Le Marxiste-Léniniste

Numéro 5 - 8 janvier 2010

Amérique latine et Caraïbes

Non à l'impunité des forces oligarchiques!
Défendons la souveraineté des peuples!

Salvador
Une autre activiste opposée à l'activité minière irresponsable assassinée

Paraguay
Coup d'État éventré
Alerte! Coup d'État en vue - Nidia Diaz, Granma International

Venezuela
Des preuves solides d'incursions américaines à partir de Curaçao

Bolivie
Les relations avec les États-Unis doivent être fondées sur le respect de la souveraineté, dit le vice-président

Haïti
Sur le chemin d'élections douteuses - Déclaration du Réseau de solidarité Canada Haïti

2009 en revue
Appuyons l'essor anti-impérialiste en Amérique latine

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Salvador

Une autre activiste opposée à l'activité
minière irresponsable assassinée

Le Marxiste-Léniniste condamne la violence contre les militants opposés à l'activité minière irresponsable en Amérique latine, impliquant souvent des entreprises ayant un lien avec le Canada. Selon les derniers rapports en provenance du Salvador, une autre militante opposée à l'activité minière, Dora « Alicia » Recinos Sorto, a été assassiné dans le département de Cabañas le 26 décembre. Âgée de 32 ans et enceinte de 8 mois, Alicia a été abattue par des tueurs à gages alors qu'elle rentrait de faire la lessive à la rivière. Cela fait suite à l'assassinat l'année dernière de deux autres personnes militant contre les activités minières : Ramiro Rivera, abattu dans une embuscade le 20 décembre dernier, et Marcelo Rivera, disparu, torturé et finalement retrouvé mort en juin 2009.

Nous publions ci-dessous un rapport par Jason Wallach basé sur les dossiers de Hector Berrios au Salvador.

Des tueurs à gages assassinent une activiste ;
la violence à la défense des entreprises minières persiste

- Jason Wallach de Upsidedownworld.org, le 27 décembre 2009 -

Dora "Alicia" Recinos Sorto

Six jours après que des hommes lourdement armés aient enlevé la vie à un militant anti-minière respecté dans le département de Cabañas, au Salvador, une autre dirigeante communautaire bien connue a été assassinée. Le 26 décembre à 15 h 30, Dora « Alicia » Recinos Sorto , 32 ans, a été tuée alors qu'elle rentrait de faire la lessive à la rivière près de son domicile, dans le canton de Trinidad, dans la municipalité de Sensuntepeque, Cabañas. « Alicia », comme elle était connue de ses amis, transportait un de ses enfants dans ses bras lorsqu'elle a été abattue. L'enfant a reçu une balle dans le pied et est soigné à l'hôpital.

Depuis 2005, beaucoup d'habitants de Cabañas comme Recinos Sorto participent à une lutte acharnée contre la réouverture de la mine d'or El Dorado de la société canado-étasunienne Pacific Rim Mining Company. L'année dernière, le président sortant, Tony Saca, a réagi à la pression locale et a refusé d'acquiescer aux demandes de permis d'extraction de la société minière. Les activistes craignent que le redémarrage de la mine vienne mettre en péril l'approvisionnement local en eau et détruire leur capacité agricole. Des partisans de l'ouverture, surtout des employés de Pacific Rim et leurs familles, voient la renaissance de la mine comme une source d'emplois et de développement économique.

Alicia Recinos Sorto  et son mari, José Santos Rodriguez, étaient membres actifs du Comité environnemental de Cabañas (CEC). Santos Rodriguez est titulaire d'un poste au conseil du CEC et a été attaqué à coups de machette pour ses vues anti-minières en mai 2008. Selon Hector Berríos de MUFRAS-32, Alicia, qui est maintenant décédée, a récemment déclaré à ses collègues de la CEC que des hommes armés s'étaient présentés au domicile du couple, à la recherche de son mari. Elle a dit qu'il n'était pas présent à ce moment-là.

Le meurtre de Recinos Sorto a secoué Cabañas, une région qui vient à peine de se remettre de la mort, le 20 décembre, du vice-président du CEC, Ramiro Rivera. Rivera avait été la cible d'une attaque et était sous la protection de la police au moment de son assassinat. La présence de la police, cependant, n'a pas dissuadé les tueurs à gages, qui ont conduit leur véhicule jusque tout près de celui de la camionnette de Rivera pendant qu'il conduisait et l'ont tiré à plusieurs reprises dans la tête et la poitrine. Un passager à bord de la camionnette de Rivera a été tué et une adolescente a été blessée. Selon elfaro.net, un quatrième passager a échappé à la mort en courant dans les bois.

Les informations contenues dans cette dépêche sont tirées d'un rapport de Hector Berrios, MUFRAS-32, de rapports précédents d'UDW et de la presse salvadorienne des dernières années.

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Paraguay

Coup d'État éventré

Le 4 janvier, la députée parlementaire du Paraguay Désirée Masi a accusé l'ancien général Lino Oviedo de fomenter un coup d'État contre le gouvernement de Fernando Lugo, rapporte Prensa Latina.

La députée de l'Alliance patriotique pour le changement a également confirmé qu'un groupe au sein du Parti Colorado, dirigé par le sénateur Juan Carlos Galaverna, a participé à la conspiration, selon le quotidien Ultima Hora.

Masi a ajouté que le complot est à l'origine de la prétendue crise politique qui a secoué le Paraguay suite au jugement controversé de la Cour suprême à l'effet de rétablir dans leur fonction deux de ses juges, Bonifacio Rios et Carlos Fernandez Gadea, renvoyés en 2003 suite à un procès politique.

Dans ce contexte, le président Lugo a catégoriquement réfuté « toute insinuation d'ingérence par l'exécutif dans les compétences d'autres pouvoirs d'État ».

Un article paru dans le La Nación note par ailleurs que le Parti Colorado bénéficierait du retour des deux juges, puisqu'ils en sont membres.

(Granma International)

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Alerte! Coup d'État en vue

Il était prévisible que la vraie bataille de l'ancien évêque Fernando Lugo allait commencer le jour où il assumait la présidence le 15 août 2008. Le revers électoral subi par les forces du Parti Colorado, après plus de 60 ans au pouvoir, n'allait pas en faire une opposition constructive ; bien au contraire, elles ont sorti des vieux tiroirs leur arsenal de calomnie et de dénigrement et ont recouru à mille et une manoeuvres pour déloger Lugo.

Elles avaient en cela l'appui de l'oligarchie foncière et des chefs d'entreprises qui se sont enrichis par la contrebande et ont recouru aux vieilles méthodes de fraude électorale pour reprendre le pouvoir corrompu et violent.


Le 15 août 2008: Fernando Lugo est assermenté comme président du Paraguay

Il ne faut pas oublier que ce sont d'abord les hauts placés de l'establishment religieux qui se sont d'abord opposés à la candidature de Lugo. En fait, le Vatican l'a suspendu a divinis, le privant de son droit de célébrer la messe et d'administrer les sacrements, mais la majorité appauvrie réclamait son bon berger, l'« évêque des pauvres » comme on l'appelle, le seul homme qui saurait les affranchir de tant d'injustice.

Pour s'acquitter de ce mandat, Fernando Lugo a pris la tête de l'alliance patriotique pour le changement (APC), constituée d'un grand nombre de mouvements et de partis, dont le Parti libéral radical authentique (PLRA), les Démocrates chrétiens, la Rencontre nationale, País Solidario, le Parti du mouvement vers le socialisme (P-MAS), le Mouvement Tekojoja, le Bloc national et populaire, le Mouvement national de résistance des citoyens et le Mouvement de la force républicaine. Il devait également assigner la vice-présidence à Federico Franco du PLRA, le seul parti d'opposition autorisé durant la dictature d'Alfredo Stroessner. Franco s'est publiquement engagé à remplacer Lugo si la droite corrompue parvient à le déloger.

Ce n'est pas une coïncidence si après le coup d'État perpétré contre le président José Manuel Zelaya au Honduras, avec l'appui et la complicité cynique du gouvernement étasunien, les forces de la droite oligarchique et corporative du Paraguay est prête à rejouer le même scénario rédigé par Washington, avant tout parce que l'ancien évêque a exprimé son intention d'adhérer à l'ALBA (Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique), un mécanisme d'intégration, de solidarité et de coopération qui fait perdre le sommeil aux extrémistes de droite yankee.

Par ailleurs, l'administration du président Fernando Lugo se donne comme priorité de garantir à tous des services publics gratuits et de qualité, notamment dans la santé et l'éducation ; d'initier un processus de fermeture et d'expulsion des bases militaires étasuniennes ; et d'accepter la demande populaire d'amorcer une réforme constitutionnelle pour aiguillonner son projet de changement social.

L'administration Lugo n'a pas été caractérisée par la rapidité des prises de décision pour supprimer l'appareil de corruption et de copinage qui a caractérisé l'État paraguayen, ni par la radicalisation de sa plate-forme électorale.

Tout comme au Honduras, la moindre atteinte à l'appareil provoque des levées de boucliers chez les partis oligarchiques et traditionnels, qui ne sont pas disposés à céder leurs privilèges et intérêts, et surtout à provoquer la colère de leur voisin du nord par une défense de la souveraineté nationale et du droit à l'autodétermination.

En ce sens, certaines des mesures prises par le gouvernement du président Fernando Lugo les ont irrités. Nous faisons allusion notamment au recensement des exploitations agricoles qui, dans le cas du Paraguay, sont contrôlées par des hommes armés à la solde des propriétaires fonciers brésiliens qui se sont emparés de ces terres par des moyens détournés et l'éviction forcée, dans la plupart des cas.

En septembre dernier, le président a annulé les exercices militaires sous le nom euphémique « New Horizon », avec la participation de 500 soldats étasuniens et un nombre égal de ressortissants paraguayens. Lugo avait signalé qu'il ne serait pas prudent de participer à de tels exercices, car ils pourraient être contestés par « les pays frères du MERCOSUR, à un moment où l'opposition régionale à l'expansion et à la création de sept bases militaires étasuniennes en Colombie est en voie de mener à la confrontation.

L'ambassadrice des États-Unis à l'Asuncion, Liliana Halladle, a dit « regretter » la décision du gouvernement paraguayen et a exprimé, sur un ton menaçant, l'« espoir » que la décision n'affecte pas les autres programmes que le puissant voisin du nord maintient dans ce pays. Typique chantage yankee.

Or, ces gestes ont suffit à provoquer la mobilisation des alternatives anti-Lugo préparées durant l'année par les forces fascistes et de droite qui n'ont pas été enterrées avec le dictateur Stroessner. Tous ces complots visent à le renverser, que ce soit par la force ou par un coup « institutionnel » par l'entremise de l'appareil législatif, présentement contrôlé par les libéraux, les Rouges et les Rouges « éthiques » du général Lino Oviedo.

Ces manoeuvres ne sont pas passées inaperçues par l'ancien évêque, qui n'a pas cessé de les dénoncer devant l'opinion publique nationale et internationale, et qui a même exprimé devant le corps diplomatique accrédité au Paraguay qu'« il y a eu de nombreuses tentatives de coup d'État contre moi depuis que j'ai assumé le pouvoir ».

À la fin de l'année, les campagnes anti-Lugo pourraient se résumer à trois, mais elles recèlent toutes le désir des forces de la droite de le déloger parce qu'elles craignent qu'il accélère l'appui aux mouvements sociaux. Nous faisons allusion à l'enlèvement de l'agriculteur Fidel Zavala, que l'oligarchie civilo-militaire a utilisé comme prétexte pour accuser le gouvernement de ne rien faire face à une prétendue guérilla appelée « Armée populaire du Paraguay ».

De même, des accusations de corruption sont portées contre Lugo à l'assemblée législative en rapport avec l'achat de terres que le gouvernement veut remettre aux familles paysannes et il y a également un scandale à propos de cas de paternité, le tout ayant comme objectif de le discréditer. Il faut se rappeler qu'au Sénat seuls deux des 45 sénateurs voteraient en faveur du président et qu'il y a à peu près le même rapport de forces à la Chambre des députés. Les forces de droit ont donc suffisamment de votes pour le destituer par un procès politique.

Toutefois, devant ce scénario de confrontation, le président Lugo a appelé les partis de la gauche à coordonner un nouveau bloc politique non seulement en appui au gouvernement, mais surtout et d'abord en appui aux programmes qui profiteraient aux pauvres. Selon les observateurs nationaux, cette nouvelle alliance rejoint des organisations paysannes et permet de resserrer les rangs et d'écarter la possibilité d'un tel procès politique.

Il s'agit de créer un front de la résistance, la seule garantie contre le pouvoir de facto qui est à l'oeuvre et qui est encouragé par l'impunité avec laquelle ces mêmes forces, avec l'appui de Washington, ont agi au Honduras.

L'année à venir sera décisive pour le Paraguay. Le brouillard s'est dissipé et les forces de droite sont disposées à renverser Fernando Lugo, mais pas seulement lui : elles veulent renverser tout ce qui représente un changement par rapport au vieux modèle politique corrompu qui leur a garanti privilèges et avantages pendant plus de six décennies.

(Traduit de l'espagnol par Le Marxiste-Léniniste)

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Venezuela

Des preuves solides d'incursions américaines
à partir de Curaçao

Le gouvernement du Venezuela s'appuie sur des preuves solides pour confirmer l'accusation portée par le président Hugo Chavez concernant l'utilisation de l'île de Curaçao pour mener des opérations militaires, ce qui pose une menace à la souveraineté du Venezuela.

La déclaration a été faite par le vice-président de la République bolivarienne du Venezuela, Ramon Carrizalez, lors d'une cérémonie à laquelle le navire-école Simon Bolivar quittait l'État vénézuélien de Vargas vers le Brésil, pour participer à la course des voiliers d'Amérique du Sud, du 31 janvier au 5 février.

« Le 17 mai 2009, un avion de guerre appartenant aux États-Unis provenant de Curaçao a violé notre espace aérien et une zone d'exclusion aérienne, car c'est la base aérienne de La Orchila. Nous avons enregistré les entretiens entre la tour de contrôle et l'avion, au cours desquels l'équipage s'est fait demander s'il avait l'autorisation de voler dans la zone et quelles étaient les raisons de l'incursion. Nous avons aussi les trajectoires de vol et nous les offrons afin de prouver que Curaçao est en effet utilisé pour violer la souveraineté du Venezuela », a affirmé Carrizalez.

En outre, il a souligné qu'il est nécessaire de rappeler au peuple vénézuélien cet événement, malgré les tentatives du gouvernement colombien et des médias colombiens et vénézuéliens de le banaliser.

S'adressant à l'équipage du navire-école Simon Bolivar, le vice-président Carrizalez a dit qu'il s'agit d'un navire « essentiellement constitué de cadets, et vous êtes les jeunes qui entreprennent aujourd'hui un périple pour représenter dignement le Venezuela en tant que messagers de la paix ».

(Agencia Bolivariana de Noticias)

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Bolivie

Les relations avec les États-Unis doivent être fondées sur le respect de la souveraineté, dit le vice-président


Le vice-président bolivien
Alvaro Garcia Linera

Le gouvernement bolivien a dit le 4 janvier qu'il refuse de répondre aveuglément aux désirs des États-Unis en matière économique et politique.

Le vice-président bolivien Alvaro Garcia Linera a dit que comme La Paz a voulu rétablir ses relations diplomatiques avec Washington, fondé sur le respect mutuel, elle ne doit pas pour autant devenir un esclave des États-Unis, qu'il a décrit comme « la puissance et le marché les plus importants du monde ».

Dans une entrevue à la Radio Erbol, la radio nationale de la Bolivie, Garcia a déclaré que, dans le passé, la Bolivie avait été « le plus subordonné » des pays d'Amérique latine envers les États-Unis. « Nous ne voulons pas d'un marché en échange d'eux [les Américains] qui nous disent qui doit être le maître. Nous ne voulons pas d'avantages fiscaux en échange d'eux qui nous disent ce que doit être notre politique économique, parce que cela ferait de nous à nouveau un esclave et une colonie », a déclaré Garcia.

Selon lui, le président des États-Unis Barack Obama, comme son prédécesseur George W. Bush, suit « une forte politique guerrière » qui ne permet pas d'améliorer les liens entre les deux pays. « Quand il [Obama] apprendra à reconnaître que le monde est une communauté d'États souverains, qui sont volontairement indépendants, nous aurons de meilleurs relations avec les États-Unis », a déclaré Garcia. Il a ajouté que la Bolivie est ouverte à l'idée d'établir des relations avec tous les pays dans le monde fondés sur le respect mutuel de la souveraineté.

Les relations entre les États-Unis et la Bolivie ont été gelées depuis septembre 2008, quand La Paz a expulsé l'ambassadeur Philip Goldberg pour ingérence dans les affaires intérieures, et Washington a pris des mesure de représailles. Cet incident a également eu des conséquences dans le domaine commercial, l'administration Obama ayant décidé de proroger la suspension d'avantages fiscaux à la Bolivie dans le cadre du Andean Trade Promotion and Drug Eradication Act. L'ancien président américain Bush a suspendu les avantages à la Bolivie parce que, selon lui, ce pays sud-américain n'avait pas suffisamment contribué à la lutte contre le trafic des narcotiques.

(Xinhua)

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Haïti

Sur le chemin d'élections douteuses

Le Réseau de solidarité Canada Haïti exprime sa profonde inquiétude quant à la décision arrêtée par le Conseil Électoral Provisoire d'Haïti (CEP) d'exclure sous de fallacieux prétextes le parti Fanmi Lavalas des prochaines élections législatives. Ces élections devront se tenir, selon le calendrier officiel, le 28 février 2010. En effet, et pour respecter les prescrits de la Loi fondamentale haïtienne, des élections sont requises pour combler les sièges vacants au Sénat et à la Chambre des députés.

Selon plusieurs rapports de presse, plus d'une douzaine de partis et regroupements politiques légalement constitués et qui devraient normalement participer à la prochaine compétition, ont été déclarés hors-jeu.

Le 16 décembre 2009, des milliers d'Haïtiens ont participé à une vibrante manifestation pour protester contre l'exclusion de Fanmi Lavalas. La docteure Maryse Narcisse, membre du Comité exécutif de ce parti, déclarait à l'agence Reuters : « Les autorités de ce pays projettent avec un cynisme consommé d'organiser en février 2010 une gigantesque mascarade, car il n'y aura pas d'élections, mais bien une sélection. »

Déjà, plusieurs mouvements de protestation, émanant des organisations populaires, comme le tout nouveau Rassemblement des organisations pour le changement (ROC), se dessinent à l'horizon.

Pour justifier son infâme décision, le CEP soutient que le mandat d'enregistrement des candidats soumis par le représentant national (leader) de Fanmi Lavalas, Jean-Bertrand Aristide, qui est en exil en Afrique du Sud, n'est pas authentique. Pour être clair, le mandataire a déposé un faux au CEP. En réalité, le parti Lavalas a effectivement soumis l'original du mandat authentifié par un notaire haïtien conformément à la législation du pays. De plus, le président Aristide a fait parvenir directement au CEP une télécopie du mandat et confirmé son authenticité dans une rare et longue entrevue accordée à Radio-Solidarité de Port-au-Prince.

Non sans une certaine ironie, un des partis politiques agréés par le CEP se trouve être le Front pour la reconstruction nationale du fameux seigneur de guerre Guy Philippe. Ce paramilitaire qui a conduit la rébellion de 2004, fait face à une accusation par une Cour de justice américaine de trafic de drogue et de blanchiment d'argent depuis 2005.

C'est donc la seconde fois cette année que le parti Fanmi Lavalas est écarté des élections par le CEP. En effet, la première éviction eût lieu à l'occasion des législatives tenues en deux tours avril et juin 2009 pour le renouvellement d'un tiers du Sénat (11 sièges). L'électorat a scrupuleusement suivi le mot d'ordre du boycottage de ces joutes lancé par Fanmi Lavalas. Tous les observateurs nationaux et étrangers s'accordent pour estimer à autour de 3 % le taux de participation. Malgré ce déficit de légitimité, les sénateurs « élus », provenant majoritairement de la plateforme électorale du président Préval, l'Espwa, ont été assermentés.

Fanmi Lavalas, fondé en 1996, est de loin le parti politique le plus représentatif d'Haïti, après son écrasante victoire à la législative et présidentielle de l'année 2000. Il a été consacré dernièrement par Reuters comme « la force politique la plus populaire d'Haïti ». Cette opération bricolée dans la confusion, l'arrogance et l'exclusion qu'on appelle abusivement élection en Haïti, ressemble à s'y méprendre à ce qu'on a vu récemment au Honduras et en Afghanistan et qui a pour but de rendre acceptables et politiquement corrects les coups de force.

Toute forme d'exclusion dans une élection qui est par essence une compétition saine et loyale où la majorité exprime ses choix ne fera que perpétuer cette situation d'illégalité et d'inconstitutionnalité dans laquelle se trouve le pays depuis février 2004 et fragiliser encore plus les institutions.

Rappelons que le 29 février 2004, le président Aristide a été renversé par un coup d'État dirigé par les paramilitaires de Guy Philippe, soutenus par les forces armées des États-Unis, de la France et du Canada. Les forces spéciales américaines embarquèrent le président Aristide pour l'exil, tous les élus haïtiens furent révoqués, persécutés emprisonnés et les militants Lavalas impitoyablement massacrés par les forces occupantes et par le régime intérimaire de Gérard Latortue. L'élite économique du pays dont la rapacité est proverbiale paniqua devant les timides avancées des politiques de justice sociale préconisées par Lavalas comme le salaire minimum. Elle prit carrément peur et sa réponse fut comme en 1991 rapide brutale et sanglante.

Haïti est actuellement occupée par une force de 10 000 soldats des Nations unies composée de militaires et de policiers communément appelée MINUSTAH.

Selon la constitution de 1987, le Conseil électoral est une institution permanente et indépendante chargée d'organiser et de contrôler toute opération électorale. Il comprend neuf membres émanant d'une liste soumise par les assemblées départementales, dont trois sont choisis par l'Exécutif, trois par l'Assemblée nationale et trois par la cour de Cassation. Or, le Conseil électoral actuel est un organisme provisoire légalement limité, car formé par le président Préval avec les représentants de différents secteurs de la société, en dehors des prescrits constitutionnels.

Sans trop de surprise, la MINUSTAH a approuvé les élections d'avril et de juin 2009 et, bien sûr, le Canada, la France et les États-Unis les ont approuvées à leur tour. Il faut savoir que ces trois pays avec l'Union européenne ont contribué une somme de $12 millions pour les organiser et un montant de $18 millions est prévu pour la sélection de 2010. Avec le sérieux qui le caractérise, l'expert indépendant des Nations unies pour les droits humains en Haïti, Michel Forst, lâcha le 30 novembre 2009 devant la presse ébahie cette formule pour le moins provocante : « Le CEP ne peut avoir que de bonnes raisons d'exclure un parti politique du processus. »

Quant au premier ministre Jean-Max Bellerive, dans une entrevue du 18 décembre 2009, pince-sans-rire, il rajoutait : « Le CEP a expliqué ses raisons, je crois qu'elles sont très bonnes, car sur le plan juridique elles sont non seulement conformes à la loi, mais conformes à la mission du conseil. »

Les signataires de cette communication demandent instamment et dans la plus grande urgence à tous de poser en solidarité avec le peuple haïtien les gestes suivants :

1. Appelez, écrivez à vos élus, au ministère des Affaires étrangères et à la MINUSTAH pour leur demander de ne pas endosser le processus électoral antidémocratique mis en place par le gouvernement haïtien. Leur demander également que le parti Fanmi Lavalas soit autorisé à participer à ces joutes électorales qui doivent être libres et honnêtes (pour le Canada voir une liste jointe).

2. Demandez au gouvernement haïtien de faciliter le retour du président Aristide en Haïti et prendre toutes les mesures pour assurer sa sécurité.

3. Finalement, demandez que l'aide économique étrangère promise à Haïti pour reconstruire son économie ravagée ainsi que ses infrastructures soit disponible dans l'immédiat, car moins de 5 % des $760 millions promis à la conférence internationale des bailleurs tenue aux Nations unies en avril 2009 ont été effectivement décaissés. Des montants encore plus importants devront être mis à la disposition d'Haïti afin de réparer les dégâts incommensurables provoqués par le coup d'État de 2004.

Pour plus d'informations sur les élections haïtiennes de février 2010 et sur Haïti veillez consulter les liens suivants :

* http ://www.miamiherald.com/opinion/other- view/v-print/story/1376563.html
* http ://canadahaitiact ion.ca

Haiti Solidarity BC (Vancouver) : 778 858 5179
Toronto Haiti Action Network 416 731 2325

.
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2009 en revue

Appuyons l'essor anti-impérialiste en Amérique latine

Construction de l'Alternative bolivarienne
pour les peuples des Amériques



Haut : Session extraordinaire de l'Alternative bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA), le 17 avril
2009, avant le Sommet des Amériques de Port-d'Espagne, Trinité. Centre à droite : Solidarité avec Cuba au IVe sommet
des peuples des Amériques, également tenu à Trinité, le 18 avril 2009. Bas à gauche : Le président cubain Raul
Castro accueille la ministre constitutionnelle des Affaires étrangères du Honduras Patricia Rodas le 13 décembre
2009. À droite : Le président vénézuélien Hugo Chavez, le président cubain Raul Castro et le président bolivien
Evo Morales à la session finale du Sommet le 14 décembre 2009.

Venezuela: Consolidation de la Révolution bolivarienne

Caracas, Venezuela, le 15 février : Le président Hugo Chavez et ses supporters célèbrent l'approbation
de l'amendement constitutionnel abolissant la limite de deux mandats pour les élus.




Les Vénézuéliens célèbrent le 7e anniversaire de la défaite du coup d'État d'avril 2002 à Caracas le
13 avril. Sur la bannière : « Souvenons-nous d'avril ! »


Salvador: Les forces populaires font des gains importants
aux élections législatives, municipales et présidentielles



Haut : Des supporters du FMLN manifestent le 19 janvier à San Salvador suite à l'élection de candidats du Front
de libération Farabundo Marti (FMLN) aux élections législatives et municipales. Bas : Rassemblement de la victoire
du président du FMLN Mauricio Funes (à droite) et du vice-président Salvador Sanchez Ceren à San Salvador le 15 mars.



Bolivie: Nouvelle constitution et élections
consolident les droits à la nation


Le président bolivien Evo Morales (au centre), accompagné du vice-président Alvaro Garcia Linera (à gauche)
et du ministre des Affaires étrangères David Choquehuanca, s'adresse au rassemblement à la place Murillo à La
Paz le 25 janvier suite à la ratification de la nouvelle constitution de la Bolivie.



Le président bolivien Evo Morales s'adresse à des supporters durant une cérémonie devant le palais présidentiel à
La Paz le 14 avril 2009 suite à l'approbation par le congrès d'une nouvelle loi électorale, suite à une grève de la faim
du président Morales qui a duré presque cinq jours pour protester conter le blocage des législateurs. La nouvelle
loi garantissait des élections générales pour le 6 décembre et des élections régionales en 2010.


La Paz, Bolivie, le 6 décembre : Le président Evo Morales s'adresse à la foule rassemblée devant le palais
présidentiel après sa réélection aux élections générales.


Honduras: Militante opposition au coup d'État, répression,
élections illégitimes et ingérence des États-Unis


Suite au retrait au Costa Rica du président Manuel Zelaya par un coup d'État militaire, ses supporters sont immédiatement descendus dans la rue pour bloquer la voie aux blindés près de la résidence présidentielle à Tegucigalpa le 28 juin.


Les gens déposent des bulletins de vote symboliques pour exprimer leur appui au président Manuel Zelaya dans les
rues près de la résidence présidentielle à Tegucigalpa le 28 juin 2009. À droite : Un homme montre sa carte
d'identité après le vote symbolique.


Le président hondurien Manuel Zelaya retourne au Honduras le 21 juillet où il obtient refuge à l'intérieur
de l'ambassade du Brésil.




9 septembre, 91 jours du coup d'État.


La résistance hondurienne organise autour de la revendication populaire d'une assemblée constituante et le boycottage des élections législatives et présidentielles du 29 novembre par le régime du coup d'État.


Mexique


Manifestations à Monterrey contre l'armée mexicaine et contre la militarisation de la frontière les 17 et 19 février 2009.
Des résidents signalent que les opérations militaires contre les cartels de la drogue mettent en danger la vie des familles
et des enfants. Bas à droite : Granjeno, Texas, le 4 février 2009 : des résidents protestent contre la construction du
mur à la frontière entre le Mexique et les États-Unis.



Octobre et novembre : Grandes manifestations de travailleurs paysans, intellectuels et étudiants à Mexico en
réponse à la liquidation, le 11 octobre, de la centrale électrique Fuerza y Luz del Centro. La liquidation a entraîné
la mise à pied de 44 000 personnes.

Haîti: La crise de légitimité perdure depuis le coup d'État


Haut : Le 28 février 2009, les Haïtiens manifestent à l'occasion du cinquième anniversaire du coup d'État de 2004, exigent le retour du président Jean-Bertrand Aristide et protestent contre l'exclusion de quatre candidats du Fanmi Lavalas aux élections sénatoriales du 19 avril. Bas : Un bureau de vote en banlieue de Cité Soleil reste vide. Les élections ont fait l'objet d'un boycottage massif comme partie de la résistance organisée à un processus électoral perçu comme étant illégitime, surtout en raison de l'exclusion injustifiée des candidats du parti Lavalas. On estime qu'entre 2 et 11 % des 4,5 millions d'électeurs ont participé à l'élection.


Porto Rico


Plus de 100 000 personnes marchent dans les rues de San Juan, Porto Rico, le 5 juin pour protester contre le
licenciement de quelque 10 000 travailleurs par le gouverneur Luis Fortuno et pour défendre les droits collectifs des travailleurs et de la nation. À gauche : « À la défense de nos emplois et des droits du peuple ». À droite : « Leadership
dans la défense de la sécurité d'emploi, de la journée de travail et des salaires ». Les manifestations de masse se sont poursuivies tout au long de l'année.




Manifestation à New York le 26 mai en appui aux six indépendantistes portoricains qui ont interrompu les travaux du congrès des États-Unis le 6 mai. Sur les pancartes : « 111 années de colonisation ». Les manifestants ont chanté « Oubao Moini », une chanson basée sur un poème du militant pour l'indépendance Juan Antonio Corretjer. Les six exigeaient que le Congrès reconnaisse le droit de Porto Rico à l'autodétermination et à l'indépendance. Ils font maintenant face à des peines allant jusqu'à six ans d'emprisonnement et à des amendes de 3 000 $ pour avoir perturbé les travaux du congrès.

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