Le Marxiste-Léniniste

Numéro 10 - 15 janvier 2010

Tremblement de terre en Haïti

Tout en oeuvre pour aider l'héroïque
peuple haïtien à se remettre des catastrophes
d'origine naturelle et humaine!

Tout en oeuvre pour aider l'héroïque peuple haïtien à se remettre des catastrophes d'origine naturelle et humaine!
Non à une solution militaire pour Haïti! Non aux sauveurs condescendants et à l'utilisation des troupes contre le peuple! Ouvrez les entrepôts!
Aide internationaliste immédiate de Cuba, du Venezuela et d'autres pays d'Amérique latine et des Caraïbes
Des organisations demandent à Obama d'accorder le Statut de protection temporaire aux réfugiés haïtiens
Notre rôle dans la catastrophe haïtienne - Peter Hallward
La leçon d'Haïti - Fidel Castro

Lettres à la rédaction
Une tragédie humaine qui révèle l'hypocrisie des États-Unis et du Canada
L'aide centrée sur le capital

Accueil | Archives | English

Tremblement de terre en Haïti

Tout en oeuvre pour aider l'héroïque
peuple haïtien à se remettre des catastrophes
d'origine naturelle et humaine!

Le Marxiste-Léniniste exprime ses sincères condoléances au peuple haïtien, en Haïti et dans la diaspora, face à la perte de vies humaines et à la destruction provoquées par le tremblement de terre du 12 janvier 2010. Partout au Canada et dans le monde les gens de tous les milieux n'ont pas hésité un instant à unir les sentiments et efforts individuels en une action collective pour concrètement venir en aide au peuple haïtien devant l'urgence du besoin.

Au Québec, où la communauté haïtienne vit et travaille comme partie de la nation québécoise depuis le milieu du XXe siècle, tout le monde est profondément attristé et préoccupé par ce grand malheur qui, en plus de faucher des vies, laisse plus de 3 millions de personnes sans abri. Rapidement, les gens se sont organisés pour voir comment aider, comment transmettre les informations pour avoir des nouvelles des membres des familles et des amis en Haïti. La principale préoccupation de tous et le premier sujet de discussion est l'avenir du peuple haïtien.

Un séisme de cette magnitude représente une immense force de destruction, déclenchant un mouvement géologique qui semble surpasser le rôle de l'être humain. Certains parlent donc d'une catastrophe naturelle imprévisible ou d'un « acte de Dieu », mais c'est loin d'être le cas. En 1804, le peuple haïtien a montré de quelle ardeur révolutionnaire il est fait lorsqu'il s'est affranchi et a fermement rejeté le colonialisme et l'esclavage pour donner naissance à la première nation dotée d'une constitution enchâssant les droits sur une base moderne, des droits qui appartiennent à leurs détenteurs du seul fait qu'ils sont humains. Depuis, dans le plus vil esprit revanchard, la France et ensuite les États-Unis et le Canada ont entrepris de mater le peuple haïtien pour avoir osé donner l'exemple aux peuples opprimés du monde, pour continuer d'exploiter sa terre et son travail. Pendant deux cents ans, les puissances étrangères ont refusé de laisser le peuple haïtien tracer son destin en tant que nation indépendante et d'humaniser son environnement naturel et social et ont plutôt cherché par tous les moyens à saper son effort par l'intervention politique, économique et militaire, jusqu'au coup d'État de 2004, dans lequel le Canada a joué un rôle méprisable. C'est cette intervention au fil des siècles qui a sapé le projet d'édification nationale du peuple haïtien, y compris son organisation sociale et ses infrastructures, nécessaires entre autres pour la défense civile en situation d'urgence, et qui a amené Haïti au bord du désastre bien avant le 12 janvier dernier.

Dans la situation actuelle, les Haïtiens ont besoin d'une aide immédiate et inconditionnelle pour secourir les survivants coincés dans les débris et enrayer les épidémies. Beaucoup de pays ont envoyé des équipes de secouristes et donné de l'aide sous d'autres formes. Parmi les premières équipes sur le terrain il y avait les Cubains (qui y étaient déjà avant le séisme), les Vénézuéliens et plusieurs autres pays d'Amérique latine ainsi que des pays lointains comme la Chine.

La France, les États-Unis et le Canada envoient également des équipes et s'engagent à envoyer de l'aide, mais puisque ce sont eux qui ont orchestré le coup d'État de 2004, on a raison de s'interroger sur leurs motifs et sur leurs considérations. C'est la sagesse qui conseille de ne pas attendre de remède des dieux de la peste. Quel type d'aide le Canada apportera-t-il, quand on sait que depuis le coup d'État de 2004, il finance des ONG engagés dans la suppression violente du peuple et de ses organisations politiques ? Pourquoi les États-Unis et les autres grandes puissances donnent-ils la priorité à l'aide militaire ? Une fois les soldats américains bien installés, assisterons-nous au même type de « reconstruction » qu'on voit en Afghanistan, une reconstruction qui n'est qu'un instrument de l'occupation militaire étrangère ? L'Afghanistan sera-t-il le modèle de la reconstruction en Haïti ? Les autorités américaines se décideront-elles à mettre fin à la déportation massive d'Haïtiens et à leur accorder un statut temporaire, comme on leur demande de faire depuis longtemps ?

Lors du tsunami dans l'océan Indien le Jour de Noël 2004, Le Marxiste-Léniniste faisait remarquer :

« Exploitant le sentiment humanitaire des peuples et leur conscience du besoin de solidarité humaine suite aux ravages du tsunami dans l'océan Indien, une sorte d'humanitarisme au-delà des frontières est cultivé qui va à l'encontre de l'atteinte de l'objectif que les peuples ont à l'esprit.

« Il était évident pour beaucoup que la charité privée internationale et l'aide gouvernementale après le tsunami sont vite devenues une vaste promotion du militarisme, une attaque contre la souveraineté nationale de l'Indonésie, du Sri Lanka et de la Thaïlande et une occasion pour les grandes puissances de pêcher en eaux troubles.

« Les libéraux de Paul Martin ont participé à la militarisation de l'aide par une publicité massive sur les dépenses de l'Équipe d'intervention en cas de catastrophe (DART), un groupe militaire relevant du ministère de la Défense, au Sri Lanka. Les États-Unis ont dépêché un porte-avion dans les eaux indonésiennes et déployé des milliers de soldats au sol. Le Japon, qui s'affaire à ressusciter son militarisme, a lui aussi envoyé des troupes dans la région sous prétexte d'aide aux victimes. Les reportages étaient faits de manière à attaquer la souveraineté nationale des pays opprimés, à fomenter des conflits internes, à embellir les pratiques d'empires coloniaux et à militariser les relations internationales.

« L'attaque contre la souveraineté ne se fait pas seulement par les armées puissantes, elle se fait aussi par la prolifération de prétendues organisations non gouvernementales (ONG) qui n'ont aucun égard pour la souveraineté nationale ou les "frontières". Ces "humanitaires", que ce soit consciemment ou anti-consciemment, ne se rendent pas à l'étranger dans le même esprit que les véritables internationalistes, comme le héros canadien, le docteur Norman Béthune, comme les milliers de recrus de la Brigade Mackenzie-Papineau ou comme les médecins et enseignants cubains. Les véritables humanitaires se rendent à l'étranger pour répondre à l'appel de gouvernements souverains et agissent par les voies officielles ou à l'appel des mouvements de résistance qui combattent l'agression impérialiste étrangère. Ils ne se servent pas de leur position pour aider à créer des conditions favorables à l'invasion coloniale. [...]

« Aujourd'hui les grandes puissances font de la "sécurité humaine" un cheval de bataille dans leur rivalité pour les sphères d'influence, les zones d'exportation de capitaux, l'accès aux marchés et sources de matières premières et de main-d'oeuvre bon marché. Ces gouvernements encouragent leurs citoyens à se rendre à l'étranger à titre "humanitaire" ou à envoyer de l'argent par l'entremise des oeuvres de charité internationales pour s'immiscer dans les affaires intérieures de pays souverains. Ils créent délibérément de la confusion sur les conflits intérieurs de ces pays pour créer l'impression parmi les populations des pays impérialistes que tel ou tel pays opprimé est un "État échoué", ce qui justifierait l'intervention coloniale, l'invasion et l'occupation. »

Le Marxiste-Léniniste demande que l'aide dont Haïti a besoin, et que les Canadiens veulent lui apporter, ait priorité pour le gouvernement du Canada. Si des individus désirent faire des dons charitables, cela devrait se faire par des voies approuvées par la diaspora haïtienne au Canada et par les organisations actives dans le mouvement d'opposition au rôle méprisable du Canada en Haïti. (Voir le site du Réseau de solidarité Canada-Haïti canadahaitiaction.ca). Les Canadiens doivent également s'opposer à la désinformation au sujet du coup d'État de 2004 et aux tentatives de faire oublier la participation directe du Canada au renversement du gouvernement élu de Jean-Bertrand Aristide et demeurer vigilants concernant l'intervention du Canada, de la France, des États-Unis et des autres grandes puissances dans le dénouement des événements en Haïti.

Haut de page


Non à une solution militaire pour Haïti!
Non aux sauveurs condescendants et à l'utilisation des troupes contre le peuple! Ouvrez les entrepôts!

Le Marxiste-Léniniste rejette catégoriquement la réponse des États-Unis à la crise en Haïti et les propos de la secrétaire d'État américaine qui insinue que cette crise est un acte divin. Lors d'une conférence de presse le 13 janvier, elle a dit que « devant la tragédie qui continue de frapper Haïti et le peuple haïtien, on se croirait dans la Bible. C'est trop tragique. Le pays a connu quatre ouragans l'an dernier. Nous avions un bon plan. Nous commencions à nous convaincre que le plan était réaliste. Les États-Unis en faisaient partie, l'ONU, le monde entier. Les donateurs étaient prêts. Des entreprises privées commençaient à investir. Pour la première fois depuis tellement longtemps il y avait de l'espoir pour l'avenir d'Haïti. La nature s'en est mêlée et a tout anéanti. »

Madame Clinton nie que les conséquences de ce tremblement de terre sont le résultat du pillage impérialiste qui a laissé le peuple haïtien dans le plus grand dénuement et sans protection. Le Marxiste-Léniniste dénonce l'accent qui est mis sur une « solution » militaire. Les premiers grands titres dans les médias américains parlaient d'« une réponse militaire de grande envergure ». Puis, ils se sont ravisés et ont dit que « les secours s'en viennent ». Après, les grands titres étaient que « le chaos empêche l'aide d'arriver », qu'on craint les « pillards » et qu'il faut « des forces de sécurité » pour arrêter le « pillage ». N'oublions pas que le gouvernement américain, suite à l'ouragan Katrina, avait déployé ses troupes et les mercenaires Blackwater contre les citoyens américains, qu'il traitait aussi de voleurs, et qu'il les avait autorisés à « tirer pour tuer » (« shoot to kill »).

Les agences de nouvelles rapportent que trois navires de guerre font route vers Haïti. Le Marxiste-Léniniste est outré d'apprendre qu'ils transportent 2 000 marines et non de l'équipement lourd pour faciliter les opérations de secours. Où est l'équipement lourd pour enlever les débris et décharger l'aide ? Où sont les hôpitaux mobiles ? Où sont les tentes pour fournir nourriture et refuge ? Pourquoi les hélicoptères et les navires de la Garde côtière transportent-ils des troupes plutôt que de l'aide ? Cuba avait déjà 300 médecins et ambulanciers sur place et il en envoie d'autres. Les États-Unis, le Canada et la France doivent garantir toutes les fournitures dont ces médecins ont besoin. Ils doivent fournir l'équipement lourd et la nourriture. Ouvrez les entrepôts et distribuez l'aide ! Non à une solution militaire ! Non à la propagande intéressée qui blâme le peuple pour son sort !

Nicolas Sarkozy, le président de la France, a fait écho aux propos de la secrétaire d'État américaine quand il a dit que le peuple haïtien est l'objet d'une « malédiction ». Il a appelé à une conférence internationale des donateurs pour travailler à la « reconstruction et au développement » d'Haïti. « Je vais proposer au président Obama, avec qui j'aurai l'occasion de m'entretenir dans les heures qui viennent, que les États-Unis, le Brésil, le Canada, et d'autres encore, prennent l'initiative de convoquer une grande conférence pour la reconstruction et le développement en Haïti », a-t-il dit jeudi. Les médias ont rapporté qu'un porte-parole de Stephen Harper a dit que le Canada serait prêt à participer à cette conférence.

Faisant état des problèmes à coordonner l'aide humanitaire, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a dit en avoir parlé à Hillary Clinton qui s'est montrée réceptive à l'idée que les États-Unis coordonnent les secours « parce qu'ils seront plus nombreux que les autres avec l'arrivée de leur porte-avion. Il est possible qu'ils puissent s'organiser sur le terrain mieux que les autres ».

Selon les agences de nouvelles, la réponse initiale de la France a été d'envoyer deux avions et deux navires de guerre équipés de personnel spécialisé dans les secours et de matériel humanitaire.

De con côté, le premier ministre Harper a fait une déclaration le 13 janvier dans laquelle il dit que le Canada coordonne sa réponse avec l'administration Obama. « J'ai discuté avec le président Obama, a-t-il dit. Nos gouvernements collaborent étroitement, en particulier au déploiement de l'aide. Nous coordonnerons de près nos efforts à mesure que nous avancerons. »

Niant le rôle du pillage impérialiste dans cette tragédie et le rôle que le Canada y a joué, il a ajouté : « Les pensées et les prières de la population canadienne vous accompagnent, non seulement parce que nous comprenons tous qu'il s'agit d'une catastrophe majeure dans un pays qui ne pouvait en subir une autre et qui était déjà aux prises avec de terribles problèmes, mais aussi parce que la population canadienne compte beaucoup de familles dont les membres vivent encore dans ce pays. Je suis conscient que nombre de personnes ne parviennent pas à trouver le sommeil tant elles sont inquiètes. Nous sommes de tout coeur avec elles. »

La réponse du Canada au tremblement de terre a deux volets. Le gouvernement canadien a annoncé qu'il enverra 5 millions $ en aide d'urgence et qu'il ajoutera une somme équivalente aux contributions des Canadiens faites à des organisations charitables en appui aux efforts de secours et de reconstruction jusqu'à concurrence de 50 millions $. L'Agence canadienne de développement international (ACDI) allouera ces fonds à des organisations canadiennes et internationales d'aide humanitaire et de développement.

La composante militaire de la réponse canadienne est appelée Opération Hestia. Elle comprend le déploiement de l'Équipe d'intervention en cas de catastrophe (EICC) des Forces canadiennes qui fournira entre autres choses du matériel médical de base, des abris temporaires et des installations de production d'eau potable sécuritaire. L'Opération Hestia déploiera la Force opérationnelle d'opérations humanitaires (FOOH) qui a pour mandat de livrer une large gamme de services en appui au gouvernement d'Haïti et de l'ambassade canadienne à Port-au-Prince. La FOOH comprend les ressources suivantes des Forces canadiennes : un groupe opérationnel naval de Halifax qui comprend le destroyer NCSM Athabaskan (avec un détachement d'hélicoptère CH-124 Sea King) et la frégate NCSM Halifax ; deux hélicoptères CH-146 Griffon ; l'élément de tête de la EICC, une équipe de secours et de fouille urbaine ainsi qu'un détachement de la Police militaire pour soutenir l'ambassade canadienne. La FOOH reçoit un soutien étendu de la 8e Escadre de Trenton, le foyer des escadrons de transport utilisant les aéronefs de transport tactique CC-130 Hercules et l'aéronef de transport stratégique CC-177 Globemaster III. La Presse canadienne rapporte que le gouvernement canadien a placé 800 soldats de la base de Valcartier sur un pied d'alerte en vue d'un déploiement en Haïti. « C'est le gouvernement canadien qui donnera le feu vert au déploiement mais selon des sources au ministère de la Défense, la décision pourrait être annoncée dès samedi », écrit l'agence, ajoutant que le contingent « serait composé d'unités de génie, d'un poste de commandement et d'éléments de soutien logistique - un déploiement qui laisse croire à une mission prolongée. » Le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a indiqué dans un communiqué de presse que le Canada enverra également d'autres officiers de police, en plus de ceux déjà sur place pour voir à la formation de la Police nationale haïtienne (cette police détestée par les Haïtiens qui a été rétablies dans ses fonctions après le coup d'État de 2004).

Le Marxiste-léniniste condamne la solution militaire et la condescendance de Clinton, Sarkozy et de Harper qui tentent de cacher le rôle que leurs pays ont joué dans le coup d'État de 2004 et dans cette crise que le tremblement de terre a amenée à son paroxysme. Le peuple canadien doit exiger que le gouvernement du Canada prenne ses responsabilités face à la crise en Haïti suite au tremblement de terre et fournisse une aide humanitaire immédiate et inconditionnelle.

Non à une solution militaire pour Haïti !
Non aux sauveurs condescendants et à l'utilisation des troupes contre le peuple !
Ouvrez les entrepôts !

Haut de page


Aide internationaliste immédiate de Cuba,
du Venezuela et d'autres pays d'Amérique latine
et des Caraïbes

Mercredi matin, le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez Parrilla, a donné une explication détaillée de la situation concernant les coopérants cubains en Haïti après le séisme de mardi.

À ce propos, il a précisé que « 403 collaborateurs cubains, dont 344 font partie du personnel médical et paramédical », sont aujourd'hui présents dans le pays dévasté. Il a annoncé qu'on a pu connaître la situation de ceux qui vivent dans la ville de Port-au-Prince. « Seulement deux sont légèrement blessés, les autres sont indemnes. »

« Nous sommes en train de vérifier la situation, a-t-il déclaré, et de compléter les informations sur les coopérants du reste du pays. Nous avons pu localiser la plupart d'entre eux et ils vont bien. »

Le ministre a ajouté que la brigade cubaine a pris en charge les victimes juste après le tremblement de terre. Il a indiqué que « deux hôpitaux de campagne ont été improvisés dans les centres d'hébergement de notre personnel médical ».

Il a déclaré qu'on travaillait déjà à augmenter l'aide d'urgence à la nation soeur caribéenne, en envoyant une « certaine quantité de médicaments, du matériel sanitaire et un contingent supplémentaire de médecins ».

« Notre ambassadeur et autres camarades qui travaillent à Port-au-Prince ont passé toute la nuit et la matinée à parcourir la ville et à contacter nos compatriotes là-bas, car les communications sont rompues », a déclaré Rodriguez Parrilla. De même, « l'équipe du ministère des Relations extérieures travaille intensément, en coordonnant la réponse de toutes nos institutions ».

Le ministre cubain a réaffirmé la disposition de Cuba à participer aux efforts conjoints de la CARICOM. Il a ainsi déclaré : « Nous sommes en contact avec les missions de la CARICOM et nous allons sûrement travailler ensemble là-bas pour aider le peuple haïtien. »

Selon les informations, les organisations de défense civile ont également été mobilisées pour évacuer les régions du Cuba qui risquaient d'être atteintes par des tsunamis, comme mesure de précaution.

Le Mexique envoie une équipe de médecins et de secouristes. Le président du Nicaragua, Daniel Ortega, a envoyé une équipe d'électriciens pour aider à réparer les lignes de haute tension, puisqu'une bonne partie des réseaux d'électricité et des systèmes de télécommunications ont été détruits.

Le premier avion du Venezuela, un Hercules C-130 de l'Armée nationale bolivarienne, avec une équipe de 50 secouristes à son bord, est arrivé en Haïti mercredi matin. Le président vénézuélien, Hugo Chavez, a ordonné le déploiement dès mardi d'une équipe constituée de médecins, d'ingénieurs, de secouristes et d'officiers de la protection civile, ainsi que de la nourriture, de l'eau, des produits médicaux et des équipements de secours. Il a dit que d'autres déploiements d'aide et d'équipements suivront.

Le Brésil a également annoncé son intention d'aider les régions touchées. Dans un communiqué mercredi, le ministre de la Défense, Nelson Jobin, a enjoint les soldats brésiliens stationnés en Haïti « à faire tous les efforts possibles » pour réduire les souffrances de la population. Mais il n'a pas précisé le caractère de cette aide, ce qui est important puisque le Brésil dirige la mission de l'ONU en Haïti (MINUSTAH) qui sert à la répression du peuple.

L'Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, l'Équateur, le Guatemala, le Paraguay, le Pérou, le Salvador et l'Uruguay sont parmi les pays d'Amérique latine qui contribuent des forces militaires et policières aux efforts de secours, selon Venezuelanalysis.com. La Chine s'est également distinguée par le déploiement rapide de ses équipes de secouristes.

Haut de page


Des organisations demandent à Obama d'accorder le Statut de protection temporaire aux réfugiés haïtiens

Aux États-Unis, des organisations de défense des droits des immigrants et des réfugiés aux États-Unis demandent au président Barack Obama de prendre des mesures concernant la situation des réfugiés haïtiens dans ce pays.

Dans une récente déclaration, le Réseau national pour les droits des immigrants et des réfugiés (NNIRR) souligne :

« Des milliers de Haïtiens vivant aux États-Unis, souvent depuis des années, font actuellement face à l'expulsion ou sont maintenus en détention parce que le gouvernement américain a refusé d'entendre l'appel de militants, des membres de la communauté et de leurs alliés à travers le pays qui exigent que le gouvernement des États-Unis accorde le Statut de protection temporaire (TPS) aux ressortissants haïtiens actuellement aux États-Unis.

« Le programme du TPS prévoit un statut temporaire pour les ressortissants étrangers résidant aux États-Unis et dont les conditions dans leur pays d'origine sont reconnues par le gouvernement américain comme étant temporairement dangereuses ou trop dangereuses pour un retour (par exemple, la guerre, les séismes, les inondations, la sécheresse ou d'autres conditions extraordinaires et temporaires). Même après les graves conséquences des quatre ouragans en 2008, le gouvernement a résisté aux appels d'accorder le TPS aux Haïtiens.

« Le NNIRR vous invite à vous joindre à nous pour demander au gouvernement Obama d'accorder immédiatement le Statut de protection temporaire (TPS) aux Haïtiens qui sont aux États-Unis.

« L'Agence de l'immigration et des douanes a annoncé récemment une suspension temporaire des expulsions vers Haïti à la lumière de ces événements tragiques. Toutefois, des milliers de Haïtiens resteront en détention à durée indéfinie, loin de leurs familles et sans aucun recours pour être libérer, et d'autres Haïtiens sans statut d'immigration légale continueront d'être l'objet d'arrestations et de détention. De nombreux immigrés en détention vivent dans des conditions inhumaines et d'abus généralisé qui ont conduit à plus de 100 morts, comme l'a récemment révélé le New York Times. Demandez au président Obama de libérer les ressortissants haïtiens détenus par les services de l'immigration, en particulier ceux qui ont une famille américaine et ne posent pas un risque pour la sécurité publique. »

Dans une déclaration récente, le Forum TransAfrica souligne : « Depuis janvier 2009, les juges de l'Immigration des États-Unis ont émis des ordres d'expulsion à plus de 30.000 Haïtiens sans papier ». En plus d'exiger que le Département de la Sécurité intérieure mette une fin immédiate aux arrestations de ces expulsés et leur donne le Statut de protection temporaire, Forum TransAfrica demande à ce département de « procéder à un réexamen complet de sa politique envers Haïti. Le Statut de protection temporaire (TPS) est accordé par les États-Unis (Le département de la sécurité publique) aux ressortissants des pays éligibles qui ne peuvent retourner en toute sécurité dans leur pays en raison de conflits armés, des catastrophes environnementales ou autres conditions extraordinaires et temporaires. Haïti s'inscrit clairement dans cette qualification. »

Haut de page


Notre rôle dans la catastrophe haïtienne

Un tremblement de terre de la magnitude de celui qui a ravagé Haïti aurait provoqué d'énormes dommages à n'importe quelle grande ville du monde, mais ce n'est pas un hasard si la majeure partie de Port-au-Prince ressemble désormais à une zone de guerre. La meilleure manière de comprendre les ravages du dernier désastre en date à frapper Haïti consiste à l'interpréter comme une nouvelle conséquence d'une série d'agissements résolument humains qui s'inscrit dans une longue et horrible séquence historique.

Ce pays a affronté plus que son lot de catastrophes. Des centaines de morts à Port-au-Prince durant le tremblement de terre de juin 1770, l'énorme tremblement de terre du 7 mai 1842 aurait tué à lui seul 10 000 personnes au nord de l'île, dans la ville de Cap-Haitien. Des ouragans frappent l'île à intervalles réguliers, les derniers en date en 2004 et 2008 ; les tempêtes de septembre 2008 ont inondé la ville de Gonaïves et détruit l'essentiel de sa frêle infrastructure, tuant plus de mille personnes et détruisant plusieurs milliers d'habitations. L'ampleur des destructions provoquées par ce tremblement de terre ne sera probablement pas mesurable avant plusieurs semaines. Des réparations, même minimales, prendront des années et l'impact à long terme de cette catastrophe est incalculable.

Il est néanmoins déjà très clair que cet impact sera le résultat d'une longue histoire d'appauvrissement et d'asservissement délibéré. Haïti est traditionnellement décrit comme « le pays le plus pauvre de l'hémisphère occidental ». Cette pauvreté constitue l'héritage direct du système colonial probablement le plus brutal de l'histoire, aggravé par des décennies d'oppression post-coloniale systématique.

La communauté internationale qui s'affaire à envoyer son « aide humanitaire » à Haïti est largement responsable de l'étendue des souffrances qu'elle cherche maintenant à réduire. Depuis l'invasion et l'occupation du pays par les USA en 1915, toute tentative politique visant à permettre au peuple haïtien de passer « de la misère absolue à une pauvreté digne » (pour reprendre les termes de l'ancien Président Jean-Bertrand Aristide) a été violemment et délibérément bloquée par le gouvernement étasunien et certains de ses alliés.

Le gouvernement Aristide lui-même (élus par près de 75 % des votants) fut la dernière victime de ce projet lorsqu'il fut destitué par un coup d'État soutenu internationalement, qui fit des milliers de victimes et laissa la population dans un état de ressentiment inextinguible. L'ONU a ensuite maintenu une énorme et coûteuse force de pacification et de stabilisation dans le pays.

Haïti est désormais un pays dans lequel, selon les meilleures études disponibles, environ 75 % de la population « vit avec moins de 2 $ par jour et 56 % - 4,5 millions de personnes – vit avec moins de 1 $ par jour ». Des décennies d'« ajustements » néolibéraux et d'interventions néo-impérialistes ont privé son gouvernement de toute capacité significative d'investir pour sa population ou de réguler son économie. Le caractère punitif du commerce international et des arrangements financiers impliquent que ce dénuement et cette impuissance vont rester des caractéristiques structurelles de la vie haïtienne dans l'avenir proche.

C'est la pauvreté et l'impuissance qui expliquent l'ampleur de l'horreur qui touche Port-au-Prince actuellement. Depuis la fin des années 1970, les assauts néolibéraux n'ont laissé aucun répit à l'économie agraire haïtienne et poussé des dizaines de milliers de petits paysans à grossir les rangs de bidonvilles surpeuplés. Bien qu'il n'existe pas de statistiques fiables, des centaines de milliers d'habitants de Port-au-Prince vivent désormais dans des habitations informelles désespérément insalubres, souvent perchées de manière précaire à proximité de ravins ravagés par la déforestation. La sélection des personnes vivant dans ces conditions n'est pas plus « naturelle » ou accidentelle que l'étendue des dommages qu'elles ont subis.

Comme l'affirme le directeur de l'Institut pour la Justice et la Démocratie d'Haïti, Brian Concannon : « Ces personnes se sont installées-là car eux, ou leurs parents, ont été intentionnellement chassés de la campagne par les politiques d'aide et de commerce conçues expressément dans le but de créer une grande force de travail captive et donc exploitable pour les villes ; par définition, ce sont des personnes qui n'ont pas les moyens de construire des habitations pouvant résister à un tremblement de terre. » De même, les infrastructures urbaines de base – eau courant, électricité, routes, etc. – sont restées scandaleusement inadéquates et souvent même inexistantes. La capacité du gouvernement à mobiliser un secours répondant quelque type de désastre que ce soit est proche de zéro.

Dans les faits, la communauté internationale gouverne Haïti depuis le coup d'État de 2004. Les mêmes États qui tentent d'envoyer une aide d'urgence en Haïti ont, durant les cinq dernières années, constamment voté contre toute extension du mandat de l'ONU au-delà des objectifs militaires immédiats. Les propositions pour réorienter certains de ces « investissements » vers la réduction de la pauvreté ou le développement agraire ont été bloquées afin de respecter les modalités qui continuent à façonner la distribution de l'« aide » internationale.

La même tempête qui a fait tant de victimes en 2008 a touché Cuba aussi durement mais n'a tué que quatre personnes. Cuba a échappée aux pires effets de la « réforme » néolibérale et son gouvernement a conservé sa capacité à protéger son peuple du désastre. Si nous voulons sérieusement aider Haïti à traverser cette crise, alors nous devons prendre en compte cette comparaison. En plus des secours d'urgence, nous devons nous interroger sur ce que nous devons faire pour rendre au peuple et aux institutions d'Haïti leur capacité d'auto-détermination. Si nous prenons au sérieux l'aide que nous voulons apporter, nous devons cesser de vouloir contrôler le gouvernement haïtien, de vouloir pacifier ses citoyens et de vouloir exploiter son économie. Ensuite, nous devons commencer à payer, au moins en partie, les dommages que nous avons causés.

* Paru dans The Guardian et traduit de l'anglais par Raphaël Ramuz

Haut de page


La leçon d'Haïti

Voilà deux jours, à partir de six heures de l'après-midi à Cuba, mais déjà de nuit en Haïti du fait de sa situation géographique, les chaînes de télévision ont commencé à informer qu'un violent séisme de magnitude 7,3 sur l'échelle de Richter avait sévèrement frappé Port-au-Prince, l'épicentre ayant été repéré dans une faille tectonique située en mer à seulement 15 km de la capitale haïtienne, où 80 % de la population vit dans des maisons de pisé et de torchis.

Les nouvelles ont continué d'arriver presque sans interruption pendant des heures. Les images manquaient, mais on apprenait que de nombreux bâtiments publics, des hôpitaux, des écoles et des installations plus solides s'étaient effondrés. J'ai lu qu'un séisme de force 7,3 équivalait à l'énergie libérée par une explosion de 400 000 tonnes de TNT.

Les descriptions étaient tragiques. Les blessés en pleine rue réclamaient en criant des secours médicaux, au milieu des ruines sous lesquelles des familles étaient ensevelies. Personne n'a pu toutefois, après bien des heures, transmettre la moindre image.

La nouvelle a surpris tout le monde. Nous avions déjà eu connaissance d'informations sur des cyclones et de grandes inondations en Haïti, mais nous ignorions que notre voisin courait des risques de forts tremblements de terre. C'est alors qu'on a appris que le dernier grand séisme survenu dans cette ville remontait à 200 ans en arrière, quand elle ne comptait sans doute que quelques milliers d'habitants.

A minuit, l'estimation du nombre de victimes était encore approximative. De hauts fonctionnaires des Nations unies et plusieurs chefs de gouvernement parlaient de ces événements bouleversants et annonçaient l'envoi de secouristes. Comme des troupes des Nations unies de plusieurs pays étaient déployées en Haïti dans le cadre de la MINUSTAH, des ministres de la Défense évoquaient des pertes éventuelles parmi leur personnel.

C'est réellement hier matin, mercredi, que des nouvelles attristantes ont commencé à arriver au sujet d'énormes pertes humaines dans la population, et des organisations comme les Nations unies signalaient que certains de leurs bâtiments s'étaient effondrés, une expression qui ne dit rien en soi ou qui peut au contraire signifier beaucoup.

Des nouvelles toujours plus bouleversantes au sujet de la situation dans ce pays frère ont continué d'arriver pendant des heures. Les estimations du nombre de morts variaient, selon les sources, de 30 000 à 100 000. Les images sont désolantes. Cette catastrophe a reçu une large divulgation mondiale, et de nombreux gouvernements sincèrement émus s'efforcent de coopérer dans la mesure de leurs moyens.

Toute tragédie bouleverse de bonne foi un grand nombre de personnes, surtout quand il s'agit de désastre naturel. Mais rares sont sans doute celles qui se demandent : pourquoi Haïti est-il un pays si pauvre ? Pourquoi sa population dépend-elle à presque 50 % des envois de fonds familiaux en provenance de l'étranger ? Comment ne pas procéder à une analyse des réalités qui ont conduit à la situation actuelle en Haïti et à ses énormes souffrances ?

Le plus curieux de cette histoire, c'est que personne ne rappelle à aucun moment qu'Haïti a été le premier pays où 400 000 Africains victimes de la traite et de l'esclavage des Européens se soulevèrent contre 30 000 Blancs, maîtres de plantations de canne à sucre et de café, déclenchant la première plus grande révolution sociale sur notre continent. Ils écrivirent des pages d'une gloire insurpassable. Ils mirent en déroute le plus éminent général de Napoléon.

Haïti est le pur produit du colonialisme et de l'impérialisme, de plus d'un siècle d'utilisation de ses ressources humaines aux travaux les plus durs, des interventions militaires et de la ponction de ses richesses.

Cet oubli historique ne serait pas aussi grave que le fait réel qu'Haïti constitue une honte de notre époque, dans un monde où l'immense majorité des habitants de la planète continue d'être exploitée et mise à sac.

Des milliards de personnes en Amérique latine, en Afrique et en Asie souffrent de carences semblables, quoique toutes ne les subissent peut-être pas dans des proportions aussi élevées qu'en Haïti.

Des situations comme celles de ce pays ne devraient exister nulle part sur la Terre, et pourtant des dizaines de milliers de villes et de villages y connaissent des conditions semblables, voire pires, à cause de l'ordre économique et politique international injuste qu'on a imposé au monde. La population mondiale n'est pas seulement menacée par des désastres naturels comme celui d'Haïti, qui est un pâle reflet de ce que le changement climatique peut provoquer, bien que ces risques aient été vraiment tournés en dérision à Copenhague.

Il est juste de dire à tous les pays et à toutes les institutions qui ont perdu des citoyens ou du personnel dans le désastre naturel d'Haïti : nous ne doutons pas que vous ferez les plus grands efforts pour sauver des vies et soulager la douleur de ce malheureux peuple ; nous ne pouvons vous rendre coupables du phénomène naturel qui vient d'y avoir lieu, bien que nous soyons en désaccord avec la politique qu'on a suivie vis-à-vis d'Haïti.

Je ne peux m'empêcher de le dire : il est grand temps de chercher des solutions réelles et véritables pour ce peuple frère !

Dans le domaine de la santé et d'autres, Cuba, bien que pays pauvre en butte à un blocus, coopère depuis des années avec le peuple haïtien. Environ 400 médecins et spécialistes de la santé lui prêtent des services gratuits. Nos médecins travaillent tous les jours dans 227 des 337 communes du pays. Par ailleurs, au moins 400 jeunes Haïtiens se sont formés comme médecins dans notre pays. Ils travailleront maintenant auprès des renforts que nous avons dépêchés hier pour sauver des vies dans cette situation critique. On peut donc mobiliser sans efforts spéciaux jusqu'à un millier de médecins et de spécialistes de la santé qui sont presque tous déjà sur place et prêts à coopérer avec n'importe quel État qui souhaiterait sauver des vies haïtiennes et soigner des blessés.

De nombreux autres jeunes Haïtiens font actuellement des études de médecine à Cuba.

Nous coopérons aussi avec le peuple haïtien dans d'autres domaines à notre portée. Aucune autre forme de coopération ne sera toutefois plus digne de porter ce nom que celle de la bataille dans le monde des idées et dans l'action politique pour qu'on mette fin à la tragédie sans borne dont souffrent de nombreuses nations comme Haïti.

La responsable de notre brigade médicale a informé : « La situation est difficile, mais nous avons déjà commencé à sauver des vies. » Tel était le message laconique qu'elle a pu envoyer quelques heures après son arrivée, hier, à Port-au-Prince, à la tête de renforts médicaux.

Elle a fait savoir, tard dans la nuit, que les médecins cubains et les Haïtiens diplômés de l'École latino-américaine de médecine (ELAM) de La Havane étaient en train de se déployer dans le pays. Ils avaient déjà soigné à Port-au-Prince plus de mille blessés, après avoir refait fonctionner d'urgence un hôpital qui ne s'était pas effondré et en recourant, en cas de besoin, à des tentes. Ils se préparaient à installer sans retard d'autres centres de soins d'urgence.

Nous sommes fiers à juste titre de la coopération que les médecins cubains et les jeunes médecins haïtiens formés à Cuba prêtent à leurs frères d'Haïti en ces moments tragiques !

Fidel Castro Ruz
Le 14 janvier 2010
20 h 25

Haut de page


Lettres à la rédaction
Une tragédie humaine qui révèle l'hypocrisie
des États-Unis et du Canada

C'est en prenant l'autobus mardi matin que le chauffeur m'a appris la catastrophe qui frappe Port-au-Prince et Haïti. Un tremblement de terre, comment est-ce possible ? Pourquoi cette île des Antilles est-elle frappée de plein fouet par cette catastrophe naturelle, elle déjà si dévastée, pillée, victime de tous les complots politiques, coups électoraux, coups d'État, dictature de Duvalier, victime des tontons macoutes. Haïti, celle qu'on appelle la Perle des Antilles, un peuple riche de son histoire de lutte pour son indépendance, sa liberté et la justice. Des milliers de morts, de blessés, la destruction, des images de Port-au-Prince détruite et dévastée. Une autre tragédie qui fait mal à l'humanité. Face à la désolation, aux pertes de vie par milliers, ce peuple plein de dignité et du génie humain se relève les manches comme toujours face au désastre qui le frappe encore et encore, il sauve les vies, soignent de son mieux les blessés et tente le tout pour le tout.

Au peuple haïtien, aux familles d'ici et d'Haïti, je vous fais part de tout mon respect et de ma sympathie, vous êtes un peuple animé du plus grand courage.

Une autre nouvelle du monde me secoue. Le même jour, Obama s'apprête à demander au Congrès 33 milliard de plus, s'ajoutant aux 708 milliards déjà consacrés au budget de la défense pour poursuivre la guerre en Afghanistan et en Iraq. Le massacre se poursuit en 2010 et la catastrophe se planifie contre le peuple afghan et irakien

Le peuple haïtien a besoin d'aide, c'est criant de souffrance. Les images de Port-au-Prince et d'Haïti laissent un goût amer, un coeur révolté. Cela révèle une réalité où la pauvreté, le crime économique et politique contre Haïti et l'injustice ne peuvent être expliqués que par un terrible séisme. Combien d'Haïtiens cherchant refuge et fuyant la misère continueront d'être repoussés des plages de Miami ou trouveront tout simplement la mort en mer. L'ombre de l'aigle américain n'est pas loin, il plane toujours sur l'île et ses griffes y sont bien acérées. Les États-Unis, le Canada et la France ont les mains tachées du sang haïtien.

L'aigle américain devant le monde déploie sa puissance et prend la pose du sauveur d'Haïti. Le Canada veut faire oublier sa participation au coup d'État de 2004 en Haïti et son occupation depuis lors.

L'autorité morale américaine dans le monde n'a d'égal que l'hypocrisie. L'horreur secoue le monde.

En ce jeudi le 14 janvier 2010, il y a un espoir qui anime mon coeur, c'est : réparations, justice et liberté pour le peuple d'Haïti, espoir de sa République libre et indépendante. Le peuple haïtien va gagner.

Une ouvrière de Montréal

Haut de page


L'aide centrée sur le capital

En date de mardi (le 14 janvier), le gouvernement Harper semblait en plein mode secours et catastrophe concernant Haïti, surtout avec son impressionnante offre de contribuer un montant équivalent de ce que contribueront les entreprises et les individus, à concurrence de 50 millions $, aux oeuvres de charité enregistrées et en position d'acheminer l'argent en Haïti.

Voilà un exemple qui illustre la différence entre la conception du monde centrée sur le capital et la conception du monde centrée sur le facteur humain/conscience sociale.

En ce moment, moins de 48 heures après le séisme, la priorité est de secourir les gens enterrés sous les décombres, qui risquent de trop faiblir et de mourir, et d'apporter toute l'aide médicale nécessaire pour soigner les personnes secourues.

L'aide qui arrivera dans une semaine ou dix jours par un navire canadien, ou les dons monétaires à la Croix rouge, ne sont d'aucun secours pour les personnes dont la vie est en danger maintenant. Et après une semaine et dix jours, cela dépendra de l'état des infrastructures en place pour aider. Ce que ne fait pas le type d'aide que le Canada propose en ce moment, c'est de contribuer à l'établissement des structures ou à la provision des soins de secours pour ceux dont la vie peut encore être sauvée. Et c'est tout à fait typique de l'aide vue du point de vue centré sur le capital. Ce qu'il faut tout de suite, ce sont des hommes et des femmes, de préférence avec une formation médicale et des équipements, pour donner les premiers soins, faire les diagnostics et même le triage.

Un chercheur de Halifax

Haut de page


Lisez Le Marxiste-Léniniste
Site web:  www.pccml.ca   Courriel: redaction@cpcml.ca