Le Marxiste-Léniniste

Numéro 12 - 20 janvier 2010

Vote de grève dans les collèges de l'Ontario
Un vote faible? Pas si vite!
Un peu d'enquête et d'analyse d'abord!

Vote de grève dans les collèges de l'Ontario
Un vote faible? Pas si vite! Un peu d'enquête et d'analyse d'abord! – Dave Starbuck
Lettre à la rédaction: Un vote faible? Pas aussi faible que le vote pour McGuinty!

Sudbury
Six mois en grève à Vale Inco: «À qui les mines? À nous les mines! À qui la ville? À nous la ville! À qui la communauté? À nous la communauté!»
Résultats du vote sur le mandat de grève à Xstrata - Comité de négociation du local 598 des TCA, secteur mines et fonderies
Pétition adressée à l'assemblée législative de l'Ontario - Section locale 599 des TCA

Québec
Non à la fermeture de la raffinerie Shell de l'Est de Montréal

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Un vote faible? Pas si vite!
Un peu d'enquête et d'analyse d'abord!


Les enseignants de l'Ontario en grève au collège Algonquin, à Ottawa, le 7 mars 2006

Le 13 janvier, les 10 000 professeurs à temps plein et à charge de cours partielle des 24 collèges d'arts appliqués et de technologie (CAAT) de l'Ontario ont tenu un vote de grève. Ces 10 000 enseignants se remettent tout juste d'une attaque « choc et stupeur » contre leurs droits cette année, avec la modification de la Loi sur la négociation collective dans les collèges (LNCC) par le gouvernement libéral de Dalton McGuinty et la modification unilatérale des termes et conditions de travail par l'administration des collèges.

Sur les 10 241 professeurs ayant droit de vote, 7 656 se sont prévalus de leur droit, soit un taux de participation de 74,7 %. Sur le nombre des votes enregistrés, 4 196 ou 57,0 % étaient en faveur de la grève. Plusieurs médias et blogues favorables à l'administration ont dit que ce résultat est faible si on le compare au vote de grève de 80 % de 2006. Ils cherchent de cette manière à miner la juste cause des enseignants de collèges et à créer un barrage de propagande pour les forcer à accepter la convention imposée comme un fait accompli. Le premier ministre McGuinty et l'administration des collèges avaient pour leur part suggéré, le jour avant le vote, que les enseignants de collèges agiraient à l'encontre des intérêts de la société en votant contre l'attaque choc des collèges. Selon les reportages, McGuinty a dit : « Interrompre l'enseignement, c'est compromettre à la fois les intérêts des étudiants et des familles affectés et nos intérêts à tous pour un avenir brillant. »

Avant de répondre à cela, examinons un peu les faits.

En 2006, sur les 9 108 votants admissibles, 5 964 ont voté, soit un taux de participation de 65,5 %. Sur le nombre de votes enregistrés, 4 797 ou 80,4 % ont voté oui. Examinons le vote en chiffres absolus. Il y a bien eu une diminution du nombre de oui, mais en chiffres absolus la diminution est seulement de 601, soit 12,5 %. En chiffres absolus, la diminution apparente dans l'appui à la grève est très inférieure à celle proposée par les médias. Nous voyons aussi que le nombre de votants admissibles a augmenté de 1 133 ou 11,1 %, de 9 108 à 10 241. D'où sont venus ces votes ? Les collèges n'ont certainement pas augmenté le nombre de leurs enseignants à temps plein par plus de 11 % dans les derniers quatre ans. Dans mon collège, le nombre des enseignants à temps plein a même diminué un peu durant  cette période. L'augmentation du nombre est le résultat de l'augmentation rapide de l'engagement de professeurs à charge de cours partielle ces deux derniers trimestres.

Les collèges tentent normalement d'éviter d'engager des enseignants à charge de cours partielle à des taux syndiqués, au profit de professeurs à temps partiel et sessionnels, mais ils semblent avoir transformé un plus grand nombre de professeurs qui ne sont pas à temps plein en professeurs à charge de cours partielle ce trimestre et mené une campagne massive pour faire sortir le vote. Ils pensaient bien sûr pouvoir influencer des enseignants nouvellement engagés qui ont peu d'expérience dans la façon dont les collèges opèrent.

Le vote de grève de 2010 s'est tenu dans des conditions bien différentes de celles de 2006. Les libéraux ont tout d'abord répondu à la revendication des professeurs à temps partiel et sessionnels, qui date de décennies, de se syndiquer et de négocier collectivement en promettant de reconnaître ces droits dans le cadre d'une révision de la Loi sur la négociation collective dans les collèges. Cela a permis d'éviter que la question des professeurs à temps partiel ne surgisse pendant les élections provinciales, mais, une fois réélus, les libéraux ont réécrit la loi d'une façon qui avantage les administrations au détriment des employés, et les collèges ont mis des embûches légales à l'exercice de ces droits en pratique.

Puis, le 12 novembre, les collèges ont affirmé qu'ils avaient le droit d'imposer arbitrairement de nouveaux termes et conditions de travail modifiés. Choc et stupeur ! Un changement de bout en bout ! Ce fut la désorientation, autant sur le plan individuel que sur le plan syndical. L'administration a jugé que la crise économique qui faisait rage depuis 18 mois offrait l'occasion de dénigrer les revendications des enseignants et elle a préparé une campagne médiatique pour nous dépeindre comme des ingrats qui sont indifférents envers le bien public. Toute discussion sur l'éducation a été éliminée. Chose importante, la question sur le bulletin de vote a été changée. On ne demandait plus aux professeurs s'ils donnaient un « mandat de grève » mais s'ils « favorisaient une grève ». Changement subtil peut-être mais qui a son impact psychologique. C'est plus simple de donner un mandat de grève parce que c'est devenu nécessaire que de se dire favorable à la grève comme si faire la grève est le désir des professeurs et une partie de plaisir.

C'est certain que les conditions ne sont pas les mêmes aujourd'hui que celles qui existaient il y a quatre ans.

La signification du vote du 13 janvier n'est pas que c'est un vote faible mais qu'une fois de plus l'administration des collèges et le gouvernement ontarien ont échoué à vaincre la résistance des employés de collèges aux tentatives de les forcer à faire les frais de décennies de sous-financement chronique des collèges de l'Ontario. La province continue à se placer bon dernier parmi les provinces et les territoires du Canada pour le financement per capita de l'éducation collégiale. Les professeurs de collèges n'ont pas causé la crise économique du gouvernement de l'Ontario. Les professeurs de collège ont droit à des salaires et à des conditions de travail à un standard canadien, selon leur niveau d'instruction et leur expérience, et en tant que travailleurs du secteur public, ils ont à coeur de fournir une éducation de la plus haute qualité possible et de former les jeunes et les adultes de l'Ontario. On ne peut pas laisser le gouvernement McGuinty continuer à sous-financer les collèges, à nier les droits et à agir de façon arbitraire.

* Dave Starbuck est membre de la section locale 655 du SEFPO et professeur au Cambrian College de Sudbury depuis 1982. Il a été le candidat du Parti marxiste-léniniste du Canada dans le comté de Sudbury lors des élections fédérales de 2004 et 2006 et il écrit de façon régulière sur la question des droits des employés à temps partiel des collèges de l'Ontario.

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Lettre à la rédaction

Un vote faible? Pas aussi faible
que le vote pour McGuinty!

Dans certains milieux, on s'est plu à dire que le résultat du vote du 13 janvier pour un mandat de grève des 10 000 enseignants de collèges de l'Ontario a été faible. Sur les 10 241 votants admissibles, le taux de participation a été de 74,7 % et 57,0 % se sont prononcés pour le mandat de grève. Cela veut dire que 41,0 % des votants admissibles ont donné le mandat de grève. Comparons cela au vote qu'a reçu le gouvernement McGuinty lors de l'élection provinciale de 2007. Les libéraux ont reçu 42,2 % du vote populaire dans une élection où le taux de participation a été de 52,8 %, le taux le plus faible de toutes les élections de l'histoire de l'Ontario. Le gouvernement McGuinty a donc reçu l'appui de 22,8 % seulement des Ontariens, à peine la moitié de l'appui que le comité de négociation a reçu des enseignants du collégial. Qui est faible au juste ?

Un lecteur du collégial

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Sudbury
Six mois en grève à Vale Inco

«À qui les mines? À nous les mines! À qui la ville?
À nous la ville! À qui la communauté?
À nous la communauté!»

Le 13 janvier, dans une scène rappelant les grandes manifestations des travailleurs sur la rue Durham, à l'époque de l'organisation du mouvement syndical à Sudbury à la fin des années trente, des milliers de travailleurs en grève chez Vale Inco, leurs familles et supporters ont défilé et scandé leurs droits dans les rues du centre-ville de Sudbury. Quiconque s'imaginait que la classe ouvrière de Sudbury capitulerait face à l'assaut économique sauvage de Vale Inco a pu voir de ses propres yeux, le 13 janvier, que les travailleurs de Vale Inco et la communauté de Sudbury sont tous unis et déterminés plus que jamais à tenir le coup, un jour de plus !

Après s'être rassemblés à 9 heures à la nouvelle salle des Métallos sur la rue Brady, les travailleurs ont défilé dans les rues de Sudbury pendant près de trois heures. À l'avant de la marche, il y avait une énorme marionnette représentant le personnage du Faucheur, pour se moquer du ministre de l'Industrie de Sudbury, Tony Clement qui a décrit la ville comme étant une « vallée de la mort » et montrer que c'est la compagnie Vale (qui veut dire vallée en portugais) qui est la cause réelle de la mort de la communauté de Sudbury.

Les travailleurs ont arboré plus d'un centaine de drapeaux des Métallos, ainsi que des pancartes exprimant leur détermination à survivre à Vale et à s'opposer à l'utilisation de briseurs de grève. À plusieurs reprises, les manifestants se sont arrêtés pour écouter des représentants syndicaux et politiques, notamment le maire de la grande région de Sudbury, John Rodriguez. Les passants s'arrêtaient pour applaudir, les automobilistes klaxonnaient et des dizaines de fonctionnaires ont salué, de la fenêtre de l'édifice de dix étages du gouvernement provincial, le défilé qui passait devant. Les ouvriers ont scandé des slogans militants, en particulier : « À qui les mines ? À nous les mines ! », « À qui la ville ? À nous la ville ! » et « À qui la communauté ? À nous la communauté ! »

La bulle immobilière de la dernière décennie, au cours de laquelle Vale et Xstrata ont englouti à des prix gonflés les ressources minières du nord de l'Ontario, a conduit à la crise actuelle. Plutôt que d'être un « net avantage pour le Canada », comme Clement continue de le proclamer, ces deux acquisitions étrangères se sont avérées désastreuses pour les travailleurs des mines et de la métallurgie et pour les communautés du nord de l'Ontario et du Canada. Au printemps dernier, Xstrata Nickel a réorganisé ses activités de Sudbury en mettant à pied 686 travailleurs. À Timmins, Xstrata Copper a déclaré en mai dernier son intention de fermer la fonderie de cuivre et l'usine de zinc ce qui entraînerait l'élimination de 670 emplois directs ainsi que ceux de nombreux sous-traitants. À Sudbury, Post Colborne et Voisey's Bay, Vale a exigé des concessions et a forcé une grève de six mois tout en laissant courir la rumeur qu'une fois la grève terminée, il y aurait des mises à pied massives puisque Vale continue sa réorganisation.

Là où il y a oppression, il y a résistance

Là où il y a oppression, il y a résistance. C'est une loi de l'histoire. Par leurs actions, les monopoles internationaux de l'industrie minière vont enfanter une tempête de résistance de la part des travailleurs des mines et des communautés minières du nord de l'Ontario et du Canada, dont la manifestation du 13 janvier à Sudbury fait partie intégrale. La section locale 598 des TCA qui représente 1 100 travailleurs actifs et licenciés affectés au broyage du minerai chez Xstrata Nickel à Sudbury, a organisé plusieurs actions contre les mises à pied, y compris l'organisation de sept autobus pour aller manifester à Huntsville devant le bureau de circonscription de Tony Clement. Leur présente convention collective se termine le 1er février.

Alors que les travailleurs de Vale Inco manifestaient le 13 janvier, ceux de la section locale 598 ont voté à 96 % pour donner un mandat à leur comité de négociation de déclencher une grève si nécessaire. Témoignant de leur responsabilité sociale et dans l'esprit de « Tous pour un et un pour tous ! », les travailleurs de Xstrata Nickel ont mis de l'avant comme revendication principale le rappel des 511 travailleurs qui ont été mis à pied et qui conservent leur droit de rappel. Également le 13 janvier, plus de trois cents membres des Métallos, section locale 2020 des employés de bureau et techniciens de Vale Inco (certains ont été contraints de devenir des briseurs de grève au risque d'être licenciés), ont élu un comité de négociation. Leur contrat se termine à la fin de mars. À Timmins, la section locale 599 des TCA a tenu un grand rassemblement à la fin de décembre en présence de milliers de personnes et organise une pétition réclamant que le gouvernement agisse pour défendre leurs emplois.

Félicitations à tous les travailleurs en grève chez Vale Inco qui se tiennent fermement debout dans des conditions difficiles. Félicitations aux travailleurs des mines et de la métallurgie du nord de l'Ontario qui demandent : « À qui les mines ? À nous les mines ! », « À qui la communauté ? À nous la communauté ! » La richesse produite à partir des mines canadiennes appartient d'abord aux travailleurs qui la produisent et aux communautés dans lesquelles ils vivent et, d'autre part, au peuple canadien par le biais de leur gouvernement. Les réclamations des monopoles étrangers qui ont été bernés par d'autres monopoles à concentrer encore plus la production en rachetant leurs concurrents à des prix gonflés n'ont pas préséance. Les actions des conservateurs fédéraux et des libéraux de l'Ontario, qui affirment que ces prises de contrôle par des monopoles étrangers sont « un net avantage pour le Canada » et que l'État canadien est neutre dans le conflit économique entre Vale et les travailleurs canadiens méritent pleinement le mépris qu'ils ont semé.

À qui les mines ? À nous les mines !
À qui la communauté ? À nous la communauté !
Victoire aux travailleurs de Vale Inco !






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Résultats du vote sur le mandat de grève à Xstrata

Les membres de la section locale 598 du syndicat des TCA, secteurs mines et fonderies, unité de nickel Xstrata, ont participé à une série de réunions au Palladium Ballroom de l'hôtel Radisson de Sudbury, pour entendre une mise-à-jour sur le progrès des négociations et voter sur une mandat de grève pour le comité de négociation au cas où cela s'avérerait nécessaire. Avec une forte participation au vote, les syndiqués ont voté à 96 % en faveur d'un mandat de grève et presqu'unanimement (99 %) en faveur de mettre sur pied un fond de grève, au cas où les présentes négociations ne réussiraient pas, d'ici la date limite du 31 janvier, à déboucher sur une entente juste et équitable pour les membres de cette section locale. Lors des réunions, le comité de négociation a discuté du progrès lent depuis le début des pourparlers du 16 décembre 2009, ainsi que la position favorable du syndicat dans cette négociation. Il était évident dès la première réunion tenue à 23h00 que les syndiqués étaient d'humeur à appuyer la position avancée par leur comité de négociation.

Le syndicat des travailleurs des mines et fonderies a été créé il y a 110 ans de cela en tant que Western Federation of Miners pour lutter pour un lieu de travail plus sécuritaire et de meilleures conditions pour les travailleurs. Aujourd'hui, avec notre contrat qui a 67 ans avec Xstrata Nickel (anciennement Falconbridge), nous nous voyons de nouveau obligés de traiter avec un employeur qui refuse de concéder que la richesse de la compagnie est produite par le travail de ses employés. Nous refusons d'accepter une convention collective qui inclut des concessions et n'offre pas une meilleure sécurité d'emploi. Étant donné les énormes profits qu'Xstrata Nickel compte engranger pour la durée de la prochaine convention collective, il n'est pas question de céder sur la question de nos emplois, salaires et avantages socaiux.

Pour plus d'information, veuillez appeler Richard Paquin au 698-4622 ou Guy Desloges au 698-5021.

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Pétition adressée à l'assemblée législative de l'Ontario

ATTENDU qu'Xstrata Copper Canada a annoncé la fermetyre permanente des ses opérations à ses fonderies de cuivre et de zinc au site métalurgique Kidd, à Timmins, le 1er mai 2010 ;

ATTENDU qu'Xstrata planifie de continuer d'extraire le minerai de la mine Kidd à Timmins jusqu'en 2017 et prévoit expédier ce minerai en dehors de la province pour son raffinage et traitement ;

ATTENDU que 670 employés seront directement touchés à cause de cette décision et plusieurs grandes et petites entreprises commerciales et de détail seront affectées par cette décision ;

ATTENDU que plusieurs autres communautés partout dans le nord de l'Ontario souffriront de ces conséquences dévastatrices ;

NOUS, LES SOUSSIGNÉS, appelons le gouvernement de l'Ontario à protéger les ressources naturelles de cette province, nos industries et nos emplois ;

DE PLUS nous appelons le gouvernement de l'Ontario à prendre une position résolue et l'appelons finalement à mettre fin au pillage de nos richesses par des compagnies contrôlées à l'étranger. Si les dirigeants de Terre-Neuve et Labrador peuvent le faire, alors le gouvernement de l'Ontario peut le faire aussi

Xstrata Petition
CAW Local 599 Office
P.O. Box 1931
Timmins, Ontario
P4N 7X1

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Québec

Non à la fermeture de la raffinerie
Shell de l'Est de Montréal

Shell Canada, la branche canadienne de l'empire pétrolier Shell, a annoncé le 7 janvier la fermeture définitive de sa raffinerie située dans l'Est de Montréal. Celle-ci est en opération depuis plus de 75 ans et fait partie intégrante du complexe pétrolifère de l'Est de Montréal, qui comprend également la raffinerie Pétro-Canada et des installations de Gaz métropolitain. La décision du monopole Shell fut prise unilatéralement, malgré que la direction ait promis des alternatives aux 500 ouvriers, qui vont maintenant se retrouver sans emploi. Selon les propos de Daniel Cloutier du Syndicat canadien de l'énergie et du papier, section FTQ, le monopole Shell tente de cacher les véritables raisons de cette fermeture : « Nous sommes dans le noir le plus lourd, comme la couleur du pétrole brut. Nous n'avons pas réussi à avoir l'heure juste de la direction de Shell. Il nous semble que la pétrolière cherchait un acheteur il y a quelques semaines à peine. » Il estime que Shell a trompé les travailleurs en gardant le secret de la fermeture malgré qu'elle ait fait miroiter, selon lui, cinq scénarios pour sauver la raffinerie, dont un projet de coentreprise et la vente à des acheteurs potentiels.

En réponse à la fermeture, le syndicat a organisé le 12 janvier une manifestation au centre-ville de Montréal, où étaient réunis les dirigeants de la compagnie lors d'un colloque sur l'environnement et le développement durable (sic). « Nous nous sommes rendus là de façon pacifiste. Nous avons voulu leur faire savoir que nous voulons faire partie des discussions entourant la raffinerie, il s'agit de notre avenir et de nos emplois », de réaffirmer Daniel Cloutier.

La réponse du gouvernement Charest a été pitoyable. Il s'est dit désolé de la décision de Shell mais que cette fermeture devient un incitatif pour accélérer le prolongement du pipeline Ultramar jusqu'à la raffinerie de ce monopole située à Lévis, dans la région de Québec. Charest ne cachait pas sa préférence de voir le monopole Ultramar profiter des « difficultés » de Shell. C'est près de cette même raffinerie située à Lévis que Charest veut construire un port méthanier mais la résistance des gens de la région l'ont fait reculer.

Les médias monopolisés ont utilisé le prétexte de l'environnement et la qualité de l'air pour justifier la décision de Shell et mettre la pression sur les travailleurs pour qu'ils laissent le monopole agir à sa guise. C'est dans ces mêmes médias que les porte-parole de Shell ont fait valoir leur décision en disant que la raffinerie de l'Est de Montréal ne faisait plus partie des plans de la compagnie au Canada et sur le marché mondial. L'arrogance des monopoles n'a plus de borne lorsque vient le temps de défendre leurs « plans » de bâtisseurs d'empire. Le secteur pétrolier fait partie du secteur énergétique et celui-ci est trop important pour qu'une économie nationale le laisse dans les mains de quelques monopoles que ce soit. Le Marxiste-Léniniste félicite les travailleurs de la raffinerie qui refusent la décision de Shell et veulent participer à la discussion sur l'avenir de leur secteur au Québec. Par la lutte qu'ils mènent, ils révèlent sans équivoque que dans les plans d'édification nationale de la classe ouvrière, des monopoles comme Shell ne peuvent en faire partie.

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