à Lake Erie Works ou de
se
départir
de sa propriété sur Stelco. Il fait plutôt
preuve
d'une attitude craintive et soumise face aux tactiques dilatoires
de US
Steel et coupe les cheveux en quatre pour déterminer si la
poursuite est de nature criminelle ou civile ou si la loi est
vraiment
« vague et ambiguë ». Le gouvernement
pourrait très facilement
« clarifier »
pour US Steel ce que dit la loi et lui démontrer la nature
criminelle de ses actions en lui donnant, par décret
spécial, les options suivantes : vous repartez la
production dans les usines de Stelco et vous prolongez
immédiatement la convention collective des métallos
de la
section 8782 ou vous perdez la propriété de Stelco.
Y-a-t-il autre chose
que vous ne comprenez pas ?
Cela va prendre des mois ou même des
années
avant que la poursuite du gouvernement soit finalement
gagnée ou
rejetée et pendant ce temps cette attaque criminelle
contre le
secteur de l'acier du Canada et contre les métallos va
continuer. Ce n'est pas une façon de défendre les
droits
des Canadiens. Il est évident que les actions de US Steel
sont criminelles ; ce monopole étranger devrait
être
traité comme une entité commerciale criminelle et
forcée à faire face à la justice
immédiatement. Rien de bon ne va sortir de la
négation de
la réalité et d'une plaidoirie faible qui cherche
à prouver que la poursuite est au civil et non au criminel
et
que le contenu de la LIC est clair. Le
gouvernement n'assume pas sa responsabilité sociale de
défendre les Canadiens et leur économie. La crise
économique et les activités criminelles de US Steel
et
d'autres monopoles montrent que le gouvernement doit passer une
loi
pour corriger la situation maintenant et défendre les
Canadiens
et leur économie. Malheureusement, le parti au
pouvoir semble plus intéressé, avec sa prorogation,
à sauver la face sur la question des abus commis contre
les
prisonniers et à exercer le pouvoir politique au nom des
monopoles et de l'Empire américain qu'à mobiliser
les
institutions parlementaires pour défendre les Canadiens
qui
souffrent de la crise économique et des attaques de
monopoles
étrangers prédateurs comme US Steel, Vale Inco,
Xstrata,
AbitibiBowater et autres.
Les travailleurs canadiens et leurs alliés
doivent s'organiser pour forcer le gouvernement à
défendre leurs droits souverains contre les
activités
criminelles des monopoles prédateurs. Le Canada ne peut
pas
prospérer et développer son plein potentiel tant
qu'il
est un territoire faible et annexé aux monopoles les plus
puissants de l'oligarchie
financière internationale qui demandent un tribut toujours
plus
lourd et une servilité totale. Les travailleurs et leurs
alliés réclament une loi d'urgence pour corriger
cette
situation très sérieuse. Le gouvernement doit
exiger que
US Steel reparte la production immédiatement ou se
départisse de sa propriété de Stelco au
profit
d'un Stelco renouvelé
sous la forme d'une entreprise publique ou sous une autre
forme.
Joignons-nous aux travailleurs des sections
locales 1005
et 8782 du Syndicat des métallos et au mouvement
grandissant
bâti par et pour les travailleurs actifs et à la
retraite
et leurs alliés pour forcer US Steel à repartir la
production à pleine capacité immédiatement
ou
à se départir de sa propriété de
Stelco !
Retarder la justice c'est la
nier !
Non aux activités criminelles des monopoles
prédateurs !
Le Canada a besoin de son économie
socialisée qui suffit à ses besoins et
où les
secteurs de base sont sous le contrôle souverain des
producteurs !
Les concessions ne sont pas des solutions !
Base
manufacturière, oui ! Destruction nationale,
non !
Oui
à la souveraineté ! Non à
l'annexion !
Le gouvernement doit agir maintenant !

Réponse pitoyable du procureur
général
Robert Nicholson, le procureur
général
(PG) du Canada a émis au nom du gouvernement sa
réponse
officielle à la contestation de la Loi sur
Investissement
Canada (LIC) par US Steel. La réponse est la
déclaration des faits et du droit du PG utilisée en
Cour
fédérale les 12, 13 et 14 janvier. Le
Marxiste-Léniniste considère ce document comme
l'expression de la
conception, des objectifs et des pratiques de la classe
capitaliste
monopoliste au pouvoir au Canada. Il montre clairement pourquoi
le
Canada continue d'être embourbé dans une crise
économique à propos de laquelle tous les partis au
pouvoir refusent de passer des lois d'urgence qui
bénéficient à la population.
La réponse du PG est un document de
reddition au
droit de monopole et à l'Empire américain. Le
Marxiste-Léniniste va examiner ce document dans une
série d'articles qui exposeront les points suivants dans
l'argumentation et la pratique du procureur
général :
- Le PG n'a absolument pas l'intention de
poursuivre US
Steel en justice pour les dommages qu'il cause à
Stelco.
- Selon le PG, les actions
intéressées de
US Steel, qui a arrêté sa production d'acier au
Canada
pour la concentrée aux États-Unis, ne sont pas un
crime
mais plutôt un « malentendu » de
nature
civile sans « mauvaises connotations
morales »,
un malentendu qui peut être dissipé par la
persuasion.
- Selon le PG, les activités
économiques
des monopoles qui endommagent l'économie canadienne et
heurtent
les travailleurs et leurs régions ne sont pas des crimes
mais
des affaires « privées » de nature
civile
qui, lorsqu'elles deviennent extrêmes et trop
évidentes,
peuvent être corrigées par la persuasion ou à
tout
le moins traitées
d'une façon qui donne l'impression qu'on fait quelque
chose
à leur sujet.
- Le PG n'a pas l'intention de demander de
réparations pour les dommages causés par US Steel
à l'économie canadienne, ni pour
aucun des dommages économiques causés par des
monopoles
comme Vale Inco, Xstrata, AbitibiBowater, etc.
- Le PG ne veut même pas envisager la
possibilité de forcer US Steel à se départir
de sa
propriété de Stelco.
- Selon le PG, les monopoles et les
propriétaires
du capital ont des droits en vertu de leur
propriété
privée alors que les Canadiens n'ont pas de droits en
vertu de
leur humanité mais seulement des droits qui correspondent
à leur statut dans la société (il donne
l'exemple
du détenu qui perd ses droits pendant qu'il est en
prison).
La Loi sur Investissement Canada a
été passée consciemment par le Parti
conservateur
de Mulroney au pouvoir dans les années 1990 pour
éliminer
les éléments favorables à
l'édification
nationale contenus dans l'ancienne Agence d'examen de
l'investissement
étranger (AEIE) qui considérait comme des crimes
demandant réparations
les actions d'investisseurs étrangers qui n'amenaient pas
« d'avantage significatif » au Canada.
Les métallos, leurs alliés et les
régions et entreprises sidérurgiques demandent une
réponse plus robuste du gouvernement fédéral
aux
attaques de US Steel, une réponse qui défende la
souveraineté du Canada et la dignité des Canadiens.
Pour
beaucoup de Canadiens, la réponse écrite du PG
à
la contestation faite par US Steel en vertu de la
Charte équivaut à se trouver sur un champ de
bataille
avec un allié ou un espion de l'ennemi à ses
côtés. Cette réponse est une demande de
pardon pour
avoir poursuivi US Steel et non une défense résolue
des
droits des Canadiens de bénéficier de leur
économie socialisée et d'en contrôler la
direction.
Elle donne l'impression que US Steel est la
victime et non un agresseur et un criminel. Presque toute la
réponse est consacrée à nier que le
gouvernement
considère que US Steel a fait quoi que ce soit de mal.
Selon le
PG, le fait que la prise de contrôle de Stelco par US Steel
n'ait
apporté aucun « avantage net » ne
constitue pas un crime économique mais un malentendu de
nature « civile ». On oublierait tout et US
Steel
serait pardonné si US Steel acceptait de faire un geste
bienveillant. Le PG rejette toute idée de
réparations ou
de compensation pour les dommages énormes que US Steel a
causés. Il rejette toute idée d'une
édification
d'une industrie de l'acier canadienne qui suffit à ses
besoins,
bâtie
autour de Stelco une fois dégagé de l'emprise
étrangère. Selon lui, les industries de base du
Canada
sont le domaine « privé » des
monopoles
étrangers et du pays. Cela explique pourquoi il n'a rien
fait
face à des investissements étrangers tout aussi
nuisibles
dans les secteurs miniers, forestiers, manufacturiers et autres.
Cette
réponse
écrite est un document qui pardonne la destruction
nationale
comme un malentendu qui doit être dissipé par la
capitulation au droit de monopole et l'annexion à l'Empire
américain et non par la résistance. C'est un
document
passif, très défensif, plein de
déférence
pour US Steel et qui lui présente ses excuses. Le PG a
même honte d'être impliqué
dans une poursuite judiciaire et il voudrait tant que US Steel
permette
d'enterrer toute cette affaire en faisant un petit geste de
conciliation. C'est un plaidoyer pour un règlement
hors-cour ou
pour un geste qui ne réglerait rien mais montrerait
simplement
que US Steel est prêt à faire un petit geste de
relations
publiques ou du moins à adopter une
mine contrite plutôt que la mine glaciale et
intéressée qu'il affiche.
US Steel quant à lui ne veut rien savoir de
cette
affaire de la LIC, même pas pour les apparences. Selon US
Steel,
l'entente originale sur un « avantage net »
pour
le Canada était juste une formalité, un simulacre
d'entente bon juste pour les naïfs et qui ne signifiait
rien. Le
monde néolibéral est gouverné par le
diktat :
ou
bien avec l'Empire américain ou bien avec l'ennemi. Selon
US
Steel, le document du PG qui lui demande de respecter la LIC ou
de
faire face à des amendes suggère qu'un crime a
été commis avec la fermeture de Stelco. US Steel
considère que c'est son droit d'investisseur privé
de
faire ce qu'il veut avec sa propriété canadienne.
Si le
gouvernement ose contester comment il gère ses affaires
économiques « privées », cela
revient à l'accuser d'être un criminel. Si tel est
le cas,
alors il demande que ses droits de personne corporative soient
protégés en vertu de la Constitution canadienne et
de la
Charte des droits et libertés. Selon US Steel, aucune
accusation
n'a été
portée contre lui et aucune preuve n'a été
présentée, alors comment peut-il répondre et
se
défendre adéquatement ? En invoquant la
Constitution
et la Charte, US Steel dit au gouvernement, ou du moins c'est
l'impression qui est donnée, que dans le contexte du
nouvel
ordre mondial, le gouvernement ne doit pas fourrer son nez dans
ses
affaires, sauf si c'est pour lui verser des fonds publics.
La réponse du PG vise à
réfuter
l'assertion que selon la LIC, les actions de US Steel sont de
nature
criminelle. Elle fait un petit signe de la tête à US
Steel
pour lui faire comprendre que la procédure n'est pas
sérieuse et que la LIC ne prévoit aucune
réparation. Tout ce que le PG demande c'est un geste de US
Steel
pour sauver la face et ainsi
enterrer toute l'affaire. L'arrogance de l'impérialisme
américain est telle que même la suggestion qu'il a
fait
une mauvaise action revient selon lui à contester
l'autorité de l'Empire et pas question de l'accepter.
Le PG écrit à la section 47 de sa
réponse : « le but des articles 39 et 40
(de la
LIC) ‘n'est pas de pénaliser une conduite criminelle
mais
d'assurer le respect de la loi'. Les procédures
intentées
selon les clauses en question ne sont pas de nature criminelle ou
quasi-criminelle. Le but des procédures n'est pas de
‘déterminer un
châtiment criminel mais de faire respecter l'ordre' en ce
qui
concerne l'investissement étranger tel que couvert par la
LIC.
Les sections 39 et 40 ont pour but de donner au ministre
‘les moyens en
temps requis et effectifs' de faire respecter la loi ; ce
mécanisme n'a pas pour but de ‘punir' l'investisseur
étranger. [...]
« Section 54
[...] La LIC ne comporte pas de procédures criminelles
parce
que :
-a. Personne n'est accusé ;
-b. Aucune preuve n'est étayée ;
-c. Personne n'est arrêté ;
-d. Personne n'est appelé à
comparaître devant une cour criminelle ;
-f. La responsabilité n'exige pas une intention
de commettre une infraction criminelle (mens rea) ce qui
fait
qu'aucun blâme moral n'est assigné au comportement
qui
contrevient à la loi ;
-g. Le comportement qui viole la loi n'est pas
‘prohibé' ou illégal en soi face à la
société contrairement à ce qui se passe en
droit
criminel ;
-h. Il n'y a pas de verdict de culpabilité ou
d'innocence ou de punition imposée pour
l'offense ;
-i. Il n'y a pas de marques de criminalité :
les procédures ne mènent pas à un verdict de
culpabilité criminelle ou à un dossier
criminel.
« Il est significatif à cet
égard que, contrairement à l'AEIE, la LIC ne punit
pas le
non-respect en tant que tel. Au contraire, les procédures
en
vertu de la LIC sont basées sur une approche qui laisse
place
à la discrétion, qui est graduelle et volontaire
quand
aux mesures à prendre dans les cas de non-respect
[...] »
US Steel a transformé le criminel en
victime avec
l'appui du PG. US Steel n'a pas besoin de se défendre de
ses
activités criminelles qui endommagent les
intérêts
économiques souverains du Canada, car le PG consacre le
plus
clair de sa réponse à plaider que US Steel n'est
pas un
criminel et que toute cette affaire est un malentendu qui peut
être
dissipé si on adopte une mesure « qui laisse
place
à la discrétion, et qui est graduelle et
volontaire ». Jetez-nous un os, semble dire le PG.
Donnez-nous quelque chose pour calmer ces métallos et ces
entreprises locales !
L'approche du PG traîne dans la boue la
souveraineté du Canada et le bien-être des
Canadiens. La
situation exige clairement une loi d'urgence en plus de la LIC.
La LIC
est complètement douillette devant les monopoles
étrangers, alors que l'AEIE avait quand même des
dents.
Pas surprenant que le cas de Stelco soit le premier qui soit
contesté
en vertu de la LIC alors que les Canadiens font face à
tant de
cas d'abus criminels de la part des monopoles
étrangers.
Le PG affirme que les crimes que commettent les
propriétaires du capital ne sont pas des crimes mais des
gestes
de désobéissance civile qui peuvent être
rectifiés par des gestes d'obéissance volontaire.
Pas
besoin de punition ni de réparations parce qu'il n'y a pas
eu de
crime. Un crime économique comme celui de US Steel n'est
pas
considéré
comme un crime mais in geste de non-respect de nature civile. Des
actions économiques contre le Canada ne sont pas
considérées comme une question de justice et de loi
alors
que jusqu'à un certain point elles l'étaient avec
la
AEIE. Cela montre comment l'offensive antisociale et l'annexion
du
Canada à l'Empire américain se sont
accélérées
depuis la fin des années 1980.
S'il n'y a pas de crime alors il n'y a pas de
réparations et pas de justice ; le résultat
est une
perte encore plus grande de souveraineté et de
contrôle
sur l'économie, et l'annexion à l'empire
américain.
Selon l'élite dirigeante, les actions des monopoles au
sein de
l'économie socialisée sont au-dessus de la loi ou
du
moins hors de la portée du
droit criminel ; c'est donc dire qu'elles sont le
comportement
d'affaires normal des monopoles selon leurs intérêts
privés étroits, même si cela contrevient
à
l'intérêt général d'un Canada
souverain, et
qu'elles ne regardent en rien le gouvernement ou les Canadiens.
Les
activités des propriétaires du capital monopoliste
dans
la conduite normale
de leurs affaires font partie de ce qui est perçu comme
leur
droit de monopole de « jouir » de leur
propriété privée et c'est le cas pour US
Steel,
Vale Inco, Xstrata, AbitibiBowater et tous les autres monopoles.
Cela
explique que l'exploitation des êtres humains par une
petite
minorité soit considérée légale,
comme le
sont la destruction
de la base manufacturière, le vol des ressources du
Canada, le
chômage, le refus de régler les problèmes
sociaux
ou la violation des droits héréditaires des
Premières Nations sans qu'il y ait réparations
parce que
selon la conception capitaliste aucun crime n'a été
commis.
La Loi sur Investissement Canada qui a
remplacé l'Agence d'examen de l'investissement
étranger n'est rien de plus qu'une petite tape sur
les
doigts. C'est pour cela que ce cas est le premier depuis
l'entrée en vigueur de la loi et que d'autres cas tout
aussi
sérieux, comme les actions de Vale après sa prise
de
contrôle
d'Inco et celles de Xstrata et d'AbitibiBowater, n'ont même
pas
fait l'objet d'une requête.
C'est frappant que US Steel ne songe même
pas
à faire un geste de respect de la loi. Cela montre son
arrogance
de monopole et sa position absolutiste. Je ne peux pas avoir
tort !, déclare la « personne »
de US
Steel qui garde l'anonymat. Il ne reste que la fanfaronnade et le
grand
spectacle et les Canadiens commencent à se
demander si en fait l'action du gouvernement et la réponse
de US
Steel n'ont pas été organisées et
coordonnées d'avance pour détourner l'attention des
actions qui devraient être prises pour défendre les
droits
des métallos et de leurs régions et les droits
souverains
du Canada. Il y a de plus en plus de soupçons à
l'effet
que toute la poursuite du
gouvernement en vertu de la LIC et la réponse
indignée de
US Steel sont une vaste fraude.
Les métallos de Stelco ont vécu la
fraude
de la faillite de 2004 à 2006, le grand coup d'argent de
2007 et
maintenant la destruction aux mains de US Steel. Cette
expérience directe et cette conscience à propos des
machinations du capital monopoliste ont ouvert les yeux de
plusieurs
sur la nécessité de changement, la
nécessité d'une alternative.
La réponse des travailleurs et de leurs alliés est
de
s'organiser politiquement et de devenir une opposition politique
effective au droit de monopole et à l'annexion. Les
travailleurs
doivent eux-mêmes diriger cette lutte et constituer la
force
principale du renouveau démocratique et de
l'établissement d'une économie prosociale
souveraine qui
suffit à
ses besoins. Les travailleurs canadiens et leurs alliés
doivent
investir le peuple de la souveraineté et engager le Canada
dans
la voie de l'édification nationale.
La demande de la classe ouvrière est on ne
peut
plus claire : US Steel doit immédiatement repartir la
production à pleine capacité et prolonger la
convention
collective de la section 8782 du Syndicat des métallos ou
perdre
sa propriété de l'aciérie Stelco, laquelle
serait
renouvelée dans la forme d'une entreprise publique ou sous
une
autre
forme.

US Steel n'est pas une personne
En 2007, US Steel a conclu une entente avec le
gouvernement du Canada en vertu de la Loi sur Investissement
Canada
(LIC). Le contenu de l'entente était assez simple :
en
échange de l'achat des nouvelles actions de la compagnie
canadienne Stelco (après le processus de faillite), US
Steel
acceptait de maintenir un niveau
clairement défini d'emploi et de production pour une
certaine
période de temps. C'est à bien des égards
semblable à un contrat d'achat de marchandises. L'acheteur
reçoit, en plus de la marchandise, un document attestant
d'une
certaine qualité de la marchandise et si cette
qualité
n'est pas respectée, l'acheteur peut demander un
remboursement
ou
un échange.
US Steel n'a pas maintenu le niveau convenu
d'emploi et
de production. S'il ne prend pas des mesures immédiates
pour
respecter le contrat et ne verse par une indemnisation pour ne
l'avoir
pas respecté, alors l'aciérie Stelco devrait
être
retournée au gouvernement du Canada, qui verrait à
la
renouveler pour en faire une entreprise
productive.
L'entente intervenue aux termes de la loi est
claire et
le gouvernement a l'obligation de défendre les droits
souverains
des Canadiens et de la faire respecter. Il doit pour cela adopter
une
loi d'urgence pour saisir l'aciérie Stelco parce que US
Steel
persiste à dire que ce n'était pas vraiment un
contrat
ferme mais seulement une espèce
d'arrangement à l'amiable dont les dispositions sur
l'emploi et
la production n'étaient que des guides et qu'étant
donné certains autres facteurs, il n'est pas tenu de
respecter
l'engagement au complet.
Par son refus de réagir fermement à
US
Steel, le gouvernement s'est laissé entraîner dans
une
diversion devant les tribunaux, à savoir si les droits de
la
compagnie ont été violés ou pas. Bien qu'il
ait
signé l'entente et accepté de respecter ses
conditions,
US Steel dit que ses droits « en tant que
personne » ont été violés par la
mise
en demeure du ministre de l'Industrie et les poursuites pour
non-respect de contrat et il invoque le « manque de
clarté » de la loi.
US Steel dit être une
« personne » ayant tous les droits
accordés à la personne par la
Déclaration
canadienne des droits, la Constitution et la Charte des
droits et libertés du Canada. US Steel veut savoir
précisément quelles accusations sont portées
contre lui en tant que « personne » pour
qu'il
puisse se défendre en conséquence. Il
prétend que
la loi est vague et ne lui donne pas la possibilité de
savoir
quelle infraction il a commise au juste, c'est-à-dire
autre que
de n'avoir pas respecté le contrat de 2007. Il admet
n'avoir pas
respecté le contrat mais dit ne pas comprendre ses
responsabilités découlant de l'accord puisque la
loi est
vague et
que dans sa mise en demeure le ministre de l'Industrie
n'énonce
pas clairement l'infraction dont il l'accuse.
Par la voie du procureur général du
Canada, le gouvernement dit être d'accord avec US Steel
pour dire
qu'aux termes de la Déclaration des droits il est
en
effet une personne possédant des droits (voir la note
ci-dessous). Le procureur général fait valoir
que
cette personne, US Steel, n'est pas accusée d'une
infraction
criminelle mais seulement d'une entorse à la loi. Pendant
ce
temps, US Steel continue de ne pas respecter la loi et les choses
vont
sûrement empirer cet été quand la convention
collective des membres de la section locale 1005 du syndicat des
Métallos arrivera à échéance.
Pour les métallos, leurs alliés et
les
communautés qui vivent de l'industrie de l'acier, la
réponse du gouvernement pose un problème
sérieux
parce que cela veut dire qu'il n'y a personne en position
d'autorité qui défende la souveraineté du
Canada,
la classe ouvrière canadienne et ses communautés.
Pour y
remédier, il faut que les politiciens
ouvriers mènent une opposition ouvrière effective
et
organisée pour affirmer son autorité. Dans
l'affaire US
Steel, la résolution est claire : vous avez enfreint
les
dispositions de l'entente et vous devez maintenant verser des
réparations pour les torts causés. Cela veut dire
redémarrer à pleine capacité la production
à l'aciérie Stelco et verser
une indemnisation aux métallos, aux entreprises locales,
aux
communautés et aux divers niveaux de gouvernement pour la
perte
en produit social et pour la dépense de revenus pour les
programmes sociaux.
La contestation de US Steel, qui invoque la
Charte
des droits et libertés, et les autres diversions
doivent
être arrêtées par une loi d'urgence obligeant
la
compagnie à respecter la loi et par une déclaration
officielle du gouvernement que les entreprises ne sont pas des
personnes.
Les entreprises sont des rapports sociaux
Les entreprises sont des rapports sociaux
très
inégaux, constitués de deux principaux
éléments en contraction antagonique l'un avec
l'autre : 1) les propriétaires du capital et 2) les
travailleurs. Ce rapport social inégal et antagonique est
extrêmement instable et tendu. Les propriétaires
du capital, qui se considèrent comme une
« personne » aux termes des lois
commerciales et
de la Déclaration des droits, ne peuvent exister sans leur
opposé, la classe ouvrière. Les travailleurs sont
ce qui
donne de la valeur aux entreprises, avec leur temps de travail
à
transformer les matières premières en produit
social et
en services.
Les entreprises ne peuvent exister sans les travailleurs. Elles
peuvent
exister sans les propriétaires du capital, mais il faut
pour
cela une résolution de la contradiction entre les deux
éléments opposés : les
propriétaires
du capital est les travailleurs. Une fois la contradiction
résolue dans les principaux secteurs de l'économie,
les
propriétaires du
capital seraient éliminés en tant que classe
sociale et
les travailleurs constitueraient une classe ouvrière
consciente
et entièrement socialisée qui contrôle sa
destinée et la direction de l'économie et des
affaires
politiques du pays.
L'idée qu'une entreprise comme US Steel
soit une
personne est erronée et ne peut être acceptée
comme
fait et loi, comme le fait le gouvernement présentement.
Une
entreprise est un rapport social constitué de deux
principales
forces sociales rivales et antagoniques et c'est cela qui doit
être reconnu comme fait et loi, du moins jusqu'à ce
que ce
rapport social inégal soit résolu et
remplacé par
de nouvelles entreprises constituées seulement de la
classe
ouvrière socialisée, bâtissant le nouveau en
toute
liberté sous son autorité politique.
Note : Dans sa réponse écrite
à US Steel le procureur général du Canada
invoque
lui aussi la Déclaration canadienne des
droits :
124. L'Article 2(e) de la
Déclaration des droits stipule ce qui suit :
2. Toute loi du Canada, à moins qu'une loi
du
Parlement du Canada ne déclare expressément qu'elle
s'appliquera nonobstant la Déclaration canadienne des
droits,
doit
s'interpréter
et s'appliquer de manière à ne
pas supprimer, restreindre ou enfreindre l'un quelconque des
droits ou
des libertés reconnus et déclarés aux
présentes, ni à en autoriser la suppression, la
diminution ou la transgression, et en particulier, nulle loi du
Canada
ne doit s'interpréter ni s'appliquer comme
a) autorisant ou prononçant la
détention,
l'emprisonnement ou l'exil arbitraires de qui que ce
soit ;
125. Les entreprises sont des
« Personnes » aux termes de l'article 2(e)
de la
Déclaration des droits et par conséquent US Steel
peut
s'appuyer sur cet article.
Une juste résolution
Quelle serait la juste résolution dans le
cas de
US Steel qui enfreint une entente aux termes de la Loi sur
Industrie Canada ? Les politiciens ouvriers soutiennent
que
le gouvernement doit saisir l'aciérie Stelco et la
renouveler en
tant qu'entreprise publique. Stelco doit devenir le coeur d'une
industrie canadienne de l'acier qui suffit aux besoins de
l'économie canadienne.
US Steel doit-elle être
indemnisée ?
C'est d'abord US Steel qui doit indemniser les
métallos, leurs communautés et le trésor
public
pour la perte de produit social due à son refus de
respecter
l'entente pour ce qui est du niveau d'emploi et de production. La
compagnie pourrait ensuite, si elle le désire, demander
une
indemnisation pour ce qu'elle a versé pour l'achat de
l'aciérie, et le faire auprès de ceux qui le lui
ont
vendue. US Steel a acheté les nouvelles actions de Stelco
émises par différents groupes à l'issu de la
procédure de faillite aux termes de la Loi sur les
arrangements avec les créanciers des compagnies. Les
propriétaires des anciennes
actions n'ont rien reçu de US Steel. Ceux qui ont
profité
de l'argent versé par US Steel se sont servi de la loi sur
les
faillites pour annuler les anciennes actions et en émettre
de
nouvelles, qu'ils ont eux-mêmes achetées, au prix de
15 $ l'action. Au moment de l'achat par US Steel, ces
nouvelles
actions valaient 38,50 $. C'est ainsi que
Rodney Mott, le nouveau PDG de Stelco lorsque la compagnie est
sortie
de la procédure de faillite, Tricap, Appaloosa et Sunrise
ont
tous acheté les actions à 5,50 $ chacune et 18
mois
plus tard elles valaient 38,50 $. Il s'agit d'un rendement
net de
700 %. Dans le cas Mott, US Steel a versé environ 80
millions $ à son
compatriote, qui a été à la tête de
l'aciérie canadienne pendant à peine plus d'un an
et qui
a fait les ententes avec les vautours venus profiter de la loi
sur les
faillites et de la vente de Stelco à un monopole
étranger. US Steel peut aller demander à M. Mott de
lui
remettre les 80 millions $. Il peut lui remettre le morceau
de
papier sur lequel il
est écrit « nouvelles actions de
Stelco ».
Celui-ci pourrait alors vendre ces « nouvelles actions
de
Stelco » s'il réussi à convaincre le
marché boursier de leur valeur. Dans la mondialisation
néolibérale, ce sont des bouts de papier qui sont
échangés. US Steel peut également
réclamer
son dû à Brookfield Asset Management et
aux autres requins de la finance de Toronto et de New York qui
ont
empoché plus d'un milliard de dollars par leur
participation
à la fraude de faillite. Une chose est certaine :
seule une
infime partie de l'argent versé par US Steel pour l'achat
de
Stelco, argent d'ailleurs emprunté sur les marchés
boursiers, a été investie dans les aciéries
Stelco et dans les communautés qui vivent de l'acier.

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