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La réforme du régime de pension
du Canada: Discutons- en!
Les plus hauts échelons politiques du pays
sont
en train de discuter de la réforme du régime des
pensions
du Canada. Les ministres des Finances du Québec, du Canada
et
des autres provinces se sont rencontrés à
Whitehorse au
Yukon à la fin-
décembre pour discuter des propositions de
réformes de pension contenues dans deux rapports qui
avaient
été commandés et des propositions d'autres
représentants de l'oligarchie financière comme
David
Dodge, l'ex-gouverneur de la Banque du Canada. Cette rencontre et
le
malaise général que ressentent les Canadiens face
à la sécurité à la
retraite se produisent dans le contexte de la crise
économique
où les monopoles font tout ce qu'ils peuvent pour en
rejeter le
fardeau sur le dos de la classe ouvrière et des couches
intermédiaires par des moyens qui comprennent les
faillites
stratégiques et la destruction de la base
manufacturière
et des programmes sociaux. Un aspect important de
cette destruction nationale antisociale est l'élimination
de ce
qu'ils appellent avec tant de mépris le
« fardeau des
coûts hérités », qui comprend les
pensions à prestations déterminées et
d'autres
avantages sociaux pro-ouvriers.
Ce qui manque à la discussion sur les
pensions et
aux propositions de réformes, ce sont les opinions de la
classe
ouvrière du Canada et de ses politiciens ouvriers.
Même
les couches intermédiaires et les propriétaires de
petites entreprises se voient privés de la
possibilité de
présenter des alternatives aux propositions et aux
demandes du
capital
monopoliste.
Le Marxiste-Léniniste entreprend
avec
ce numéro une série sur la réforme des
pensions
dont un aspect indispensable, comme dans tout projet politique,
est la
discussion sur la conception du monde et la philosophie. On ne
peut
rien formuler de sérieux, politiquement, sans
établir et
démarquer les conceptions du monde conflictuelles
des classes en présence. Les lecteurs, en
particulier
les politiciens ouvriers et tous les activistes qui
défendent
les droits des travailleurs actifs et à la retraite,
doivent
contribuer à la discussion. De nombreux lecteurs sont
directement engagés dans la lutte pour défendre les
pensions que nous avons et pour des pensions à un standard
canadien pour tous. On ne peut permettre aux propriétaires
du
capital et à leurs représentants politiques et
académiques de dominer et de manipuler des questions aussi
importantes qui affectent directement les travailleurs actifs et
à la retraite et les couches intermédiaires et on
ne peut
leur permettre d'exclure du débat la conception du monde,
la
philosophie, la pensée et les opinions des politiciens
ouvriers.
Discutons-en !

Pensions, conception du monde et
philosophie
Deux mondes s'affrontent
- Centre ouvrier du Parti
communiste du
Canada (marxiste-léniniste) -
Première partie : Les
pensions
Les médias de masse ont donné de
l'importance à l'opposition de l'ex-gouverneur de la
Banque du
Canada David Dodge à toute expansion du Régime de
pensions du Canada (RPC), qu'il dénonce comme
« une
approche d'État-gâteau ». On a
donné de
l'importance également au rapport qui avait
été
commandé au professeur Jack
Mintz de l'Université de Calgary qui se complaît
dans
l'approbation du statu quo en concluant que « le
système fonctionne pour la vaste majorité des
Canadiens ».
Le Globe and Mail écrit que
« le ministre des Finances Jim Flaherty penche du
côté du rapport Mintz en disant appuyer une
réforme
‘prudente'. ‘Les études montrent que notre
système de
revenu à la retraite fonctionne plutôt bien', a dit
M.
Flaherty en entrevue hier. »
On pourrait prendre à partie M. Flaherty et
le
professeur Mintz et leur demander simplement : pourquoi les
politiciens ont-ils parcouru des milliers de kilomètres
pour se
rendre à Whitehorse, avec des centaines de membres de leur
personnel et de journalistes, si « notre
système de
revenu à la retraite fonctionne plutôt
bien »,
en tout cas selon vous ? La réponse à cette
question
est le fil conducteur qui parcourt toutes les propositions
officiellement à l'étude. De Dodge à Mintz,
en
passant par les gouvernements de l'Ontario, de la
Colombie-Britannique
et de l'Alberta, tous veulent inclure de nouvelles façons
de
forcer les travailleurs et les couches intermédiaires
à
« épargner » davantage en vue de la
retraite, ce qui se ramène essentiellement à
« une taxe sur les épargnes de
retraite ».
Les taxes pour les
pensions
font partie de tout un éventail de nouvelles taxes pour
les
particuliers, comme la taxe de vente harmonisée (TVH), les
taxes
supposément pro-environnement sur le carbone et les frais
d'usagers dans les services publics qui déplacent les
réclamations du gouvernement au produit social (les taxes
et
impôts) de la grande
entreprise vers la classe ouvrière et les couches
intermédiaires. L'augmentation des taxes de la classe
ouvrière et des couches intermédiaires pour les
pensions
remet une part accrue de leur revenu aux différents
régimes d'épargne de retraite afin que les
propriétaires du capital mettent la main dessus sous forme
de
capital-argent. Ces taxes
constituent une négation de la responsabilité
sociale des
gouvernements de garantir une retraite pour tous à un
standard
canadien. Ce détournement de responsabilité pour la
retraite vers des régimes d'épargne permet aux
représentants politiques des propriétaires du
capital de
prétendre qu'ils travaillent à résoudre le
problème des pensions en pointant
du doigt le très grand nombre de régimes
d'épargne
qui existent. Ils évitent ainsi de s'adresser aux
conditions de
vie réelles des travailleurs à la retraite et
à la
réalité de l'économie moderne
socialisée
qui dépend de la reproduction élargie de sa
capacité industrielle pour produire les biens
matériels
et les services dont les retraités ont besoin et ne
peut pas s'appuyer sur les épargnes d'hier, qui sont
essentiellement du capital fictif ou illusoire amassé.
Les taxes des individus pour les pensions, qui
sont
mises dans des régimes d'épargne, brisent la
solidarité sociale nécessaire entre la classe
ouvrière et les couches intermédiaires et surtout
entre
les travailleurs actifs et ceux à la retraite. Les taxes
pour
les pensions dans les régimes d'épargne
créent la
fausse impression que les travailleurs
individuels font aujourd'hui une réclamation à la
valeur
ajoutée afin de l'utiliser plus tard pour eux-mêmes
quand
ils prendront leur retraite. Cela est faux, parce que dans toute
société, même celle des petits producteurs au
sein
de la famille élargie, ce sont les travailleurs actifs en
état de produire qui ont la responsabilité de
soutenir
leurs aînés et les
autres qui ne peuvent pas travailler pour une raison ou une
autre,
comme une blessure ou la maladie. Une des différences avec
aujourd'hui c'est que le Canada a une économie
socialisée
dans laquelle tous les Canadiens sont le produit de la
société. Les membres de la société
ont des
droits en vertu de leur humanité. Le collectif
socialisé
des
membres, la société, est responsable de garantir
les
droits de tous et c'est la responsabilité des Canadiens de
garantir l'intérêt général de la
société.
Le Canada n'est pas un ensemble d'économies
villageoises faites de familles élargies. La retraite est
une
responsabilité collective basée sur la
solidarité
sociale et exprimée par un gouvernement qui est assujetti
à un peuple doté du pouvoir, et cela deviendrait
une
réalité si les propriétaires du capital
n'empêchaient pas le gouvernement d'assumer
ses responsabilités sociales. Le produit social dont on a
besoin
pour soutenir les aînés et leur donner les services
requis
vient de la valeur ajoutée produite dans le moment
présent par les travailleurs actifs. L'illusion que le
produit
social nécessaire au soutien des aînés
provient des
épargnes est attribuable à des rapports de
production
qui ont fait
leur temps. Ces rapports de production désuets où
des
individus possèdent des parties de l'économie
socialisée en rivalité déforment le
fonctionnement
réel d'une économie socialisée et
empêchent
les producteurs de prendre le contrôle de la direction de
l'économie et d'assumer l'autorité et la
responsabilité de la société et de ses
membres sur
une
base nouvelle, en harmonie avec le caractère
socialisé de
la production et de la distribution.
Les gouvernements ont la responsabilité
sociale
de réclamer assez de produit social aux principales
entreprises
privées et publiques qui opèrent dans
l'économie
socialisée canadienne pour soutenir et élargir tous
les
programmes sociaux, dont les programmes de retraite pour tous
à
un standard canadien. Cela suppose également que le
gouvernement a la responsabilité sociale de maintenir
l'économie socialisée au niveau requis pour
garantir le
bien-être de tous et qu'il doit intervenir avec force avec
des
lois d'urgence pour contrecarrer toute destruction de
l'économie
ou tout investissement qui ne profite pas au Canada, comme c'est
le cas
avec la prise de contrôle récente de Stelco
par US Steel, d'Inco par Vale et de Falconbridge par Xstrata,
pour n'en
nommer que quelques-uns. La retraite et les autres programmes
sociaux
dépendent directement du bien-être de
l'économie
socialisée qui, dans le monde moderne, doit être
sous le
contrôle des producteurs, suffire à ses besoins,
être très diversifiée et s'opposer activement
au
système impérialiste d'États, en particulier
à l'empire américain.
Les taxes pour les pensions qui sont
proposées
sous la forme tronquée de régimes d'épargne
comprennent la proposition du chacun pour soi de David Dodge pour
une
myriade de régimes d'épargne « qui ont
une
structure flexible et offrent un choix aux
contributeurs »,
de même que celle « d'un supplément ou un
deuxième
niveau du RPC sous la forme d'un régime d'épargne
individuelle à contributions
déterminées », tel que proposé
par des
groupes de retraités associés au capital
monopoliste, et
« des hausses de primes substantielles au
RPC »
pour accroître les fonds d'épargne et
d'investissement
des gouvernements du Québec et du Canada.
(Les citations sont de la Presse canadienne et traduites par
Le
Marxiste-Léniniste.)
L'aspect le plus frappant de ce discours sur les
pensions est qu'il n'a à peu près rien à
voir avec
le devoir de garantir aux Canadiens une retraite à un
standard
acceptable, qui pourrait être par exemple de 70 % des
10
années au meilleur revenu et avec un minimum à un
standard canadien. Les discussions visent entièrement
à
étendre les
réclamations au produit social des propriétaires du
capital en réduisant directement les réclamations
des
travailleurs et des couches intermédiaires par la taxation
accrue des individus déguisée en régimes
d'épargne pour les pensions. Toutes les propositions de
l'oligarchie financière sont des régimes
d'épargne et non de pension et vont créer encore
plus d'insécurité et de pauvreté pour les
Canadiens à la retraite et abaisser le niveau de vie des
travailleurs actifs et des couches intermédiaires. Toutes
les
propositions officielles comprennent une combinaison de taxation
collective et individuelle déguisée en
épargne,
sauf pour l'augmentation des primes des employés au
RPC-RRQ qui
sont des
taxes prélevées directement sur les salaires, qui
ne font
l'objet d'aucune réclamation des individus. Ces
épargnes
pour les pensions réduisent le revenu disponible actuel et
n'offrent aucune garantie qu'elles seront là pour le
travailleur
retraité jusqu'à sa mort parce qu'elles sont
amassées comme du capital-argent fictif ou illusoire.
Même
les régimes
d'épargne comme le RPC et la Caisse de dépôt
et de
placement du Québec sont sujettes à la manipulation
et
aux pertes. Les régimes d'épargne peuvent
être
volés par des investisseurs comme Bernie Maldoff et Earl
Jones,
ou utilisés pour la guerre impérialiste ou dans des
manoeuvres d'ingérence et de pillage d'autres pays qui
mènent à la guerre
et à l'insécurité mondiale. Les
régimes
d'épargne peuvent être dévalués dans
leur
entier par l'inflation de la devise. Lorsque le rouble russe
s'est
effondré dans les années 1990 et que la
capacité
productive du pays a été décimée, les
retraités et les autres personnes ayant des
épargnes (des
épargnes pour les pensions et d'autres fonds) ont tout
perdu
et plusieurs sont morts dans la pauvreté ou se sont
retrouvés démunis et sans abri. Ils ne pouvaient
pas
échanger leur épargne-argent ou le transformer en
produit
social et en services.
Même les régimes de pension
conçus
pour donner des prestations déterminées ne sont pas
sécuritaires parce qu'ils font partie de régimes
d'épargne qui sont susceptibles d'être pillés
et
manipulés ou de faire l'objet de faillites
stratégiques,
comme l'ont montré le fiasco récent à
Nortel,
celui d'Air Canada auparavant et le fiasco de tant d'autres
compagnies.
Il est juste de rejeter les stratagèmes
proposés par l'élite dirigeante mais pour le faire
avec
autorité et sans équivoque, la classe
ouvrière et
ses alliés doivent aussi s'attaquer à la conception
du
monde et à la philosophie qui sont à la base des
programmes de l'oligarchie financière, comme ces
stratagèmes d'accroissement des taxes individuelles qui
sont pour la plupart déguisés en fonds
d'épargnes
pour les pensions.
Dans un Canada moderne où tous
dépendent
de la société et où l'économie est
complètement socialisée, la retraite à un
standard
canadien est un droit et une manifestation importante de
solidarité sociale. Une opposition effective de la classe
ouvrière dirigée par les politiciens ouvriers doit
forcer
les gouvernements à assumer leur responsabilité
de concrétiser la solidarité sociale entre les
générations en donnant une garantie
constitutionnelle et
législative au droit de tous à une retraite
à un
standard canadien.
Deuxième partie :
Pensions,
conception du monde et philosophie
La conception du monde de l'oligarchie
financière
est de protéger sa richesse et d'accroître son
capital le
plus rapidement possible. Pour parler en termes
généraux,
on peut dire que cette conception du monde est centrée
sur le capital. Le rejet des propositions de l'oligarchie
financière sur les pensions de même que de sa
conception
du monde et sa philosophie est le point de départ de la
discussion et de l'élaboration de la conception du monde
de la
classe ouvrière par la classe ouvrière, de sa
philosophie
et de son programme pour le renouveau des pensions, plus
exactement
pour un système de retraite centré sur l'être
humain.
Les propriétaires du capital et leurs
représentants politiques et académiques ont une
conception du monde qui reflètent leur position de classe
sociale.
L'aspect dominant de cette conception du monde est la
préservation et l'accroissement de leur
propriété
et leur contrôle du capital, c'est-à-dire leur
domination
et leur contrôle de l'économie
socialisée et l'exploitation de la classe ouvrière
au
pays et à l'étranger. Le problème est qu'on
enseigne à la classe ouvrière et aux couches
intermédiaires à accepter la conception du monde
centrée sur le capital comme étant la leur,
même si
cela contredit leur position de classe sociale et la
nécessité de changer les arrangements
économiques,
sociaux et politiques qui gouvernent la
société.
La classe ouvrière et les couches
intermédiaires s'aperçoivent à mesure qu'ils
interviennent dans le monde réel tel qu'il est que la
conception
du monde centrée sur le capital qu'on leur a
inculquée
les empêche de régler les problèmes et de
faire
progresser la société vers de nouveaux arrangements
prosociaux. Ils découvrent la nécessité de
rejeter
la vieille conception du monde et de développer leur
propre
conception du monde centrée sur l'être humain.
Hardial
Bains a décrit ce problème comme la
nécessité de se sortir du « berceau
historique », une lutte qui demande un effort
conscient des
travailleurs et de leurs alliés pour se
prolétariser et
refaçonner leur conception du
monde en opposition à celle des propriétaires du
capital.
Karl Marx a appelé ce « berceau
historique » un « aveuglement
juridique » qui doit être surmonté pour
que des
progrès sérieux puissent être faits dans
l'élaboration et la conception du nouveau.
Les travailleurs et
leurs
alliés s'organisent et combattent pour éliminer le
blocage de la solution des problèmes du peuple et de la
société et pour prendre le contrôle de la
direction
de l'économie et des affaires politiques. Ces luttes pour
acquérir le pouvoir et défendre les droits de tous
sont
des composantes importantes de la lutte des travailleurs
et des politiciens ouvriers pour se prolétariser et
prolétariser leur conception du monde et la
société dans laquelle les Canadiens viennent au
monde ou
immigrent. Mais cela ne suffit pas. Une conception du monde
nouvelle ne
peut s'acquérir que dans une lutte consciente contre la
vieille
conception du monde qui bloque l'avènement d'une
alternative. Pour mener à bien cette lutte pour une
conception
du monde nouvelle, en opposition à la vieille conception
du
monde centrée sur le capital, les travailleurs et leurs
alliés doivent participer consciemment à l'acte de
découvrir ce qu'est ce blocage de la solution des
problèmes, pourquoi il existe, qui il sert
et comment
l'éliminer. La conception du monde et
la théorie nouvelles qui guident la pratique sont des
instruments nécessaires aux travailleurs et à leurs
alliés pour résoudre les problèmes, exercer
leur
contrôle sur l'économie et les affaires politiques
et
doter le peuple de son pouvoir souverain et bâtir
l'alternative
centrée sur l'être humain,
retirer le Canada du système impérialiste
d'États
et éliminer l'exploitation comme mode de vie.
La conception du monde du système de
pension
centrée sur l'être humain rejette les propositions
de
l'oligarchie financière et demande l'augmentation des
investissements dans les programmes sociaux afin de garantir les
droits
de tous de prendre leur retraite à un standard canadien.
Les
pensions sont des réclamations légitimes à
la
valeur
ajoutée que produisent les travailleurs au sein de
l'économie socialisée telle qu'elle est maintenant.
Elles
ne doivent pas être financées par les
épargnes ; elles doivent être prises en charge
comme
une dépense budgétaire du gouvernement à
partir du
revenu amassé ici et maintenant par le gouvernement en
impôts des grandes entreprises privées
et publiques opérant au pays.
Pour que la retraite de tous à un standard
acceptable soit garantie, il faut un apport continuel de produit
social
par l'économie socialisée, livré dans un
esprit de
solidarité sociale entre les travailleurs actifs et
à la
retraite. Cette fonction est bloquée par la conception du
monde
antihumaine égocentrique des propriétaires du
capital
selon qui le
facteur humain dans l'économie, soit les producteurs
réels des biens et les dispensateurs des services, est un
« coût de production ». Cette
conception du
monde haineuse envers les travailleurs et les couches
intermédiaires s'étend à leurs
réclamations
à une retraite et à des pensions au standard
canadien,
qu'on dénigre en les appelant
« coûts hérités ». La
même conception du monde égocentrique condamne toute
taxe
sur les entreprises, qui est pourtant nécessaire pour les
programmes sociaux et pour l'intérêt
général
de la société. Des termes aussi méprisants
que
« travailleurs comme coût de
production »
et « coûts hérités »
sont
utilisés
contre les travailleurs canadiens actifs qui produisent les biens
et
dispensent les services, et contre les personnes
âgées qui
ont bâti ce pays et méritent nos remerciements,
notre
respect et notre admiration.
En opposition à la conception du monde
désuète centrée sur le capital, la
conception du
monde centrée sur l'être humain amène les
travailleurs et les couches intermédiaires à
embrasser et
à respecter les aînés dans un esprit de
solidarité sociale. Dans cette conception du monde
moderne, la
retraite à un standard canadien est une réclamation
nécessaire et légitime au produit social du pays,
que la
société n'a d'autre choix que de fournir. Une
conception
du monde moderne reconnaît que les êtres humains sont
le
produit de la société et qu'ils ont des droits en
vertu
de leur humanité.
Les fonds d'épargne ne sont pas une
garantie de
retraite à un standard canadien
La classe ouvrière doit mettre fin à
la
mascarade actuelle qui essaie de faire passer les fonds
d'épargne pour des programmes sociaux. L'oligarchie
financière gère et tient les fonds d'épargne
dans
ses mains en tant que capital-argent. Les travailleurs
et les couches intermédiaires doivent trouver la
façon de
protéger leurs épargnes et de les mettre hors de la
portée des tentacules de l'oligarchie financière.
L'oligarchie financière s'empare des fonds
d'épargne
dans leur forme actuelle, les épuise par des frais de
services
et les transforme en capital-argent pour renforcer le pouvoir des
propriétaires
du capital et affaiblir la résistance des travailleurs et
des
peuples opprimés du monde. Les fonds d'épargne sont
du
capital de départ pour la spéculation et des
combines
d'enrichissement rapide et ils sont sujets aux hauts et aux bas
du
cycle
d'affaires capitaliste. Les fonds d'épargne dans leur
forme
actuelle sont des moyens de resserrer le contrôle de
l'oligarchie financière sur la classe ouvrière et
sur les
réclamations des travailleurs au produit social qu'ils
produisent et aux services qu'ils dispensent. Ils sont une
façon
de plus pour les propriétaires du capital de faire porter
aux
travailleurs et aux couches intermédiaires le fardeau de
la
chute du taux de rendement sur les investissements. La chute
du taux de profit est une tendance inhérente de
l'économie capitaliste : les propriétaires du
capital ne peuvent pas l'éviter mais ils essaient d'en
rejeter
les conséquences sur d'autres, notamment leurs
compétiteurs, d'autres secteurs de l'économie et
surtout
sur la classe ouvrière, les couches intermédiaires
et
tous les opprimés dans le système
impérialiste d'États.
En faisant subir à l'économie
socialisée une tendance du système capitaliste, on
n'en
élimine pas les conséquences mais on les fait
s'exprimer
d'une façon différente. Inonder l'économie
de
monnaie sans accroître la production comme moyen de payer
les
riches, comme l'a fait Obama, ne peut que rendre la monnaie
inflationniste et baisser sa
valeur par rapport à la quantité de biens et
services
contre la quelle elle est échangée. Des
activités
aussi étroites de la part du capital monopoliste rendent
plus
graves les crises économiques et créent d'autres
problèmes économiques plutôt que d'en
résoudre. C'est le cas par exemple de l'offensive
antisociale
ininterrompue qui a été lancée dans les
années 1990 et qui s'attaque maintenant aux pensions. Il
en est
de même avec la destruction insensée de la base
manufacturière du Canada, qui est l'un des principaux
piliers de
notre tissu social. La conception du monde antisociale des
propriétaires du capital s'exprime par le
fétichisme de
la compétition et leur obsession à s'enrichir. Ils
deviennent
« fous dans l'insouciance » par rapport aux
conséquences sociales et naturelles de leur action,
notamment
les guerres d'agression illégales pour les marchés
mondiaux, les ressources et le travail asservi, comme en Irak et
en
Afghanistan, la pollution de la Terre Mère et les dangers
de
l'appui sur la force et la guerre comme moyen de
résoudre les conflits, ce qui mènera à coup
sûr le monde à une autre guerre
inter-impérialiste
entre les grandes puissances à moins que la classe
ouvrière et ses alliés n'imposent leur
volonté et
n'arrêtent le bras de l'oligarchie financière en
établissant un gouvernement anti-guerre.
Le ministre des Finances Jim Flaherty et d'autres
membres de l'élite gouvernante proposent des fonds
d'épargne au lieu de programmes sociaux, tout en affamant
les
programmes sociaux légitimes et en remettant les services
publics et les avoirs publics directement aux
propriétaires du
capital par la privatisation et d'autres combines pour payer
les riches.
La seule source de capital au Canada est le temps
de
travail des travailleurs qui produisent une valeur ajoutée
en
transformant l'abondante richesse de la Terre Mère en
valeur
d'usage. Il s'agit d'une quantité finie de produit social,
déterminée par le temps de travail effectué
dans
les secteurs de production de biens matériels. C'est donc
aux
dépens de la classe ouvrière et des couches
moyennes que
les propriétaires du capital peuvent s'emparer d'une plus
grande
quantité de valeur ajoutée. Même avec
l'élargissement de la production, toute hausse des
réclamations des propriétaires du capital se fait
directement aux dépens des réclamations des
travailleurs
pour ce qui est de leur bien-être
individuel et collectif et de l'intérêt
général de la société. Lorsqu'on
oblige les
travailleurs et les couches moyennes à placer leurs
réclamations à la valeur ajoutée qu'ils
produisent
dans des régimes d'épargne pour la retraite,
l'enseignement post-secondaire ou le logement (souvent
incités
à le faire par des crédits d'impôt), cela a
pour
effet
d'accroître le contrôle de la valeur ajoutée
globale
par les propriétaires du capital, de resserrer leur
emprise sur
l'économie socialisée et d'accroître leur
capacité et leurs moyens d'empêcher les travailleurs
et
leurs alliés de développer leur conscience et
organisation pour défendre les droits de tous et pour une
alternative centrée sur l'être
humain.
Le droit des travailleurs et des couches moyennes
d'exercer un contrôle sur la direction de
l'économie,
notamment avec de nouveaux arrangements pour la retraite, est
nié alors que l'oligarchie financière
apparaît
comme bienveillante, préoccupée par leur sort, sans
intérêt dans le capital-argent épargné
et
les énormes frais de gestion. Les
épargnes des travailleurs et des couches moyennes sont
devenues
une des plus grandes réserves d'argent au pays. Le fait
que
l'oligarchie financière soit si empressée
d'assouvir sa
faim à même les épargnes des travailleurs et
des
couches moyennes avec des manigances de toutes sortes pour
s'emparer de
ces réserves prouve que les rapports
économiques (ou rapports de propriété)
actuels
sont en mal de renouveau et que les propriétaires du
capital ne
jouent plus de rôle positif dans la
société.
Sur la question de la retraite et sur tous les
autres
problèmes auxquels la société est
confrontée, la classe ouvrière et ses alliés
ont
besoin de leur propre conception du monde centrée sur
l'être humain, une conception du monde qui rejette en
pratique et
en théorie la conception du monde centrée sur le
capital
de l'oligarchie financière
dominante.
(À venir : Troisième
partie : la philosophie)

2009 en revue
Ne touchez pas à nos pensions, prestations
de départ et avantages sociaux!


Devant
l'assemblée
législative de l'Ontario le 23 avril 2009 : 20 000
travailleurs
venus de tous les coins de la province exigent que les
gouvernements
fédéral et provinciaux protègent les
pensions.


Le 21 octobre
2009 :
Plus de 4 000 retraités et anciens employés de
Nortel
accompagnés de travailleurs de plusieurs
autres secteurs manifestent sur la colline parlementaire à
Ottawa pour exiger que les gouvernements protègent
les pensions et avantages sociaux pour que les retraités
et les
travailleurs accidentés puissent vivre dans
la dignité. (Photo :
Marc
Lavoie, LML)

Le
18 mars 2009 : Les travailleurs du local 195 des TCA et leurs
supporters manifestent devant les usines Aradco et Aramco de
Windsor,
sous occupation, pour exiger le versement des prestations de
départ des travailleurs mis à pied.
Le
17 avril 2009 : Des travailleurs de l'automobile actifs et
à la
retraite manifestent devant le bureau de circonscription
du député provincial d'Essex Bruce Crozier, en
Ontario,
pour exiger que les députés provinciaux
s'acquittent
de leur responsabilité sociale et défendent les
pensions.

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