Dans la situation actuelle, les Haïtiens ont
besoin
d'une aide immédiate et inconditionnelle pour secourir les
survivants coincés dans les débris et enrayer les
épidémies. Beaucoup de pays ont envoyé des
équipes de secouristes et donné de l'aide sous
d'autres
formes. Parmi les premières équipes sur le terrain
il y
avait les Cubains (qui y étaient
déjà avant le séisme), les
Vénézuéliens et plusieurs autres pays
d'Amérique latine ainsi que des pays lointains comme la
Chine.
La France, les États-Unis et le Canada
envoient
également des équipes et s'engagent à
envoyer de
l'aide, mais puisque ce sont eux qui ont orchestré le coup
d'État de 2004, on a raison de s'interroger sur leurs
motifs et
sur leurs considérations. C'est la sagesse qui conseille
de ne
pas attendre de remède des dieux de la peste. Quel type
d'aide
le
Canada apportera-t-il, quand on sait que depuis le coup
d'État
de 2004, il finance des ONG engagés dans la suppression
violente
du peuple et de ses organisations politiques ? Pourquoi les
États-Unis et les autres grandes puissances donnent-ils la
priorité à l'aide militaire ? Une fois les
soldats
américains bien installés, assisterons-nous
au même type de « reconstruction »
qu'on
voit en Afghanistan, une reconstruction qui n'est qu'un
instrument de
l'occupation militaire étrangère ?
L'Afghanistan
sera-t-il le modèle de la reconstruction en
Haïti ?
Les autorités américaines se
décideront-elles
à mettre fin à la déportation massive
d'Haïtiens et à leur accorder
un statut temporaire, comme on leur demande de faire depuis
longtemps ?
Lors du tsunami dans l'océan Indien le Jour
de
Noël 2004, Le Marxiste-Léniniste faisait
remarquer :
« Exploitant le sentiment humanitaire
des
peuples et leur conscience du besoin de solidarité humaine
suite
aux ravages du tsunami dans l'océan Indien, une sorte
d'humanitarisme au-delà des frontières est
cultivé
qui va à l'encontre de l'atteinte de l'objectif que les
peuples
ont à l'esprit.
« Il était évident pour
beaucoup que la charité privée internationale et
l'aide
gouvernementale après le tsunami sont vite devenues une
vaste
promotion du militarisme, une attaque contre la
souveraineté
nationale de l'Indonésie, du Sri Lanka et de la
Thaïlande
et une occasion pour les grandes puissances de pêcher en
eaux
troubles.
« Les libéraux de Paul Martin
ont
participé à la militarisation de l'aide par une
publicité massive sur les dépenses de
l'Équipe
d'intervention en cas de catastrophe (DART), un groupe militaire
relevant du ministère de la Défense, au Sri Lanka.
Les
États-Unis ont dépêché un porte-avion
dans
les eaux indonésiennes et déployé des
milliers
de soldats au sol. Le Japon, qui s'affaire à ressusciter
son
militarisme, a lui aussi envoyé des troupes dans la
région sous prétexte d'aide aux victimes. Les
reportages
étaient faits de manière à attaquer la
souveraineté nationale des pays opprimés, à
fomenter des conflits internes, à embellir les pratiques
d'empires coloniaux et à militariser les
relations internationales.
« L'attaque contre la
souveraineté ne
se fait pas seulement par les armées puissantes, elle se
fait
aussi par la prolifération de prétendues
organisations
non gouvernementales (ONG) qui n'ont aucun égard pour la
souveraineté nationale ou les "frontières". Ces
"humanitaires", que ce soit consciemment ou anti-consciemment, ne
se
rendent
pas à l'étranger dans le même esprit que les
véritables internationalistes, comme le héros
canadien,
le docteur Norman Béthune, comme les milliers de recrus de
la
Brigade Mackenzie-Papineau ou comme les médecins et
enseignants
cubains. Les véritables humanitaires se rendent à
l'étranger pour répondre à l'appel de
gouvernements souverains et
agissent par les voies officielles ou à l'appel des
mouvements
de résistance qui combattent l'agression
impérialiste
étrangère. Ils ne se servent pas de leur position
pour
aider à créer des conditions favorables à
l'invasion coloniale. [...]
« Aujourd'hui les grandes puissances
font de
la "sécurité humaine" un cheval de bataille dans
leur
rivalité pour les sphères d'influence, les zones
d'exportation de capitaux, l'accès aux marchés et
sources
de matières premières et de main-d'oeuvre bon
marché. Ces gouvernements encouragent leurs citoyens
à se
rendre à l'étranger à titre
"humanitaire" ou à envoyer de l'argent par l'entremise des
oeuvres de charité internationales pour s'immiscer dans
les
affaires intérieures de pays souverains. Ils créent
délibérément de la confusion sur les
conflits
intérieurs de ces pays pour créer l'impression
parmi les
populations des pays impérialistes que tel ou tel pays
opprimé est un "État
échoué", ce qui justifierait l'intervention
coloniale,
l'invasion et l'occupation. »
Le Marxiste-Léniniste demande que
l'aide
dont Haïti a besoin, et que les Canadiens veulent lui
apporter,
ait priorité pour le gouvernement du Canada. Si des
individus
désirent faire des dons charitables, cela devrait se faire
par
des
voies approuvées par la diaspora haïtienne au Canada
et par
les organisations actives dans le mouvement
d'opposition au rôle méprisable du Canada en
Haïti.
(Voir le site du Réseau de solidarité
Canada-Haïti canadahaitiaction.ca).
Les
Canadiens
doivent
également s'opposer à la
désinformation au sujet du coup d'État de 2004 et
aux
tentatives de faire oublier la participation directe du Canada au
renversement du gouvernement élu de Jean-Bertrand Aristide
et
demeurer vigilants concernant l'intervention du Canada, de la
France,
des États-Unis et des autres grandes puissances dans le
dénouement des événements en
Haïti.

Non à une solution militaire pour
Haïti!
Non aux sauveurs condescendants et à l'utilisation des
troupes
contre le peuple! Ouvrez les entrepôts!
Le Marxiste-Léniniste rejette
catégoriquement la réponse des États-Unis
à
la crise en Haïti et les propos de la secrétaire
d'État américaine qui insinue que cette crise est
un acte
divin. Lors d'une conférence de presse le 13 janvier, elle
a dit
que « devant la tragédie qui continue de
frapper
Haïti et le peuple haïtien, on se croirait
dans la Bible. C'est trop tragique. Le pays a connu quatre
ouragans
l'an dernier. Nous avions un bon plan. Nous commencions à
nous
convaincre que le plan était réaliste. Les
États-Unis en faisaient partie, l'ONU, le monde entier.
Les
donateurs étaient prêts. Des entreprises
privées
commençaient à investir. Pour la première
fois
depuis tellement
longtemps il y avait de l'espoir pour l'avenir d'Haïti. La
nature
s'en est mêlée et a tout
anéanti. »
Madame Clinton nie que les conséquences de
ce
tremblement de terre sont le résultat du pillage
impérialiste qui a laissé le peuple haïtien
dans le
plus grand dénuement et sans protection. Le
Marxiste-Léniniste dénonce l'accent qui est
mis sur
une « solution » militaire. Les premiers
grands
titres dans les médias
américains parlaient d'« une réponse
militaire
de grande envergure ». Puis, ils se sont
ravisés et
ont dit que « les secours s'en viennent ».
Après, les grands titres étaient que
« le
chaos empêche l'aide d'arriver », qu'on craint
les
« pillards » et qu'il faut « des
forces de sécurité » pour
arrêter le « pillage ». N'oublions
pas que
le gouvernement américain, suite à l'ouragan
Katrina,
avait déployé ses troupes et les mercenaires
Blackwater
contre les citoyens américains, qu'il traitait aussi de
voleurs,
et qu'il les avait autorisés à « tirer
pour
tuer » (« shoot to kill »).
Les agences de nouvelles rapportent que trois
navires de
guerre font route vers Haïti. Le
Marxiste-Léniniste est
outré
d'apprendre
qu'ils
transportent 2 000 marines et non de
l'équipement lourd pour faciliter les opérations de
secours. Où est l'équipement lourd pour enlever les
débris et décharger l'aide ? Où sont
les
hôpitaux
mobiles ? Où sont les tentes pour fournir nourriture
et
refuge ? Pourquoi les hélicoptères et les
navires de
la Garde côtière transportent-ils des troupes
plutôt
que de l'aide ? Cuba avait déjà 300
médecins
et ambulanciers sur place et il en envoie d'autres. Les
États-Unis, le Canada et la France doivent garantir toutes
les
fournitures
dont ces médecins ont besoin. Ils doivent fournir
l'équipement lourd et la nourriture. Ouvrez les
entrepôts
et distribuez l'aide ! Non à une solution
militaire !
Non à la propagande intéressée qui
blâme le
peuple pour son sort !
Nicolas Sarkozy, le président de la France,
a
fait écho aux propos de la secrétaire d'État
américaine quand il a dit que le peuple haïtien est
l'objet
d'une « malédiction ». Il a
appelé
à une conférence internationale des donateurs pour
travailler à la « reconstruction et au
développement » d'Haïti. « Je
vais
proposer
au président Obama, avec qui j'aurai l'occasion de
m'entretenir
dans les heures qui viennent, que les États-Unis, le
Brésil, le Canada, et d'autres encore, prennent
l'initiative de
convoquer une grande conférence pour la reconstruction et
le
développement en Haïti », a-t-il dit
jeudi. Les
médias ont rapporté qu'un porte-parole de Stephen
Harper
a dit que le Canada serait prêt à participer
à
cette conférence.
Faisant état des problèmes à
coordonner l'aide humanitaire, le ministre des Affaires
étrangères, Bernard Kouchner, a dit en avoir
parlé
à Hillary Clinton qui s'est montrée
réceptive
à l'idée que les États-Unis coordonnent les
secours « parce qu'ils seront plus nombreux que les
autres
avec l'arrivée de leur porte-avion. Il est possible qu'ils
puissent s'organiser sur le terrain mieux que les
autres ».
Selon les agences de nouvelles, la réponse
initiale de la France a été d'envoyer deux avions
et deux
navires de guerre équipés de personnel
spécialisé dans les secours et de matériel
humanitaire.
De con côté, le premier ministre
Harper a
fait une déclaration le 13 janvier dans laquelle il dit
que le
Canada coordonne sa réponse avec l'administration Obama.
« J'ai discuté avec le président Obama,
a-t-il
dit. Nos gouvernements collaborent étroitement, en
particulier
au déploiement de l'aide. Nous coordonnerons de
près nos
efforts à
mesure que nous avancerons. »
Niant le rôle du pillage impérialiste
dans
cette tragédie et le rôle que le Canada y a
joué,
il a ajouté : « Les pensées et les
prières de la population canadienne vous accompagnent, non
seulement parce que nous comprenons tous qu'il s'agit d'une
catastrophe
majeure dans un pays qui ne pouvait en subir une autre et qui
était déjà aux
prises avec de terribles problèmes, mais aussi parce que
la
population canadienne compte beaucoup de familles dont les
membres
vivent encore dans ce pays. Je suis conscient que nombre de
personnes
ne parviennent pas à trouver le sommeil tant elles sont
inquiètes. Nous sommes de tout coeur avec
elles. »
La réponse du Canada au tremblement de
terre a
deux volets. Le gouvernement canadien a annoncé qu'il
enverra 5
millions $ en aide d'urgence et qu'il ajoutera une somme
équivalente aux contributions des Canadiens faites
à des
organisations charitables en appui aux efforts de secours et de
reconstruction jusqu'à concurrence de 50
millions $. L'Agence canadienne de développement
international (ACDI) allouera ces fonds à des
organisations
canadiennes et internationales d'aide humanitaire et de
développement.
La composante militaire de la réponse
canadienne
est appelée Opération Hestia. Elle comprend le
déploiement de l'Équipe d'intervention en cas de
catastrophe (EICC) des Forces canadiennes qui fournira entre
autres
choses du matériel médical de base, des abris
temporaires
et des installations de production d'eau potable
sécuritaire.
L'Opération
Hestia déploiera la Force opérationnelle
d'opérations humanitaires (FOOH) qui a pour mandat de
livrer une
large gamme de services en appui au gouvernement d'Haïti et
de
l'ambassade canadienne à Port-au-Prince. La FOOH comprend
les
ressources suivantes des Forces canadiennes : un groupe
opérationnel naval de Halifax qui comprend
le destroyer NCSM Athabaskan (avec un détachement
d'hélicoptère CH-124 Sea King) et la frégate
NCSM
Halifax ; deux hélicoptères CH-146
Griffon ; l'élément de tête de la EICC,
une
équipe de secours et de fouille urbaine ainsi qu'un
détachement de la Police militaire pour soutenir
l'ambassade
canadienne.
La FOOH reçoit un soutien étendu de la 8e Escadre
de
Trenton, le foyer des escadrons de transport utilisant les
aéronefs de transport tactique CC-130 Hercules et
l'aéronef de transport stratégique CC-177
Globemaster
III. La Presse canadienne rapporte que le gouvernement canadien a
placé 800 soldats de la base de Valcartier sur un pied
d'alerte
en vue d'un déploiement en Haïti. « C'est
le
gouvernement canadien qui donnera le feu vert au
déploiement
mais selon des sources au ministère de la Défense,
la
décision pourrait être annoncée dès
samedi », écrit l'agence, ajoutant que le
contingent
« serait composé d'unités de
génie,
d'un poste de commandement et d'éléments
de soutien logistique - un déploiement qui laisse croire
à une mission prolongée. » Le ministre
des
Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a
indiqué
dans
un communiqué de presse que le Canada enverra
également
d'autres officiers de police, en plus de ceux déjà
sur
place pour voir à la formation de la Police nationale
haïtienne (cette police
détestée par les Haïtiens qui a
été
rétablies dans ses fonctions après le coup
d'État
de 2004).
Le Marxiste-léniniste condamne la
solution militaire et la condescendance de Clinton, Sarkozy et de
Harper qui tentent de cacher le rôle que leurs pays ont
joué dans le coup d'État de 2004 et dans cette
crise que
le tremblement de terre a amenée à son paroxysme.
Le
peuple canadien doit exiger que le gouvernement du Canada
prenne ses responsabilités face à la crise en
Haïti
suite au tremblement de terre et fournisse une aide humanitaire
immédiate et inconditionnelle.
Non à une solution
militaire pour
Haïti !
Non aux sauveurs condescendants et à
l'utilisation des troupes contre le peuple !
Ouvrez les
entrepôts !

Aide internationaliste immédiate de Cuba,
du
Venezuela et d'autres pays d'Amérique latine
et des Caraïbes
Mercredi matin, le ministre cubain des Affaires
étrangères, Bruno Rodriguez Parrilla, a
donné une
explication détaillée de la situation concernant
les
coopérants cubains en Haïti après le
séisme
de mardi.
À ce propos, il a précisé que
« 403 collaborateurs cubains, dont 344 font partie du
personnel médical et paramédical », sont
aujourd'hui présents dans le pays dévasté.
Il a
annoncé qu'on a pu connaître la situation de ceux
qui
vivent dans la ville de Port-au-Prince. « Seulement
deux
sont légèrement blessés, les autres sont
indemnes. »
« Nous sommes en train de
vérifier la
situation, a-t-il déclaré, et de compléter
les
informations sur les coopérants du reste du pays. Nous
avons pu
localiser la plupart d'entre eux et ils vont
bien. »
Le ministre a ajouté que la brigade cubaine
a
pris en charge les victimes juste après le tremblement de
terre.
Il a indiqué que « deux hôpitaux de
campagne
ont été improvisés dans les centres
d'hébergement de notre personnel
médical ».
Il a déclaré qu'on travaillait
déjà à augmenter l'aide d'urgence à
la
nation soeur caribéenne, en envoyant une
« certaine
quantité de médicaments, du matériel
sanitaire et
un contingent supplémentaire de
médecins ».
« Notre ambassadeur et autres camarades
qui
travaillent à Port-au-Prince ont passé toute la
nuit et
la matinée à parcourir la ville et à
contacter nos
compatriotes là-bas, car les communications sont
rompues », a déclaré Rodriguez Parrilla.
De
même, « l'équipe du ministère des
Relations extérieures travaille intensément, en
coordonnant la réponse de toutes nos
institutions ».
Le ministre cubain a réaffirmé la
disposition de Cuba à participer aux efforts conjoints de
la
CARICOM. Il a ainsi déclaré :
« Nous
sommes en contact avec les missions de la CARICOM et nous allons
sûrement travailler ensemble là-bas pour aider le
peuple
haïtien. »
Selon les informations, les organisations de
défense civile ont également été
mobilisées pour évacuer les régions du Cuba
qui
risquaient d'être atteintes par des tsunamis, comme mesure
de
précaution.
Le Mexique envoie une équipe de
médecins
et de secouristes. Le président du Nicaragua, Daniel
Ortega, a
envoyé une équipe d'électriciens pour aider
à réparer les lignes de haute tension, puisqu'une
bonne
partie des réseaux d'électricité et des
systèmes de télécommunications ont
été détruits.
Le premier avion du Venezuela, un Hercules C-130
de
l'Armée nationale bolivarienne, avec une équipe de
50
secouristes à son bord, est arrivé en Haïti
mercredi
matin. Le président vénézuélien, Hugo
Chavez,
a ordonné le déploiement dès mardi d'une
équipe constituée de médecins,
d'ingénieurs, de secouristes et d'officiers de la
protection
civile, ainsi que de la nourriture, de l'eau, des produits
médicaux et des équipements de secours. Il a dit
que
d'autres déploiements d'aide et d'équipements
suivront.
Le Brésil a également annoncé
son
intention d'aider les régions touchées. Dans un communiqué
mercredi,
le ministre de la
Défense, Nelson Jobin, a
enjoint les soldats brésiliens stationnés en
Haïti
« à faire tous les efforts
possibles »
pour réduire les souffrances de la population. Mais il n'a
pas
précisé le caractère de cette aide, ce
qui est important puisque le Brésil dirige la mission de
l'ONU
en Haïti (MINUSTAH) qui sert à la répression
du
peuple.
L'Argentine, la Bolivie, le Brésil, le
Chili, la
Colombie, l'Équateur, le Guatemala, le Paraguay, le
Pérou, le Salvador et l'Uruguay sont parmi les pays
d'Amérique latine qui contribuent des forces militaires et
policières aux efforts de secours, selon
Venezuelanalysis.com.
La Chine s'est également distinguée par le
déploiement rapide de ses
équipes de secouristes.

Des organisations demandent à Obama
d'accorder
le Statut de protection temporaire aux réfugiés
haïtiens
Aux États-Unis, des organisations de
défense des droits des immigrants et des
réfugiés
aux États-Unis demandent au président Barack Obama
de
prendre des mesures concernant la situation des
réfugiés
haïtiens dans ce pays.
Dans une récente déclaration, le
Réseau national pour les droits des immigrants et des
réfugiés (NNIRR) souligne :
« Des milliers de Haïtiens vivant
aux
États-Unis, souvent depuis des années, font
actuellement
face à l'expulsion ou sont maintenus en détention
parce
que le gouvernement américain a refusé d'entendre
l'appel
de militants, des membres de la communauté et de leurs
alliés à travers le pays qui exigent que le
gouvernement des États-Unis accorde le Statut de
protection
temporaire (TPS) aux
ressortissants haïtiens actuellement aux
États-Unis.
« Le programme du TPS prévoit un
statut temporaire pour les ressortissants étrangers
résidant aux États-Unis et dont les conditions dans
leur
pays d'origine sont reconnues par le gouvernement
américain
comme étant temporairement dangereuses ou trop dangereuses
pour
un retour (par exemple, la guerre, les séismes, les
inondations,
la
sécheresse ou d'autres conditions extraordinaires et
temporaires). Même après les graves
conséquences
des quatre ouragans en 2008, le gouvernement a
résisté
aux appels d'accorder le TPS aux Haïtiens.
« Le NNIRR vous invite à vous
joindre
à nous pour demander au gouvernement Obama d'accorder
immédiatement le Statut de protection temporaire (TPS) aux
Haïtiens qui sont aux États-Unis.
« L'Agence de l'immigration et des
douanes a
annoncé récemment une suspension temporaire des
expulsions vers Haïti à la lumière de ces
événements tragiques. Toutefois, des milliers de
Haïtiens resteront en détention à durée
indéfinie, loin de leurs familles et sans aucun recours
pour
être libérer, et d'autres Haïtiens sans statut
d'immigration légale continueront d'être l'objet
d'arrestations et de détention. De nombreux
immigrés en
détention vivent dans des conditions inhumaines et d'abus
généralisé qui ont conduit à plus de
100
morts, comme l'a récemment révélé le
New
York
Times. Demandez au président Obama de libérer
les ressortissants haïtiens
détenus par les services de l'immigration, en particulier
ceux
qui ont une famille américaine et ne posent pas un risque
pour
la
sécurité publique. »
Dans une déclaration récente, le
Forum
TransAfrica souligne : « Depuis janvier 2009, les
juges
de l'Immigration des États-Unis ont émis des ordres
d'expulsion à plus de 30.000 Haïtiens sans
papier ». En plus d'exiger que le Département de la
Sécurité intérieure mette une fin
immédiate
aux arrestations de ces expulsés et
leur donne le Statut de protection temporaire, Forum TransAfrica
demande
à ce département de « procéder
à
un réexamen complet de sa politique envers Haïti. Le
Statut
de protection temporaire (TPS) est accordé par les
États-Unis (Le département de la
sécurité
publique) aux ressortissants des pays éligibles qui ne
peuvent
retourner en toute
sécurité dans leur pays en raison de conflits
armés, des catastrophes environnementales ou autres
conditions
extraordinaires et temporaires. Haïti s'inscrit clairement
dans
cette qualification. »

Notre rôle dans la catastrophe
haïtienne
- Peter Hallward*, le 13 janvier
2010 -
Un tremblement de terre de la magnitude de celui
qui a
ravagé Haïti aurait provoqué d'énormes
dommages à n'importe quelle grande ville du monde, mais ce
n'est
pas un hasard si la majeure partie de Port-au-Prince ressemble
désormais à une zone de guerre. La meilleure
manière de comprendre les ravages du dernier
désastre en
date à frapper
Haïti consiste à l'interpréter comme une
nouvelle
conséquence d'une série d'agissements
résolument
humains qui s'inscrit dans une longue et horrible séquence
historique.
Ce pays a affronté plus que son lot de
catastrophes. Des centaines de morts à Port-au-Prince
durant le
tremblement de terre de juin 1770, l'énorme tremblement de
terre
du 7 mai 1842 aurait tué à lui seul 10 000
personnes au
nord de l'île, dans la ville de Cap-Haitien. Des ouragans
frappent l'île à intervalles réguliers, les
derniers en date en
2004 et 2008 ; les tempêtes de septembre 2008 ont
inondé la ville de Gonaïves et détruit
l'essentiel
de sa frêle infrastructure, tuant plus de mille personnes
et
détruisant plusieurs milliers d'habitations. L'ampleur des
destructions provoquées par ce tremblement de terre ne
sera
probablement pas mesurable avant plusieurs semaines. Des
réparations, même minimales, prendront des
années
et l'impact à long terme de cette catastrophe est
incalculable.
Il est néanmoins déjà
très
clair que cet impact sera le résultat d'une longue
histoire
d'appauvrissement et d'asservissement
délibéré.
Haïti est traditionnellement décrit comme
« le
pays le plus pauvre de l'hémisphère
occidental ». Cette pauvreté constitue
l'héritage direct du système colonial probablement
le
plus brutal de l'histoire,
aggravé par des décennies d'oppression
post-coloniale
systématique.
La communauté internationale qui s'affaire
à envoyer son « aide humanitaire »
à Haïti est largement responsable de l'étendue
des
souffrances qu'elle cherche maintenant à réduire.
Depuis
l'invasion et l'occupation du pays par les USA en 1915, toute
tentative
politique visant à permettre au peuple haïtien de
passer
« de la
misère absolue à une pauvreté
digne »
(pour reprendre les termes de l'ancien Président
Jean-Bertrand
Aristide) a été violemment et
délibérément bloquée par le
gouvernement
étasunien et certains de ses alliés.
Le gouvernement Aristide lui-même
(élus par
près de 75 % des votants) fut la dernière
victime de
ce projet lorsqu'il fut destitué par un coup d'État
soutenu internationalement, qui fit des milliers de victimes et
laissa
la population dans un état de ressentiment inextinguible.
L'ONU
a ensuite maintenu une énorme et coûteuse force de
pacification et de stabilisation dans le pays.
Haïti est désormais un pays dans
lequel,
selon les meilleures études disponibles, environ 75 %
de la
population « vit avec moins de 2 $ par jour et
56 % - 4,5 millions de personnes – vit avec moins de
1 $ par
jour ». Des décennies
d'« ajustements » néolibéraux
et
d'interventions
néo-impérialistes ont privé son gouvernement
de
toute capacité significative d'investir pour sa population
ou de
réguler son économie. Le caractère punitif
du
commerce international et des arrangements financiers impliquent
que ce
dénuement et cette impuissance vont rester des
caractéristiques structurelles de la vie haïtienne
dans
l'avenir
proche.
C'est la pauvreté et l'impuissance qui
expliquent
l'ampleur de l'horreur qui touche Port-au-Prince actuellement.
Depuis
la fin des années 1970, les assauts
néolibéraux
n'ont laissé aucun répit à l'économie
agraire haïtienne et poussé des dizaines de milliers
de
petits paysans à grossir les rangs de bidonvilles
surpeuplés. Bien qu'il n'existe pas de
statistiques fiables, des centaines de milliers d'habitants de
Port-au-Prince vivent désormais dans des habitations
informelles
désespérément insalubres, souvent
perchées
de manière précaire à proximité de
ravins
ravagés par la déforestation. La sélection
des
personnes vivant dans ces conditions n'est pas plus
« naturelle » ou accidentelle
que l'étendue des dommages qu'elles ont subis.
Comme l'affirme le directeur de l'Institut pour la
Justice et la Démocratie d'Haïti, Brian
Concannon :
« Ces personnes se sont installées-là
car eux,
ou leurs parents, ont été intentionnellement
chassés de la campagne par les politiques d'aide et de
commerce
conçues expressément dans le but de créer
une
grande force de travail
captive et donc exploitable pour les villes ; par
définition, ce sont des personnes qui n'ont pas les moyens
de
construire des habitations pouvant résister à un
tremblement de terre. » De même, les
infrastructures
urbaines de base – eau courant, électricité,
routes, etc.
– sont restées scandaleusement inadéquates et
souvent
même inexistantes. La capacité du gouvernement
à
mobiliser un secours répondant quelque type de
désastre
que ce soit est proche de zéro.
Dans les faits, la communauté
internationale
gouverne Haïti depuis le coup d'État de 2004. Les
mêmes États qui tentent d'envoyer une aide d'urgence
en
Haïti ont, durant les cinq dernières années,
constamment voté contre toute extension du mandat de l'ONU
au-delà des objectifs militaires immédiats. Les
propositions pour réorienter certains
de ces « investissements » vers la
réduction de la pauvreté ou le développement
agraire ont été bloquées afin de respecter
les
modalités qui continuent à façonner la
distribution de l'« aide »
internationale.
La même tempête qui a fait tant de
victimes
en 2008 a touché Cuba aussi durement mais n'a tué
que
quatre personnes. Cuba a échappée aux pires effets
de la
« réforme »
néolibérale et
son gouvernement a conservé sa capacité à
protéger son peuple du désastre. Si nous voulons
sérieusement aider Haïti à traverser cette
crise,
alors
nous devons prendre en compte cette comparaison. En plus des
secours
d'urgence, nous devons nous interroger sur ce que nous devons
faire
pour rendre au peuple et aux institutions d'Haïti leur
capacité d'auto-détermination. Si nous prenons au
sérieux l'aide que nous voulons apporter, nous devons
cesser de
vouloir contrôler le gouvernement
haïtien, de vouloir pacifier ses citoyens et de vouloir
exploiter
son économie. Ensuite, nous devons commencer à
payer, au
moins en partie, les dommages que nous avons causés.

La leçon d'Haïti
- Fidel Castro, le 14 janvier 2010
-
Voilà deux jours, à partir de six
heures
de l'après-midi à Cuba, mais déjà de
nuit
en Haïti du fait de sa situation géographique, les
chaînes de télévision ont commencé
à
informer qu'un violent séisme de magnitude 7,3 sur
l'échelle de Richter avait sévèrement
frappé Port-au-Prince, l'épicentre ayant
été repéré dans une faille tectonique
située en
mer à seulement 15 km de la capitale haïtienne,
où
80 % de la population vit dans des maisons de pisé et
de
torchis.
Les nouvelles ont continué d'arriver
presque sans
interruption pendant des heures. Les images manquaient, mais on
apprenait que de nombreux bâtiments publics, des
hôpitaux,
des écoles et des installations plus solides
s'étaient
effondrés. J'ai lu qu'un séisme de force 7,3
équivalait à l'énergie libérée
par
une explosion de 400 000 tonnes de
TNT.
Les descriptions étaient tragiques. Les
blessés en pleine rue réclamaient en criant des
secours
médicaux, au milieu des ruines sous lesquelles des
familles
étaient ensevelies. Personne n'a pu toutefois,
après bien
des heures, transmettre la moindre image.
La nouvelle a surpris tout le monde. Nous avions
déjà eu connaissance d'informations sur des
cyclones et
de grandes inondations en Haïti, mais nous ignorions que
notre
voisin courait des risques de forts tremblements de terre. C'est
alors
qu'on a appris que le dernier grand séisme survenu dans
cette
ville remontait à 200 ans en arrière, quand
elle ne comptait sans doute que quelques milliers
d'habitants.
A minuit, l'estimation du nombre de victimes
était encore approximative. De hauts fonctionnaires des
Nations
unies et plusieurs chefs de gouvernement parlaient de ces
événements bouleversants et annonçaient
l'envoi de
secouristes. Comme des troupes des Nations unies de plusieurs
pays
étaient déployées en Haïti dans le
cadre de
la
MINUSTAH, des ministres de la Défense évoquaient
des
pertes éventuelles parmi leur personnel.
C'est réellement hier matin, mercredi, que
des
nouvelles attristantes ont commencé à arriver au
sujet
d'énormes pertes humaines dans la population, et des
organisations comme les Nations unies signalaient que certains de
leurs
bâtiments s'étaient effondrés, une expression
qui
ne dit rien en soi ou qui peut au contraire signifier
beaucoup.
Des nouvelles toujours plus bouleversantes au
sujet de
la situation dans ce pays frère ont continué
d'arriver
pendant des heures. Les estimations du nombre de morts variaient,
selon
les sources, de 30 000 à 100 000. Les images sont
désolantes. Cette catastrophe a reçu une large
divulgation mondiale, et de nombreux gouvernements
sincèrement
émus s'efforcent de coopérer dans la mesure de
leurs
moyens.
Toute tragédie bouleverse de bonne foi un
grand
nombre de personnes, surtout quand il s'agit de désastre
naturel. Mais rares sont sans doute celles qui se
demandent :
pourquoi Haïti est-il un pays si pauvre ? Pourquoi sa
population dépend-elle à presque 50 % des
envois de
fonds familiaux en provenance de l'étranger ?
Comment ne pas procéder à une analyse des
réalités qui ont conduit à la situation
actuelle
en Haïti et à ses énormes
souffrances ?
Le plus curieux de cette histoire, c'est que
personne ne
rappelle à aucun moment qu'Haïti a été
le
premier pays où 400 000 Africains victimes de la traite et
de
l'esclavage des Européens se soulevèrent contre 30
000
Blancs, maîtres de plantations de canne à sucre et
de
café, déclenchant la première plus grande
révolution sociale sur notre
continent. Ils écrivirent des pages d'une gloire
insurpassable.
Ils mirent en déroute le plus éminent
général de Napoléon.
Haïti est le pur produit du colonialisme et
de
l'impérialisme, de plus d'un siècle d'utilisation
de ses
ressources humaines aux travaux les plus durs, des interventions
militaires et de la ponction de ses richesses.
Cet oubli historique ne serait pas aussi grave que
le
fait réel qu'Haïti constitue une honte de notre
époque, dans un monde où l'immense majorité
des
habitants de la planète continue d'être
exploitée
et mise à sac.
Des milliards de personnes en Amérique
latine, en
Afrique et en Asie souffrent de carences semblables, quoique
toutes ne
les subissent peut-être pas dans des proportions aussi
élevées qu'en Haïti.
Des situations comme celles de ce pays ne
devraient
exister nulle part sur la Terre, et pourtant des dizaines de
milliers
de villes et de villages y connaissent des conditions semblables,
voire
pires, à cause de l'ordre économique et politique
international injuste qu'on a imposé au monde. La
population
mondiale n'est pas seulement menacée par
des désastres naturels comme celui d'Haïti, qui est
un
pâle reflet de ce que le changement climatique peut
provoquer,
bien que ces risques aient été vraiment
tournés en
dérision à Copenhague.
Il est juste de dire à tous les pays et
à
toutes les institutions qui ont perdu des citoyens ou du
personnel dans
le désastre naturel d'Haïti : nous ne doutons
pas que
vous ferez les plus grands efforts pour sauver des vies et
soulager la
douleur de ce malheureux peuple ; nous ne pouvons vous
rendre
coupables du phénomène naturel qui
vient d'y avoir lieu, bien que nous soyons en désaccord
avec la
politique qu'on a suivie vis-à-vis d'Haïti.
Je ne peux m'empêcher de le dire : il
est
grand temps de chercher des solutions réelles et
véritables pour ce peuple frère !
Dans le domaine de la santé et d'autres,
Cuba,
bien que pays pauvre en butte à un blocus, coopère
depuis
des années avec le peuple haïtien. Environ 400
médecins et spécialistes de la santé lui
prêtent des services gratuits. Nos médecins
travaillent
tous les jours dans 227 des 337 communes du pays. Par ailleurs,
au
moins 400 jeunes Haïtiens se
sont formés comme médecins dans notre pays. Ils
travailleront maintenant auprès des renforts que nous
avons
dépêchés hier pour sauver des vies dans cette
situation critique. On peut donc mobiliser sans efforts
spéciaux
jusqu'à un millier de médecins et de
spécialistes
de la santé qui sont presque tous déjà sur
place
et prêts à coopérer avec
n'importe quel État qui souhaiterait sauver des vies
haïtiennes et soigner des blessés.
De nombreux autres jeunes Haïtiens font
actuellement des études de médecine à
Cuba.
Nous coopérons aussi avec le peuple
haïtien
dans d'autres domaines à notre portée. Aucune autre
forme
de coopération ne sera toutefois plus digne de porter ce
nom que
celle de la bataille dans le monde des idées et dans
l'action
politique pour qu'on mette fin à la tragédie sans
borne
dont souffrent de nombreuses nations comme Haïti.
La responsable de notre brigade médicale a
informé : « La situation est difficile,
mais
nous avons déjà commencé à sauver des
vies. » Tel était le message laconique qu'elle
a pu
envoyer quelques heures après son arrivée, hier,
à
Port-au-Prince, à la tête de renforts
médicaux.
Elle a fait savoir, tard dans la nuit, que les
médecins cubains et les Haïtiens
diplômés de
l'École latino-américaine de médecine (ELAM)
de La
Havane étaient en train de se déployer dans le
pays. Ils
avaient déjà soigné à Port-au-Prince
plus
de mille blessés, après avoir refait fonctionner
d'urgence un hôpital qui ne s'était pas
effondré et
en
recourant, en cas de besoin, à des tentes. Ils se
préparaient à installer sans retard d'autres
centres de
soins d'urgence.
Nous sommes fiers à juste titre de la
coopération que les médecins cubains et les jeunes
médecins haïtiens formés à Cuba
prêtent
à leurs frères d'Haïti en ces moments
tragiques !
Fidel Castro Ruz
Le 14 janvier 2010
20 h 25

Lettres à la
rédaction
Une tragédie humaine qui révèle
l'hypocrisie
des États-Unis et du Canada
C'est en prenant l'autobus mardi matin que le
chauffeur
m'a appris la catastrophe qui frappe Port-au-Prince et
Haïti. Un
tremblement de terre, comment est-ce possible ? Pourquoi
cette
île des Antilles est-elle frappée de plein fouet par
cette
catastrophe naturelle, elle déjà si
dévastée, pillée, victime de tous les
complots
politiques, coups
électoraux, coups d'État, dictature de Duvalier,
victime
des tontons macoutes. Haïti, celle qu'on appelle la Perle
des
Antilles, un peuple riche de son histoire de lutte pour son
indépendance, sa liberté et la justice. Des
milliers de
morts, de blessés, la destruction, des images de
Port-au-Prince
détruite et dévastée. Une autre
tragédie
qui fait mal à
l'humanité. Face à la désolation, aux pertes
de
vie par milliers, ce peuple plein de dignité et du
génie
humain se relève les manches comme toujours face au
désastre qui le frappe encore et encore, il sauve les
vies,
soignent de son mieux les blessés et tente le tout pour le
tout.
Au peuple haïtien, aux familles d'ici et
d'Haïti, je vous fais part de tout mon respect et de ma
sympathie,
vous êtes un peuple animé du plus grand courage.
Une autre nouvelle du monde me secoue. Le
même
jour, Obama s'apprête à demander au Congrès
33
milliard de plus, s'ajoutant aux 708 milliards déjà
consacrés au budget de la défense pour poursuivre
la
guerre en Afghanistan et en Iraq. Le massacre se poursuit en 2010
et la
catastrophe se planifie contre le peuple afghan et irakien
Le peuple haïtien a besoin d'aide, c'est
criant de
souffrance. Les images de Port-au-Prince et d'Haïti laissent
un
goût amer, un coeur révolté. Cela
révèle une réalité où la
pauvreté, le crime économique et politique contre
Haïti et l'injustice ne peuvent être expliqués
que
par un terrible séisme. Combien d'Haïtiens cherchant
refuge
et fuyant la
misère continueront d'être repoussés des
plages de
Miami ou trouveront tout simplement la mort en mer. L'ombre de
l'aigle
américain n'est pas loin, il plane toujours sur
l'île et
ses griffes y sont bien acérées. Les
États-Unis,
le Canada et la France ont les mains tachées du sang
haïtien.
L'aigle américain devant le monde
déploie
sa puissance et prend la pose du sauveur d'Haïti. Le Canada
veut
faire oublier sa participation au coup d'État de 2004 en
Haïti et son occupation depuis lors.
L'autorité morale américaine dans le
monde
n'a d'égal que l'hypocrisie. L'horreur secoue le
monde.
En ce jeudi le 14 janvier 2010, il y a un espoir
qui
anime mon coeur, c'est : réparations, justice et
liberté pour le peuple d'Haïti, espoir de sa
République libre et indépendante. Le peuple
haïtien
va gagner.
Une ouvrière de
Montréal

L'aide centrée sur le capital
En date de mardi (le 14 janvier), le gouvernement
Harper
semblait en plein mode secours et catastrophe concernant
Haïti,
surtout avec son impressionnante offre de contribuer un montant
équivalent de ce que contribueront les entreprises et les
individus, à concurrence de 50 millions $, aux
oeuvres de
charité enregistrées et en position
d'acheminer l'argent en Haïti.
Voilà un exemple qui illustre la
différence entre la conception du monde centrée sur
le
capital et la conception du monde centrée sur le facteur
humain/conscience sociale.
En ce moment, moins de 48 heures après le
séisme, la priorité est de secourir les gens
enterrés sous les décombres, qui risquent de trop
faiblir
et de mourir, et d'apporter toute l'aide médicale
nécessaire pour soigner les personnes secourues.
L'aide qui arrivera dans une semaine ou dix jours
par un
navire canadien, ou les dons monétaires à la Croix
rouge,
ne sont d'aucun secours pour les personnes dont la vie est en
danger
maintenant. Et après une semaine et dix jours, cela
dépendra de l'état des infrastructures en place
pour
aider. Ce que ne fait pas le type d'aide que le Canada
propose en ce moment, c'est de contribuer à
l'établissement des structures ou à la provision
des
soins de secours pour ceux dont la vie peut encore être
sauvée. Et c'est tout à fait typique de l'aide vue
du
point de vue centré sur le capital. Ce qu'il faut tout de
suite,
ce sont des hommes et des femmes, de préférence
avec une
formation médicale et
des équipements, pour donner les premiers soins, faire les
diagnostics et même le triage.
Un chercheur de Halifax

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