Le Marxiste-Léniniste

Numéro 9 - 14 janvier 2010

Six mois et toujours debout!

Appuyons les grévistes de Vale Inco!
Les intérêts des travailleurs canadiens et
de la société doivent prévaloir!


Sudbury, Premier Mai 2009

Appuyons les grévistes de Vale Inco! Les intérêts des travailleurs canadiens et de la société doivent prévaloir!
La tentative de Vale de créer la division entre les travailleurs de l'Ontario et de Terre-Neuve échoue
À titre d'information: Ce qui est produit à Voisey's Bay

2009 en revue
Secteur manufacturier oui! Destruction nationale non!

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Six mois et toujours debout!

Appuyons les grévistes de Vale Inco!
Les intérêts des travailleurs canadiens et
de la société doivent prévaloir!

Hier le 13 janvier, cela faisait exactement six mois que les 3 200 travailleurs de Vale Inco à Sudbury et à port Colborne en Ontario ont dû cesser le travail et dresser leurs lignes de piquetage pour défendre leurs intérêts. Les travailleurs de Voisey's Bay à Terre-Neuve les ont rejoints peu après, soit le 1er août.

Il ne s'agit pas encore de la grève la plus longue de l'histoire minière de Sudbury mais ça pourrait bien l'être d'ici à ce que la grève finisse. Pour Vale Inco, la seule négociation possible est celle de la reddition, c'est-à-dire que les travailleurs abandonnent leurs justes revendications et se soumettent au plan d'affaires de la compagnie. Cela veut dire des concessions en salaires par l'abandon des primes sur le nickel (qui ont été négociées comme une alternative à des augmentations de salaires) et le sacrifice des intérêts des travailleurs à venir par l'exclusion des nouveaux engagés du fonds de pension à prestations déterminées.

Chaque grève a ses caractéristiques. Celle-ci, menée dans le contexte de la destruction générale par les monopoles internationaux des ressources et de la base manufacturière de notre économie, soulève des questions importantes. Qui doit profiter des ressources naturelles du Canada : le peuple ou les monopoles internationaux ? Qui doit contrôler la direction de l'économie ? Quel est le but de l'économie et de la société canadiennes ? Qui décide ?

Les gouvernements à divers niveaux présentent comme seul but la création d'un environnement propice au succès des monopoles sur le marché mondial. Ce but a surtout une valeur de propagande : c'est pour faire croire que la prospérité du pays dépend de la réussite des monopoles sur le marché mondial.

Les travailleurs ont l'expérience directe de ce que cela signifie pour eux, pour la classe ouvrière dans son ensemble et pour la société. Les travailleurs de Vale Inco ne sont pas les seuls dans cette situation. US Steel s'est emparé de Stelco et a tout de suite fermé les opérations de Hamilton et de Nanticoke et desservi les besoins du Canada en acier à partir des États-Unis. Xstrata a mis à pied des centaines de travailleurs pour se consacrer à des opérations plus spécialisées à Sudbury et il entend « rationaliser » ses opérations en fermant le site métallurgique de Kidd Creek à Timmins. Les exemples de Shell Oil au Québec, des monopoles forestiers, de l'automobile et d'autres secteurs nous montrent à chaque jour que la création d'un environnement propice au succès des monopoles subordonne toute notre économie socialisée aux « besoins d'affaires » étroits de ces monopoles internationaux qui détruisent notre économie et notre nation.

Cela ne doit pas et ne va pas passer !

Chaque jour où Vale Inco impose son diktat et refuse de négocier autre chose que la reddition à ses « besoins d'affaires » est un jour de plus de résistance et de discussion, d'organisation et d'union des travailleurs, des régions et de l'ensemble du peuple canadien pour la création d'une société qui subordonne le diktat de monopole au droit public de contrôler nos ressources, d'utiliser les ressources et les forces productives pour surmonter les conséquences de la crise économique mondiale et le droit de créer une société faite pour l'être humain, qui investit le peuple du pouvoir souverain et veille au bien-être économique de tous.

Appuyons tous les grévistes de Vale Inco !
Notre économie, nous décidons !

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La tentative de Vale de créer la division entre les travailleurs de l'Ontario et de Terre-Neuve échoue


Les grévistes de Vale Inco à Voisey's Bay, au Labrador.

La tentative de Vale Inco, le deuxième plus gros monopole minier au monde, de créer la division entre les travailleurs en grève au Labrador et ceux de l'Ontario en négociant un accord à Voisey's Bay mais non à Sudbury a échoué.

Le 4 janvier dernier, une rencontre à Happy Valley-Goose Bay entre les représentants de la section 6480 du syndicat des Métallos et ceux de Vale Inco Terre-Neuve et Labrador (VINL) en présence d'un médiateur provincial a été immédiatement ajournée quand les représentants de VINL ont refusé de discuter de questions non monétaires, comme la sous-traitance et la santé/sécurité.

Cent trente mineurs sont en grève depuis le 1er août à Terre-Neuve, alors que 3 000 mineurs et raffineurs des opérations de Vale Inco en Ontario sont en grève depuis le 13 juillet. Vale Inco a refusé de négocier en Ontario tant que le syndicat n'acceptera pas les concessions sur les pensions et les primes sur le nickel mais elle s'est montrée très intéressée à retourner à la table à Terre-Neuve. VINL a accusé le syndicat de « négocier de mauvaise foi » devant le bureau des relations du travail de Terre-Neuve. Suite à cet incident, le conciliateur a demandé aux chefs des deux comités de négociations de participer à une réunion préliminaire sur la possibilité de reprendre les négociations. Cette rencontre du 21 décembre a préparé le terrain pour la rencontre du 4 janvier.

Après l'échec des pourparlers, le responsable aux affaires corporatives de Vale Inco à Terre-Neuve, Bob Carter, a menacé de repartir les opérations minières avec des mercenaires comme Vale Inco l'a fait à Sudbury. « Nos options vont de la fermeture complète des opérations à la reprise des opérations. Nous examinons toutes ces options et nous vous le dirons quand nous aurons terminé notre évaluation », a dit Carter.

Carter a essayé de blâmer les Métallos pour l'échec des pourparlers, en disant que la section locale au Labrador n'avait pas les pouvoirs de régler la grève à Voisey's Bay tant que celle de l'Ontario ne serait pas réglée. « Nous avons déjà pu nous en rendre compte auparavant; certains dirigeants nationaux des Métallos avaient indiqué que la grève au Labrador ne pourrait être réglée avant celle de Sudbury et de Port Colborne et que les employés de Vale Inco au Labrador n'étaient qu'un levier pour faire avancer ces négociations », a-t-il dit.

Mais en Ontario, la compagnie continue de refuser de retourner à la table de négociation. Le vice-président, Steve Ball, dit qu'il n'y aurait « aucun avantage » à faire appel à un médiateur du ministère du Travail de l'Ontario pour aider à régler le conflit de Sudbury qui dure depuis six mois. « Nous avons besoin de changer la convention collective et pour l'instant il ne semble pas que les services d'un médiateur puissent nous aider à trouver une solution », a-t-il dit.

La déclaration de Vale Inco fait suite à un communiqué de presse du 30 décembre du député provincial de Sudbury, Rick Bartolucci, qui dit avoir envoyé une lettre à un spécialiste de la médiation au ministère du Travail lui demandant de rappeler les représentants de Vale Inco et du syndicat à la table de négociation « pour voir s'il y a un terrain d'entente qui permette la reprise des discussions ».

Le vice-président de la section locale 6500 des Métallos, Rick Bertrand, a dit que le directeur de district du syndicat, Wayne Fraser, avait déjà contacté un médiateur provincial au début de décembre pour essayer de ramener les deux parties à la table. « [Vale] nous a clairement fait savoir qu'à moins que nous soyons prêts à accepter sa proposition, il ne servait à rien de faire intervenir un médiateur », dit Rick Bertrand. Il ajoute que si la compagnie accepte de négocier à Voisey's Bay, c'est sans doute parce qu'elle a besoin du minerai pour alimenter la fonderie de Thompson, au Manitoba, et qu'il croit lui aussi que la compagnie essaie « de créer la division dans le syndicat et entre nous ».

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À titre d'information

Ce qui est produit à Voisey's Bay

Voisey's Bay, au Labrador, est un trésor minier dont s'est emparé Inco dans les années 1990 pour en faire un producteur de nickel aussi important que la mine de Sudbury. Les 135 mineurs en grève extraient annuellement des minerais contenant du nickel, du cuivre et du cobalt pour une valeur de 2 milliards $ au prix d'aujourd'hui une fois le minerai extrait, fondu et raffiné (voir ci-dessous). Les propriétaires de la mine disent que les revenus des sous-produits du cobalt pourraient à eux seuls facilement couvrir « les coûts de main-d'oeuvre » de la compagnie, ce qui donne une idée de la valeur de cette mine. Vale Inco est empressée de reprendre la production à Voisey's Bay à cause des revenus énormes que cela représente mais aussi parce que cela lui permettrait d'isoler les travailleurs de Sudbury et de les forcer à se soumettre aux demandes de concessions. Cela ne doit pas passer !

- Nickel : 77 500 tonnes x 2205 livres la tonne x 8,49 $ la livre = 1 451 313 360 $
- Cuivre : 55 400 tonnes x 2205 livres la tonne x 3,40 $ la livre = 414 723 015 $
- Cobalt : 1 695 tonnes x 2205 livres la tonne x 20 $ (approx) la livre = 74 749 500 $

Total : 1 940 785 875 $ - 1,94 milliards $ (US)

(www.vale.com, www.metalbulletin.com, www.kitco.com)

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2009 en revue

Secteur manufacturier oui!
Destruction nationale non!


Acier




Le 9 mars 2009 : Les syndiqués du local 1005 des Métallos à leur ligne de piquetage hebdomadaire
dans le centre-ville de Hamilton, en Ontario.




Hamilton, le 21 mars 2009 : Rassemblement appelé par le local 1005 des Métallos pour dénoncer la fermeture
des aciéries Stelco (US Steel) et exiger des mesures d'urgence face à la crise.




Hamilton, le 16 avril 2009 : Conférence de presse du local 1005 des Métallos pour exiger que les aciéries
Stelco restent ouvertes et proposer des mesures d'urgence face à la crise.





Hamilton, le Premier Mai 2009


Hamilton, le Premier Mai 2009


Les Métallos du local 8782 (Ateliers du Lac Érié) participent à un rassemblement contre les briseurs
de grève devant le parlement de l'Ontario, à Toronto, le 8 octobre 2009.



Le 14 décembre 2009 : Rassemblement du local 1005 des Métallos et leurs supporters au centre-ville de Hamilton contre la destruction du secteur manufacturier et le vol des pensions partout au pays.




Contrecoeur, Québec : Les Métallos et leurs supporters manifestent pour une usine à poutrelles le 14 juin 2009.


Mines et métallurgie












Juillet 2009 : Rassemblements en appui aux grévistes de Vale Inco à Sudbury.


Délégation des travailleurs de Vale Inco de Thompson, Manitoba, au rassemblement de solidarité
avec les grévistes de Sudbury, le 8 août 2009.




Sudbury, le Premier Mai 2009.



Rassemblement de solidarité internationale des Métallos à Sudbury le 19 septembre 2009.



Les grévistes de Vale Inco et leur supporters participent à une vigile à l'occasion de la Journée
internationale des droits de l'Homme. Sudbury, le 10 décembre 2009.



Le 24 février 2009 : Le local 598 du syndicat des Travailleurs canadiens de l'automobile amène sept autobus remplis de travailleurs de Sudbury à une ligne de piquetage à Huntsville, devant le bureau de circonscription du ministre canadien de l'Industrie, Tony Clement, pour exiger que la compagnie Xstrata soit forcée de respecter ses engagements de ne pas faire de mises à pied durant les trois années suivant l'acquisition de l'usine de Sudbury.


Foresterie









Journée nationale des travailleurs forestiers à Ottawa le 2 juin 2009. (Photos : LML, Marc Lavoie)


À gauche : Les travailleurs de Tembec à Powerview-Pinefalls, au Manitoba, en lock-out en septembre
2009. (Photo : syndicat des Métallos) À droite : Amos, Québec, le 23 octobre 2009 : Rassemblement pour sauver la papetière. (Photo : FTQ)



Automobile


Le 18 mars 2009 : Rassemblement des syndiqués du local 195 des TCA devant les usines occupées d'Aradco et Aramco à Windsor, Ontario, pour exiger que la compagnie verse les prestations de départ dues aux travailleurs mis à pied.


Des travailleurs de l'automobile actifs et à la retraite demandent aux députés provinciaux
de l'Ontario d'assumer leur responsabilité sociale et de défendre les pensions. Haut : Au bureau
de circonscription du député d'Essex le 17 avril 2009.



Windsor, le Premier Mai 2009.


Transformation alimentaire



Les grévistes de Old Dutch Foods à Calgary, en mars et avril 2009 (photos du haut et du bas à gauche).
Bas à droite : Les travailleurs licenciés de la Coopérative avicole ACA de Kentville, en Nouvelle-Écosse,
accompagnés de leurs supporters lors du « Rassemblement pour l'équité » le 8 février 2009.




Les grévistes d'Olymel au Québec marchent à la défense des droits et de l'avenir de l'industrie alimentaire québécoise.


Autres secteurs

Le rail


Les mécaniciens de locomotive du CN en grève à Prince-George, en Colombie-Britannique,
le 28 novembre 2009. (Photo : Opinion250.com)



Métiers de la construction et de l'entretien
 


Les travailleurs en lock-out du Toronto Dominion Centre à Toronto le 17 juillet 2009, suite à l'annonce de licenciements.



Rassemblements de solidarité avec les travailleurs du Toronto Dominion Centre et les grévistes de Vale Inco à Toronto.


Secteur du détail


Le 12 juillet 2009 : Les grévistes des entrepôts Zellers à Scarborough bloquent l'entrée de l'entrepôt
de Brampton après l'annonce par la compagnie qu'elle transférait les opérations de Scarborough à l'entrepôt
non syndiqué de Brampton. (Photo : TCA)



Les travailleurs de Coca-Cola à Saskatoon, membres du Retail Wholesale and Departement Store Union, durant
leur grève de huit semaines de juin à août contre les modifications forcées de la convention collective pour
éliminer la sécurité d'emploi.



Le 27 novembre 2009 la Cour suprême du Canada a décidé, dans un jugement de 6 contre 3, que Walmart a le droit de fermer des magasins et de congédier ses employés pour bloquer les tentatives de syndicalisation. En 2005, le monopole notoirement antiouvrier avait fermé le magasin de Jonquière, au Québec, et congédié l'ensemble des 190 employés après qu'ils se soient affiliés au local 503 de l'Union internationale des travailleurs et travailleuses unis de l'alimentation et du commerce. Ce jugement a provoqué la colère partout au pays.


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