Le Marxiste-Léniniste

Numéro 7 - 12 janvier 2010

Activités militaires et subversives
de l'impérialisme américain dans le monde

Les civils assassinés dans une base de la CIA en Afghanistan travaillaient pour un «contractant» actif au Venezuela et à Cuba - Eva Golinger
Des espions américains tombent dans le piège d'al-Qaïda - Syed Saleem Shahzad, Asia Times Online
Le nombre de morts a plus que doublé dans la guerre en Afghanistan en 2009
Plus de 700 civils pakistanais tués lors de frappes par des drones américains
L'état de la situation au sein des forces américaines
L'armée américaine a le Guam à l'oeil
Obama a raté son objectif de fermer la prison en janvier
Les services de renseignements américains ont conclu à un document nucléaire forgé - Gareth Porter , Interpress Service

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Les civils assassinés dans une base de la CIA
en Afghanistan travaillaient pour un «contractant»
actif au Venezuela et à Cuba

Au moins huit Américains ont été assassinés dans une base d'opérations de la CIA en Afghanistan le mercredi 30 décembre. Le kamikaze a pénétré la base d'opérations avancées Chapman, dans la province orientale de Khost, qui servait comme centre d'opérations et d'espionnage pour la CIA. Les sources officielles de Washington ont confirmé que les morts étaient tous employés civils et travaillaient sous contrat pour la CIA.

Il y a à peine 15 jours [le 15 décembre], cinq Américains de l'entreprise sous contrat avec la CIA, Development Alternatives Inc. (DAI), ont également été assassinés en Afghanistan quand a explosé une bombe placée dans un bureau de l'USAID à Gardez. Le même jour, une autre bombe a explosé dans les environs du bureau de la DAI à Kaboul, mais elle n'a fait aucun blessé.

L'incident du 15 décembre a reçu peu d'attention, bien qu'il soit arrivé à peine quelques jours après la capture d'un employé de la DAI à Cuba, accusé de subversion. Le président et le directeur exécutif de la DAI, Jim Boomgard, a émis une déclaration le 14 décembre lors de l'arrestation d'un sous-traitant de son entreprise à Cuba, confirmant que « l'individu détenu était employé par un sous-traitant d'un programme pour la réalisation d'un contrat de sous-traitance pour aider des organisations de la société civile cubaine ». Boomgard a aussi parlé du « nouveau programme » que la DAI gère pour le gouvernement des États-Unis à Cuba, le « Cuba Democracy and Contingency Planning Program ». La DAI a reçu 40 millions $ en 2008 pour aider le gouvernement des États-Unis « à appuyer les activités pacifiques d'un vaste groupe d'organisations non violentes à travers des bourses et des contrats de sous-traitance » à Cuba.

Le 15 décembre, la DAI a publié un communiqué de presse dans lequel elle dit « regretter la mort » de son personnel en Afghanistan. « C'est avec grande tristesse que la DAI rapporte la mort de cinq employés associés à nos projets en Afghanistan... Le 15 décembre, cinq employés du sous-traitant en sécurité de la DAI ont été assassinés par une explosion dans le bureau de Gardez, bureau où le programme Gouvernance locale et développement communautaire (LGCD), un projet de l'USAID, était mis en application par la DAI. »

La DAI administrait aussi un projet à Khost, où est arrivé l'incident du 30 décembre, toutefois on attend encore la confirmation pour savoir si les huit citoyens américains tués travaillaient pour le plus gros contractant du gouvernement des États-Unis. Depuis la base à Khost, la CIA contrôlait à distance ses assassinats sélectifs contre des membres présumés d'al-Qaïda au Pakistan et en Afghanistan utilisant les drones Predator.

Un haut fonctionnaire de l'USAID a confirmé il y a deux semaines que la CIA utilise le nom de l'USAID pour octroyer des fonds et des contrats à des tiers partis comme couverture pour des opérations clandestines. Selon le fonctionnaire, un vétéran de l'agence gouvernementale qui occupe le poste de gérant régional, la CIA passe ces contrats en utilisant le nom de l'USAID sans que celle-ci ne soit entièrement au courant.

Depuis juin 2002, l'USAID maintient un Bureau pour les initiatives vers une transition (OTI) au Venezuela, à travers lequel il a fait parvenir des millions de dollars aux groupes et individus s'opposant au président Hugo Chavez. La même entreprise active en Afghanistan et liée à la CIA, Development Alternatives Inc. (DAI), a été engagée par l'USAID au Venezuela pour gérer un budget de plusieurs millions de dollars avec l'objectif « d'appuyer la société civile et la transition à la démocratie ». Plus de deux mille pages partiellement déclassifiées de l'USAID sur ses activités au Venezuela mettent en évidence la relation entre la DAI et des secteurs de l'opposition, avec des programmes qui ont pour but de « renforcer » ses partis politiques, de concevoir ses campagnes politiques et de les aider à consolider un mouvement contre le gouvernement vénézuélien.

En Bolivie, en cette année 2009, l'USAID a été expulsée par les habitants de deux municipalités, Chapare et El Alto, sous l'accusation d'interventionnisme. En septembre 2009, le président Evo Morales a dénoncé l'accord officiel avec l'USAID lui permettant d'opérer au pays, grâce à des preuves substantielles établissant que l'agence finançait des groupes séparatistes violents cherchant à déstabiliser le pays.

En 2005, l'USAID a également été expulsée d'Érythrée et accusée d'être une agence « néo-colonialiste ». L'Éthiopie, la Russie et la Biélorussie ont ordonné l'expulsion de l'USAID et de ses contractants au cours des cinq dernières années.

Development Alternatives Inc. est l'un des plus importants contractants du gouvernement des États-Unis. La DAI a actuellement un contrat de 50 millions $ en Afghanistan. En Amérique latine, elle opère en Bolivie, au Brésil, en Colombie, à Cuba, en Équateur, au Salvador, au Guatemala, en Haïti, au Honduras, au Mexique, au Nicaragua, au Pérou, en République dominicaine et au Venezuela.

Cette année, le budget de la DAI au Venezuela s'approche des 15 millions $ et son programme est orienté vers le renforcement des candidats et des campagnes d'opposition pour les élections législatives de 2010. Le président Chavez a aussi dénoncé il y a deux semaines la détection d'un avion drone sur le territoire vénézuélien, en confirmant qu'il était de « technologie américaine ».

(Traduit de l'espagnol par Primitivi)

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Des espions américains tombent
dans le piège d'al-Qaïda

L'attentat suicide contre la base d'opération avancée de la CIA américaine, la base Chapman, dans la province afghane de Khost, la semaine dernière a été planifiée dans la région tribale pakistanaise dans le nord du Waziristan.

L'attaquant, un espion agissant à l'intérieur de l'Armée nationale afghane (ANA), a fait exploser sa veste dans un gymnase à la base, tuant sept agents, dont le chef de station, et en blessant six autres. Officiellement, cette base reçoit des civils qui participent à la reconstruction.

Asia Times Online a appris que le plan a été exécuté après des semaines de préparation par la Lachkar al-Zil (Armée de l'ombre) d'al-Qaïda. Le plan a été mis au point après que le service de renseignement de l'Armée de l'ombre ait informé son commandant en chef, Illyas Kashmiri, que la CIA avait l'intention d'élargir la surveillance des déplacements du chef d'al-Qaïda, Oussama ben Laden, et de son adjoint, Ayman al-Zawahiri.

Des sources bien informées dans les camps de militants disent que l'Armée de l'ombre avait noté l'intensification de l'activité de renseignement de la CIA autour de hauts placés d'al-Qaïda en vue d'attaques. Il s'avère que des membres de tribus de Shawal et Datta, dans la région tribale du nord du Waziristan, au Pakistan, avaient été invités par des agents américains, par personne interposée, à Khost pour tenter d'obtenir d'eux des informations sur les dirigeants d'al-Qaïda. Ce n'est pas nouveaux que le renseignement américain agisse de la sorte, sauf que cette fois-ci c'était un peu différent.

« Cette fois-ci il y avait clairement une obsession à pourchasser quelque chose de gros dans le nord du Waziristan, mais dans cette obsession ils [les agents] ont commis une erreur et ont exposé un centre clandestin de la CIA », dit un des chefs de la Brigade 313 d'al-Qaïda. La brigade en question, menée par Illyas Kashmiri, comprend des djihads ayant une connaissance approfondie de la lutte du Cachemire pakistanais contre l'Inde.

Une fois qu'on a compris qu'il y avait intensification de l'activité pour traquer des chefs d'al-Qaïda et que la base à Khost était un couvert pour les activités de la CIA, la Brigade 055 de l'Armée de l'ombre est passée à l'action. Elle est le coeur d'al-Qaïda, ayant été impliquée dans plusieurs événements depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Sous le commandement d'Ilyas Kashmiri, son groupe de coordination du réseau de renseignement avec l'action de guérilla spécialisée avait changé la dynamique du théâtre de guerre afghan. Au lieu de la guérilla traditionnelle, dans laquelle les talibans subissaient le gros des pertes en vies humaines, la brigade a recouru à des opérations spéciales, et celle contre la base de la CIA en est l'exemple le plus récent et le mieux réussi.

L'Armée de l'ombre comprend des talibans pakistanais, la Brigade 313, le Taliban afghan, le Hezb-e-Islami afghan et d'anciens membres de la Garde républicaine d'Irak. Elle assume une importance toute particulière depuis que les États-Unis ont annoncé le déploiement de 30 000 soldats additionnels en Afghanistan, qui sont censés passer à l'action cette semaine.

Les chefs de l'Armée de l'ombre savaient que des agents de la CIA cherchaient à recruter des gens des tribus comme source de renseignement pour être en mesure d'établir un réseau solide le long de la frontière des régions Shawal et Datta Khel dans le nord du Waziristan, où se trouvent souvent de hauts placés d'al-Qaïda.

L'Armée de l'ombre a donc tendu son piège.

Utilisant leurs liens avec les structures tribales et avec d'anciens commandants du Taliban et du Hezb-e-Islami afghan, les militants ont posté plusieurs hommes à l'intérieur de l'ANA.

Un de ces hommes, un officier, était maintenant appelé à l'action. Il a contacté le personnel américain à Khost et lui a dit qu'il avait des liens avec un réseau dans les régions tribales et des informations concernant le site du shura (conseil) d'al-Qaïda dans le nord du Waziristan et concernant les déplacements des chefs d'al-Qaïda.

L'« officier » de l'ANA fut immédiatement invité à la base de la CIA à Khost pour mettre au point une opération contre ces cibles.

Une fois à l'intérieur, il a fait détonner son appareil, avec les conséquences mortelles que l'on sait.

« C'est un coup dévastateur », dit Michael Scheuer, cité par Times Online. « Nous avons perdu un agent avec 14 années d'expérience en Afghanistan. » Scheuer est un ancien commandant de la station Alec, l'unité créée pour surveiller ben Laden cinq ans avant les attentats du 11 septembre.

Contrairement à la majeure partie de l'armée des talibans, l'Armée de l'ombre est une unité avancée possédant des équipements modernes, comme la technologie de vision nocturne et les plus récents modèles d'armes légères, et elle utilise des méthodes de guérilla avancées. Elle possède un service de renseignement bien financé, un peu comme celui que possédait le Hezb-e-Islami afghan à l'époque de la résistance à l'armée soviétique dans les années 1980, avec son accès à des renseignements avancés sur les déplacements de l'Armée rouge.

Or, l'Armée de l'ombre est un pas en avant sur l'ancien service de renseignement du Hezb puisqu'elle a réussi à placer des hommes à l'intérieur de l'ANA et que ces « soldats » se retrouvent maintenant sur la ligne de front de l'activité de sabotage d'al-Qaïda en Afghanistan.

En plus, de nombreux hauts représentants du gouvernement, tant à Kaboul que dans les provinces, sont sympathiques au Hezb-e-Islami afghan et, par voie de conséquence, aux talibans. De même, plusieurs anciens hauts commandants talibans ont obtenu des charges importantes dans le gouvernement central et ils jouent un rôle très utile pour le compte des insurgés.

En somme, l'escalade américaine, de pair avec les nouveaux efforts pour cerner des chefs d'al-Qaïda, ont entraîné un virage dans le sud-est de l'Afghanistan. Dans la grande majorité des soulèvements contre l'occupant étranger, l'OTAN n'a pas été en mesure de vraiment frapper les talibans. Les insurgés choisissent des cibles spécifiques en vue d'une action plus efficace, comme la base d'espionnage à Khost : le coup « dévastateur » n'a coûté que la vie d'un insurgé.

Par conséquent, pour la première fois depuis plusieurs années, on assiste à un hiver chaud. En octobre dernier, les États-Unis ont retiré leurs troupes de quatre de leurs bases au Nuristan, sur la frontière avec le Pakistan, abandonnant cette province du nord-est aux talibans sous le commandement de Qari Ziaur Rahman. La vallée de Kurangal, dans la province de Kunar, est solidement assiégée et les attaques des talibans contre les bases américaines qui s'y trouvent pourraient obliger les forces américaines à battre en retraite.

D'ici là, on peut s'attendre à ce que l'Armée de l'ombre prépare d'autres attaques de son côté.

* Syed Saleem Shahzad est le chef de bureau de Asia Times Online pour le Pakistan. L'article est traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste.

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Le nombre de morts a plus que doublé
dans la guerre en Afghanistan en 2009

Selon la mission des Nations unies en Afghanistan, 2 021 civils afghans ont été tués durant les dix premiers mois de l'année, presque 1 400 d'entre eux par des insurgés et 465 par les États-Unis et d'autres forces progouvernementales. Ce nombre s'ajoute aux 1 838 tués lors de la même période en 2008.

Selon l'Associated Press, qui se base sur des rapports quotidiens de la Force internationale d'assistance et de sécurité, « le nombre de soldats américains morts en Afghanistan a doublé en 2009 comparé à l'année précédente alors que commencent à arriver 30 000 soldats additionnels en vue d'une escalade de l'offensive et que les Talibans combattent avec de puissantes bombes improvisées ».

L'agence dit qu'en date du 30 décembre, 304 membres des forces américaines sont morts, comparativement à 151 en 2008. Le compte n'inclut pas les huit civils américains tués par un kamikaze dans une base à Khost le 31 décembre. Parmi les pertes américaines en 2009, 129 – ou plus de 40 % – ont été causées par des Engins explosifs improvisés (EEI). Les bombes artisanales sont enfouies le long des routes ou près des bâtiments et sont déclenchées par télécommande ou lorsque les troupes touchent de simples plaques sensibles à la pression.

L'AP rapporte que le bilan annuel de morts parmi les troupes internationales, incluant les forces américaines, a dépassé 500 pour la première fois depuis le début de la guerre. Le total en 2009 était de 502 comparativement à 286 en 2008, selon le compte de l'AP, les troupes britanniques ayant perdu 107 soldats et le Canada 32, incluant les quatre décédés le 31 décembre lorsque leur véhicule a volé en éclats lorsqu'a explosé une bombe placée au bord de la route. D'autres pays participant à l'opération militaire internationale ont perdu 59 membres des forces militaires, a indiqué l'AP.

En Irak, 152 membres des forces américaines sont décédés, une diminution comparativement à 314 l'année précédente, selon les chiffres du Département de l'information de la défense compilés par l'AP.

L'augmentation fulgurante du nombre de morts en Afghanistan était un obstacle à surmonter pour le président Barack Obama quand il a décidé en novembre d'envoyer plus de troupes à la guerre, qui est de plus en plus impopulaire, autant aux États-Unis qu'en Europe.

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Plus de 700 civils pakistanais tués lors
de frappes par des drones américains

Des 44 frappes menées dans les régions tribales du Pakistan durant les 12 derniers mois par des drones de combats américains, connus sous le nom de « Prédateurs », seulement cinq ont réussi à atteindre leurs cibles, tuant cinq dirigeants clé d'al-Qaïda et des Talibans mais entraînant la mort de plus de 700 civils innocents.

Selon les statistiques compilées par les autorités pakistanaises, entre le 1er janvier et le 31 décembre 2009 les drones américains basés en Afghanistan ont tué 708 personnes lors des 44 attaques des Prédateurs ciblant les régions tribales.

« Pour chaque terroriste taliban et d'al-Qaïda tué par les drones de combats américains, 140 Pakistanais innocents sont aussi morts, écrit le quotidien pakistanais The Dawn. Selon les autorités, plus de 90 % des gens tués dans les attaques meurtrières aux missiles étaient des civils. » Le quotidien poursuit en disant :

« Le pourcentage de frappes réussies de drones était d'à peine 11 % en 2009. En moyenne, 58 civils ont été tués mensuellement lors de ces attaques, 12 personnes hebdomadairement et presque deux personnes quotidiennement. La plupart des attaques ont été menées sur la base de renseignements humains, établis selon des informations fournies par des membres de tribus pakistanaises et afghanes, qui espionnent pour le compte des forces menées par les États-Unis en Afghanistan.

« Des cinq attaques de Predateurs "réussies" menées en 2009, la première a eu lieu le 1er janvier, qui, d'après certaines informations, a tué deux dirigeants de haut rang d'al-Qaïda – Usama al-Kin et Sheikh Ahmed Salim – tous les deux recherchés par le FBI. Kin était le commandant en chef des opérations d'Al-Quaïda au Pakistan, ayant remplacé Abu Faraj Al Libi après son arrestation en 2004.

« La deuxième a eu lieu le 5 août dans le sud du Waziristan et elle a tué le fugitif le plus recherché, le chef du Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), ou Mouvement des Talibans du Pakistan, Baitullah Mehsud et son épouse.

« Le département d'État américain a annoncé une prime de 5 millions $ pour toute information menant à Baitullah, faisant de lui le seul fugitif pakistanais avec une prime annoncée séparément par le Pakistan et les États-Unis. »

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L'état de la situation au sein des forces américaines

Le nombre de soldats de l'armée américaine qui refusent de servir a atteint son plus haut taux depuis 1980 et on a enregistré une augmentation de 80 % de désertions depuis l'invasion de l'Irak en 2003, selon l'Associated Press. Sarah Lazare, une organisatrice de la résistance des GI avec l'organisation Dialogues Against Militarism and Courage to Resist, a dit que ces soldats refusent d'être déployés pour diverses raisons, certains parce qu'ils ont une objection morale à la guerre, d'autre parce qu'ils ont eu une expérience négative avec l'armée et d'autres encore parce qu'ils ne peuvent survivre psychologiquement à un autre déploiement, ayant été victime de ce qui a été baptisé le syndrome « Broken Joe ». Selon Lazare :

Plus de 150 GI ont publiquement refusé de faire le service militaire et dénoncé la guerre, risquant tous la prison et certains de longues peines. Il est estimé que 250 opposants à la guerre se sont réfugiés au Canada.

Cette résistance inclut deux soldats de Fort Hood au Texas, Victor Agosto et Travis Bishop, qui, cette année, ont publiquement refusé d'être déployés en Afghanistan, faisant face en bout de ligne à des peines de prison, Bishop étant toujours détenu.

« Pas question que je sois déployé en Afghanistan », a écrit Agosto, alors qu'il refusait de faire son service militaire en mai dernier. « L'occupation est immorale et injuste. »

Au sein de l'armée américaine, les résistants GI et les anciens combattants anti-guerre ont organisé par le biais de vastes réseaux d'alliances d'anciens combattants et de civils, ainsi qu'avec IVAW (Iraq Veterans Against War) composé d'anciens combattants d'Irak et d'Afghanistan.

Cette organisation, qui compte plus de 1 700 membres, avec des membres partout dans le monde, incluant des soldats en service dans des bases militaires, est contre les guerres en Irak et en Afghanistan et appuie ouvertement la résistance des GI.

« L'IVAW demande à Obama de mettre fin à la guerre en Afghanistan (et en Irak) en retirant les troupes immédiatement et inconditionnellement », écrit Jose Vasquez, le directeur administratif du groupe d'anciens combattants dans une lettre ouverte le 2 décembre 2009.

« Ce n'est pas le temps pour nos frères et soeurs en armes de partir en Afghanistan. C'est le temps pour eux de revenir à la maison. »

Lazare affirme que l'armée américaine est « surmenée et épuisée ».

Plusieurs de ceux déployés ont déjà fait face à de multiples déploiements en zones de combat : la 101e division aéroportée, qui sera déployée en Afghanistan au début 2010, en sera à son cinquième tour de combat depuis 2002.

« Ils vont juste commencer à déplacer en Afghanistan les soldats qui ont déjà servi en Irak, tout comme ils m'ont déplacé d'une guerre à la suivante », dit Eddie Falcon, un membre de l'IVAW qui a servi en Irak et en Afghanistan.

« Les soldats vont commencer à rentrer avec le trouble de stress post-traumatique (TSPT), estropiés et avec des problèmes d'alcoolisme et de dépression. »

Plusieurs de ces soldats souffrent encore de répercussions mentales et physiques des déploiements précédents.

Les taux de TSPT et de blessures traumatiques au cerveau parmi les soldats déployés en Irak et en Afghanistan ont été démesurément élevés, le tiers des soldats revenus souffrant de troubles de santé mentale et 18,5 % de tous les membres en service de retour luttant contre le TSPT ou la dépression, selon une étude menée par la Corporation RAND.

Les suicides parmi les marines ont doublé entre 2006 et 2007. Les suicides au sein de l'armée sont à leur plus haut taux depuis qu'on a commencé à enregistrer ces données, en 1980.

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L'armée américaine a le Guam à l'oeil

Les États-Unis planifient la fortification de Guam, transformant sa base militaire sur l'île en un poste de planification stratégique qui leur donnerait un accès rapide à des points de conflits potentiels dans la région du pacifique.

Plus de troupes, incluant 9 182 marines, des soldats de l'armée et leurs subordonnés d'Okinawa au Japon, seront relocalisées, pendant que 9 000 soldats transitoires, essentiellement du groupe d'intervention de porte-avions de la marine, seront également installés là.

Le « but primordial » de la transformation de Guam en une forteresse militaire est « d'établir une défense mutuelle, de dissuader l'agression et la coercition dans la région du Pacifique occidental», selon une pré-étude d'impact récemment publiée par le département de la Défense américaine.

L'étude dit que la proposition de construction permettrait aux forces armées américaines de répondre aux menaces régionales et aux imprévus « d'une façon flexible » et « dans un délai convenable », pendant qu'elles s'affairent à « défendre les États-Unis, le Japon et les intérêts des alliés ».

Elle dit que « le déplacement de troupes au Guam les placerait dans l'élément le plus éloigné du territoire souverain des États-Unis dans le Pacifique, maximisant leur liberté d'action ».

Selon le rapport, les États-Unis voient Guam comme une « structure de commandement local et de contrôle » habitée, équipée, entraînée et soutenue par une infrastructure logistique moderne.

Le coût de la relocalisation et de la construction, incluant l'expansion de l'infrastructure nécessaire pour maintenir une base permanente pour les marines et les troupes de l'armée américaine au Guam et au Tinian, une île à 160 km au Nord-Est, est évalué à 12 milliards $.

Le Japon a accepté de payer 6,09 milliard $.

Le plan entraînerait « une augmentation des activités opérationnelles », des accostages plus fréquents effectués par les porte-avions et autres navires de guerre, la construction d'un champ d'entraînement de l'aviation, la modernisation des ports et des quais.

L'étude dit que « la base aérienne d'Andersen qui existe déjà au Guam serait agrandie pour inclure les éléments de l'air des marines. Une nouvelle base de marines serait construite juste à côté. »

Plusieurs champs de tir seraient construits pour répondre aux diverses exigences d'entraînement d'un contingent militaire plus grand.

Les États-Unis planifient aussi d'élargir leurs champs de tir «live» à Tinian où environ 200 marines et plus pourraient « s'entraîner d'une façon réaliste » avec leurs armes et équipements « sans aucune restriction ». On prévoit également la construction d'un appontement en eau peu profonde au port Apra de Guam pour soutenir des porte-avions nucléaires transitant par la région.

On propose également un « groupe de travail pour la défense aérienne et anti-missile » au Guam pour protéger l'île et les forces américaines contre les menaces d'attaques de missiles balistiques.

Les sites d'emplacement des armes seraient construits pour accommoder le système de « terminal de défense en zones de haute altitude » conçu pour intercepter des missiles à mi-vol ou à l'étape finale du vol.

D'autres sites d'emplacement serviraient aux missiles Patriot, qui sont conçus pour frapper les avions ennemis, les avions téléguidés et les missiles de croisière juste avant l'impact.

L'armée américaine accroît sa présence au Guam après que les alliés des États-Unis dans le Pacifique – les Philippines, la Thaïlande, l'Australie, la Corée du Sud et le Singapour – aient rejeté la demande de déploiement permanent de troupes américaines sur leur sol.

Il y a déjà des inquiétudes à propos des plans de transformer Guam en une « base militaire multiservices ». Certaines des zones que les États-Unis veulent transformer en champs de tir incluent des zones boisées de calcaire vierge et, pour les construire, il faudra détruire des arbres de la forêt naturelle, selon le biologiste Jeffrey Quitugua.

Judith Guthertz, une sénatrice à la législature de Guam qui préside le comité sur le renforcement militaire, se dit préoccupée par la réforme ou l'expropriation de terres. C'est un sujet sensible pour la population de Guam à cause de ce qui est arrivé après la Deuxième Guerre mondiale, lorsque le gouvernement a exproprié beaucoup de terres au Guam. Elle a dit en entrevue à Kyoto News qu'elle ne veut pas que cela se répète.

Henry Simpson, directeur général de la Guam Racing Federation, a dit que l'armée américaine planifie de prendre possession de sa piste de course sans même le consulter.

Paul Shintaku, le directeur de la Guam Buildup Office, attaché au bureau du gouverneur du Guam, a dit que des consultations publiques ont lieu en janvier pour informer le public du projet d'expansion.

Le gouvernement du Guam raille les craintes que le projet pourrait faire de l'île une cible d'attaques par les ennemis des États-Unis.

Une porte-parole de Shintaku a dit : « Je ne le vois pas comme si nous nous mettions un gros cercle rouge sur nous. Bien sûr que nous avons cette lumière rouge, ce cercle rouge autour de nous... mais il y a une dissuasion. »

(Kyodo News Agency)

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Guantanamo

Obama a raté son objectif de fermer
la prison en janvier

Le plan du président des États-Unis, Barack Obama, de fermer en janvier la prison de Guantanamo – située sur un territoire cubain occupé militairement – a subi un revers important au Congrès. Les législateurs ont refusé d'affecter les fonds nécessaires dans le cadre de l'adoption d'un projet de loi sur les dépenses militaires approuvé par le Congrès le 19 décembre et qui aurait permis au gouvernement fédéral d'acheter une prison à sécurité maximale presque vide située en Illinois, pour y loger certains détenus.

Cela a pour résultat que Guantanamo ne sera pas fermée avant 2011, au plus tôt, selon un rapport publié dans le New York Times. Obama s'était engagé à fermer le centre de détention le 22 janvier 2010, mais il a reconnu en novembre qu'il ne pourrait respecter l'échéance, fixée peu après son assermentation.

Fermer Guantanamo est « techniquement difficile », a dit Obama lors d'une entrevue avec Fox News, le mois dernier. La semaine dernière, le service de nouvelles Truthout rapportait qu'Obama a donné la directive au procureur général, Eric Holder, d'« acquérir et activer » aussi « promptement que possible » le centre correctionnel Thomson, à Thomson, Illinois.

Obama a aussi demandé au secrétaire de la Défense, Robert Gates, de travailler avec Holder afin de préparer Thomson « pour y loger de manière sécuritaire des détenus [de Guantanamo] qui ont été ou qui seront désignés pour la relocalisation et les relocaliser à » la prison en Illinois.

Le Times a rapporté que « des fonctionnaires estiment que cela pourrait prendre de 8 à 10 mois pour y installer une nouvelle clôture, des miradors, des caméras et autres améliorations à la sécurité avant que tout transfert n'ait lieu. Ces travaux ne peuvent commencer que lorsque le gouvernement aura acheté la prison de l'État de l'Illinois. »

Le Bureau fédéral des prisons n'a pas suffisamment d'argent pour payer l'Illinois pour le centre, qui coûterait environ 150 millions $. Il y a plusieurs semaines, la Maison Blanche a approché le Comité de la Chambre à l'affectation des crédits et a lancé l'idée d'ajouter environ 200 millions $ à la loi sur les dépenses militaires pour l'année fiscale 2010, selon des fonctionnaires de l'administration et du Congrès. Le plan d'Obama de fermer, un an après son entrée en fonction, Guantanamo que l'Union américaine des libertés civiles a qualifié de symbole du « non-respect américain de la loi et de la violation des droits humains », s'est avéré beaucoup plus difficile que lui ou son administration n'avait anticipé et aurait joué un rôle important dans la démission du conseiller à la Maison Blanche, Greg Craig.

(Radio Havana Cuba)

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Iran

Les services de renseignements américains
ont conclu à un document nucléaire forgé

Le service de renseignement américain a conclu que le document publié récemment par le Times of London, qui décrit un soi-disant plan iranien visant à faire des expériences sur ce que le journal décrit comme un « initiateur à neutrons » d'une arme atomique, est une fabrication, d'après un ancien fonctionnaire de la Central Intelligence Agency (CIA).

Philip Giraldi, qui était un agent du contre-terrorisme de la CIA, de 1976 à 1992, a déclaré à IPS que les sources de renseignements disent que les États-Unis n'avaient rien à voir avec la fabrication du document forgé et qu'Israël était le principal suspect. Cependant les sources n'excluent pas un rôle britannique.

Le reportage du Times of London publié le 14 décembre ne précise pas la source du document. Mais il cite « une source de renseignement asiatique » – un terme que certains médias utilisent pour décrire des agents de renseignement israéliens – confirmant que son gouvernement estime que l'Iran travaillait sur un initiateur à neutrons aussi récemment qu'en 2007.

L'histoire du prétendu document iranien a déclenché une nouvelle série d'appels aux États-Unis et en Europe en faveur du renforcement des sanctions contre l'Iran et un renouvellement des menaces d'Israël d'attaquer des cibles nucléaires en Iran si la diplomatie échoue.

Les services de nouvelles des États-Unis ont créé l'impression que les analystes du renseignement américain n'ont pas tranché quant à l'authenticité du document, bien qu'ils aient maintenant eu une année complète pour évaluer la question.

Les sources de renseignement de Giraldi n'ont pas révélé toutes les raisons qui ont mené les analystes à conclure que le supposé document sur l'Iran avait été fabriqué par une agence de renseignements étrangers. Mais leurs soupçons de fraude ont été motivés en partie par la source de la nouvelle, selon Giraldi.

« La chaîne de Rupert Murdoch a largement été utilisée pour publier de faux renseignements provenant des Israéliens et occasionnellement du gouvernement britannique », a dit Giraldi.

The Times fait partie de l'empire de presse Murdoch qui comprend le Sunday Times, Fox News et le New York Post. Tous les médias appartenant à Murdoch rapportent les nouvelles sur l'Iran sous un angle pro-israélien.

Également, le document lui-même révèle un certain nombre d'indices suggérant une fraude éventuelle ou probable.

Le sujet du document de deux pages que le Times a publié en traduction anglaise serait hautement confidentiel en vertu du système de sécurité de tout État. Pourtant, il n'y a aucune mention de confidentialité sur le document, comme le montre la photographie en langue originale persane publiée par le Times.

L'absence de marquages de sécurité a été cité par l'ambassadeur iranien à l'Agence internationale de l'énergie atomique, Ali Asghar Soltanieh, comme preuve que les documents de « prétendues études », qui auraient été volés à partir d'un prétendu programme iranien lié aux armes nucléaires au début de cette décennie, sont des faux.

Le document n'a pas non plus d'information qui identifie le bureau d'émission ou les destinataires prévus. Le document fait de vagues allusions au « Centre », à l'« l'Institut », au « Comité » et au « groupe neutrons ».

L'extrême imprécision du document sur les institutions ne semble pas correspondre à la réalité concrète de ces plans, qui exigent l'embauche de huit personnes pour des tâches différentes pour un nombre très précis d'heures dans un délai de quatre ans.

Si l'on inclut dans un document le marquage de sécurité et de l'identification de telles informations, cela augmente la probabilité d'erreurs qui révélerait au grand jour la fraude.

L'absence de date sur le document contredit la spécificité d'une grande partie de l'information. Le Times a rapporté que « des agences de renseignement étrangères » non identifiées avaient daté le document du début de 2007, mais ne donne aucune justification.

Un motif évident pour suggérer la date de début 2007 est qu'il discréditerait la National Intelligence Estimate (NIE) produite en novembre 2007 par la communauté de services de renseignements des États-Unis, qui a conclu que l'Iran avait interrompu le travail non identifié sur les armes nucléaires et n'avait pas repris à compter de la date de l'évaluation.

Discréditer le NIE a été un objectif majeur du gouvernement israélien durant les deux dernières années et les gouvernements britannique et français ont soutenu l'effort israélien.

La principale raison de suspecter que le document est une fraude est sa tentative évidente de laisser entendre que l'Iran s'est livré dans le passé à des expériences liées à un initiateur à neutrons. Après avoir proposé des expériences sur la détection des neutrons pulsés, le document fait allusion à « des endroits où de telles expériences étaient auparavant effectuées ».

Cette référence va dans le sens de l'idée largement répandue, qui a été adoptée par l'Agence internationale de l'énergie atomique, que l'Iran avait mené des expériences avec le polonium-210 dans les années 1980, ce qui indique un intérêt pour les initiateurs de neutrons. Dans les rapports de 2004 à 2007, l'AIEA y fait mention de sa conviction que l'expérience avec le polonium-210 avait un intérêt potentiel dans la fabrication d'un « initiateur à neutrons dans certains modèles d'armes nucléaires ».

Le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), le bras politique de l'organisation terroriste des Moudjahidine-e Khalq, a prétendu en février 2005 que la recherche sur le polonium-210 se poursuivait en Iran et qu'elle serait bientôt en mesure de fabriquer un initiateur à neutrons pour une arme nucléaire.

Sanger et Broad étaient si convaincus que les expériences sur le polonium-210 prouvaient l'intérêt de l'Iran pour un initiateur à neutrons qu'ils se réfèrent dans leur article sur la fuite du document à la fois aux rapports de l'AIEA sur les expériences dans les années 1980 et à prétention du CNRI sur la poursuite de travaux iraniens sur une telle amorce nucléaire.

Ce que Sanger et Broad ont cependant omis de rapporter est que l'AIEA a reconnu qu'elle s'était trompée dans son évaluation antérieure, selon laquelle les expériences sur le polonium-210 étaient liées à un initiateur à neutrons.

Après avoir vu la documentation complète sur le projet original, y compris des copies complètes du journal de bord du réacteur pendant toute la période, l'AIEA a conclu, dans son rapport du 22 février 2008, que les explications de l'Iran pour son projet avec le polonium-210 était de la recherche fondamentale dans le but éventuel d'application possible à des piles de radio-isotopes et était « conforme aux conclusions de l'Agence et d'autres informations à sa disposition ».

Le rapport de l'AIEA dit que la question du polonium-210 – et donc le soupçon antérieur d'un intérêt iranien à l'utiliser comme un initiateur à neutrons pour une arme nucléaire – est maintenant considérée comme « non plus pertinente ».

Les journalistes David Sanger et William J. Broad du New York Times ont rapporté que les responsables du renseignement américain ont dit que les analystes du renseignement « n'ont pas encore authentifié le document ». Sanger et Broad expliquent cependant cet échec à l'authentifier par une prudence excessive remontant à l'époque où la CIA avait échoué à identifier comme une contrefaçon le document tendant à démontrer un effort irakien pour acheter de l'uranium au Niger.

Joby Warrick du Washington Post a rejeté la possibilité que le document pourrait être jugé frauduleux. « Il n'existe aucun moyen d'établir l'authenticité ou la source originale du document ... », écrit Warrick.

Mais la ligne que la communauté du renseignement l'avait authentifié reflète évidemment le désir de l'administration de Barack Obama de ne pas se priver d'une histoire qui appuie ses efforts pour obtenir le soutien russe et chinois pour le renforcement des sanctions contre l'Iran.

Ce n'est pas la première fois que Giraldi a été averti par ses sources de renseignement sur des documents falsifiés. Giraldi a identifié l'individu ou le bureau chargé de créer les deux plus fameux faux documents dans l'histoire récente du renseignement américain.

En 2005, Giraldi a identifié Michael Ledeen, l'ancien consultant de l'extrême-droite auprès du Conseil national de sécurité et le Pentagone, comme l'auteur de la lettre falsifiée tendant à montrer l'intérêt irakien pour l'achat d'uranium du Niger. Cette lettre a été utilisée par l'administration de George W. Bush pour soutenir sa thèse erronée selon laquelle Saddam Hussein avait en marche un programme d'armes nucléaires.

Giraldi a également identifié les fonctionnaires du « Bureau des régimes spéciaux » qui ont travaillé pour le sous-secrétaire pour la politique à la Défense, Douglas Feith, comme ayant falsifié une lettre prétendument écrite par le directeur du renseignement de Saddam Hussein, Tahir Jalail Habbouch al-Tikriti, à Hussein lui-même, se référant à une opération de renseignement de l'Irak afin d'organiser la livraison d'une cargaison non identifiée en provenance du Niger.

* Gareth Porter est historien et journaliste d'enquête spécialisé en politique américaine en matière de sécurité nationale. L'édition de poche de son dernier livre, « Perils of Dominance : Imbalance of Power and the Road to War in Vietnam », a été publiée en 2006. Cet article est traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste.

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