Le Marxiste-Léniniste

Numéro 4 - 7 janvier 2010

La réforme du régime de pension
du Canada: Discutons-en!

La réforme du régime de pension du Canada: Discutons-en!

Pensions, conception du monde et philosophie
Deux mondes s'affrontent - Centre ouvrier du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste)

2009 en revue
Ne touchez pas à nos pensions, prestations de départ et avantages sociaux!

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La réforme du régime de pension
du Canada: Discutons- en!

Les plus hauts échelons politiques du pays sont en train de discuter de la réforme du régime des pensions du Canada. Les ministres des Finances du Québec, du Canada et des autres provinces se sont rencontrés à Whitehorse au Yukon à la fin-

décembre pour discuter des propositions de réformes de pension contenues dans deux rapports qui avaient été commandés et des propositions d'autres représentants de l'oligarchie financière comme David Dodge, l'ex-gouverneur de la Banque du Canada. Cette rencontre et le malaise général que ressentent les Canadiens face à la sécurité à la retraite se produisent dans le contexte de la crise économique où les monopoles font tout ce qu'ils peuvent pour en rejeter le fardeau sur le dos de la classe ouvrière et des couches intermédiaires par des moyens qui comprennent les faillites stratégiques et la destruction de la base manufacturière et des programmes sociaux. Un aspect important de cette destruction nationale antisociale est l'élimination de ce qu'ils appellent avec tant de mépris le « fardeau des coûts hérités », qui comprend les pensions à prestations déterminées et d'autres avantages sociaux pro-ouvriers.

Ce qui manque à la discussion sur les pensions et aux propositions de réformes, ce sont les opinions de la classe ouvrière du Canada et de ses politiciens ouvriers. Même les couches intermédiaires et les propriétaires de petites entreprises se voient privés de la possibilité de présenter des alternatives aux propositions et aux demandes du capital monopoliste.

Le Marxiste-Léniniste entreprend avec ce numéro une série sur la réforme des pensions dont un aspect indispensable, comme dans tout projet politique, est la discussion sur la conception du monde et la philosophie. On ne peut rien formuler de sérieux, politiquement, sans établir et démarquer les conceptions du monde conflictuelles des classes en présence. Les lecteurs, en particulier les politiciens ouvriers et tous les activistes qui défendent les droits des travailleurs actifs et à la retraite, doivent contribuer à la discussion. De nombreux lecteurs sont directement engagés dans la lutte pour défendre les pensions que nous avons et pour des pensions à un standard canadien pour tous. On ne peut permettre aux propriétaires du capital et à leurs représentants politiques et académiques de dominer et de manipuler des questions aussi importantes qui affectent directement les travailleurs actifs et à la retraite et les couches intermédiaires et on ne peut leur permettre d'exclure du débat la conception du monde, la philosophie, la pensée et les opinions des politiciens ouvriers.

Discutons-en !

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Pensions, conception du monde et philosophie

Deux mondes s'affrontent

Première partie : Les pensions

Les médias de masse ont donné de l'importance à l'opposition de l'ex-gouverneur de la Banque du Canada David Dodge à toute expansion du Régime de pensions du Canada (RPC), qu'il dénonce comme « une approche d'État-gâteau ». On a donné de l'importance également au rapport qui avait été commandé au professeur Jack Mintz de l'Université de Calgary qui se complaît dans l'approbation du statu quo en concluant que « le système fonctionne pour la vaste majorité des Canadiens ».

Le Globe and Mail écrit que « le ministre des Finances Jim Flaherty penche du côté du rapport Mintz en disant appuyer une réforme ‘prudente'. ‘Les études montrent que notre système de revenu à la retraite fonctionne plutôt bien', a dit M. Flaherty en entrevue hier. »

On pourrait prendre à partie M. Flaherty et le professeur Mintz et leur demander simplement : pourquoi les politiciens ont-ils parcouru des milliers de kilomètres pour se rendre à Whitehorse, avec des centaines de membres de leur personnel et de journalistes, si « notre système de revenu à la retraite fonctionne plutôt bien », en tout cas selon vous ? La réponse à cette question est le fil conducteur qui parcourt toutes les propositions officiellement à l'étude. De Dodge à Mintz, en passant par les gouvernements de l'Ontario, de la Colombie-Britannique et de l'Alberta, tous veulent inclure de nouvelles façons de forcer les travailleurs et les couches intermédiaires à « épargner » davantage en vue de la retraite, ce qui se ramène essentiellement à « une taxe sur les épargnes de retraite ».

Les taxes pour les pensions font partie de tout un éventail de nouvelles taxes pour les particuliers, comme la taxe de vente harmonisée (TVH), les taxes supposément pro-environnement sur le carbone et les frais d'usagers dans les services publics qui déplacent les réclamations du gouvernement au produit social (les taxes et impôts) de la grande entreprise vers la classe ouvrière et les couches intermédiaires. L'augmentation des taxes de la classe ouvrière et des couches intermédiaires pour les pensions remet une part accrue de leur revenu aux différents régimes d'épargne de retraite afin que les propriétaires du capital mettent la main dessus sous forme de capital-argent. Ces taxes constituent une négation de la responsabilité sociale des gouvernements de garantir une retraite pour tous à un standard canadien. Ce détournement de responsabilité pour la retraite vers des régimes d'épargne permet aux représentants politiques des propriétaires du capital de prétendre qu'ils travaillent à résoudre le problème des pensions en pointant du doigt le très grand nombre de régimes d'épargne qui existent. Ils évitent ainsi de s'adresser aux conditions de vie réelles des travailleurs à la retraite et à la réalité de l'économie moderne socialisée qui dépend de la reproduction élargie de sa capacité industrielle pour produire les biens matériels et les services dont les retraités ont besoin et ne peut pas s'appuyer sur les épargnes d'hier, qui sont essentiellement du capital fictif ou illusoire amassé.

Les taxes des individus pour les pensions, qui sont mises dans des régimes d'épargne, brisent la solidarité sociale nécessaire entre la classe ouvrière et les couches intermédiaires et surtout entre les travailleurs actifs et ceux à la retraite. Les taxes pour les pensions dans les régimes d'épargne créent la fausse impression que les travailleurs individuels font aujourd'hui une réclamation à la valeur ajoutée afin de l'utiliser plus tard pour eux-mêmes quand ils prendront leur retraite. Cela est faux, parce que dans toute société, même celle des petits producteurs au sein de la famille élargie, ce sont les travailleurs actifs en état de produire qui ont la responsabilité de soutenir leurs aînés et les autres qui ne peuvent pas travailler pour une raison ou une autre, comme une blessure ou la maladie. Une des différences avec aujourd'hui c'est que le Canada a une économie socialisée dans laquelle tous les Canadiens sont le produit de la société. Les membres de la société ont des droits en vertu de leur humanité. Le collectif socialisé des membres, la société, est responsable de garantir les droits de tous et c'est la responsabilité des Canadiens de garantir l'intérêt général de la société.

Le Canada n'est pas un ensemble d'économies villageoises faites de familles élargies. La retraite est une responsabilité collective basée sur la solidarité sociale et exprimée par un gouvernement qui est assujetti à un peuple doté du pouvoir, et cela deviendrait une réalité si les propriétaires du capital n'empêchaient pas le gouvernement d'assumer ses responsabilités sociales. Le produit social dont on a besoin pour soutenir les aînés et leur donner les services requis vient de la valeur ajoutée produite dans le moment présent par les travailleurs actifs. L'illusion que le produit social nécessaire au soutien des aînés provient des épargnes est attribuable à des rapports de production qui ont fait leur temps. Ces rapports de production désuets où des individus possèdent des parties de l'économie socialisée en rivalité déforment le fonctionnement réel d'une économie socialisée et empêchent les producteurs de prendre le contrôle de la direction de l'économie et d'assumer l'autorité et la responsabilité de la société et de ses membres sur une base nouvelle, en harmonie avec le caractère socialisé de la production et de la distribution.

Les gouvernements ont la responsabilité sociale de réclamer assez de produit social aux principales entreprises privées et publiques qui opèrent dans l'économie socialisée canadienne pour soutenir et élargir tous les programmes sociaux, dont les programmes de retraite pour tous à un standard canadien. Cela suppose également que le gouvernement a la responsabilité sociale de maintenir l'économie socialisée au niveau requis pour garantir le bien-être de tous et qu'il doit intervenir avec force avec des lois d'urgence pour contrecarrer toute destruction de l'économie ou tout investissement qui ne profite pas au Canada, comme c'est le cas avec la prise de contrôle récente de Stelco par US Steel, d'Inco par Vale et de Falconbridge par Xstrata, pour n'en nommer que quelques-uns. La retraite et les autres programmes sociaux dépendent directement du bien-être de l'économie socialisée qui, dans le monde moderne, doit être sous le contrôle des producteurs, suffire à ses besoins, être très diversifiée et s'opposer activement au système impérialiste d'États, en particulier à l'empire américain.

Les taxes pour les pensions qui sont proposées sous la forme tronquée de régimes d'épargne comprennent la proposition du chacun pour soi de David Dodge pour une myriade de régimes d'épargne « qui ont une structure flexible et offrent un choix aux contributeurs », de même que celle « d'un supplément ou un deuxième niveau du RPC sous la forme d'un régime d'épargne individuelle à contributions déterminées », tel que proposé par des groupes de retraités associés au capital monopoliste, et « des hausses de primes substantielles au RPC » pour accroître les fonds d'épargne et d'investissement des gouvernements du Québec et du Canada. (Les citations sont de la Presse canadienne et traduites par Le Marxiste-Léniniste.)

L'aspect le plus frappant de ce discours sur les pensions est qu'il n'a à peu près rien à voir avec le devoir de garantir aux Canadiens une retraite à un standard acceptable, qui pourrait être par exemple de 70 % des 10 années au meilleur revenu et avec un minimum à un standard canadien. Les discussions visent entièrement à étendre les réclamations au produit social des propriétaires du capital en réduisant directement les réclamations des travailleurs et des couches intermédiaires par la taxation accrue des individus déguisée en régimes d'épargne pour les pensions. Toutes les propositions de l'oligarchie financière sont des régimes d'épargne et non de pension et vont créer encore plus d'insécurité et de pauvreté pour les Canadiens à la retraite et abaisser le niveau de vie des travailleurs actifs et des couches intermédiaires. Toutes les propositions officielles comprennent une combinaison de taxation collective et individuelle déguisée en épargne, sauf pour l'augmentation des primes des employés au RPC-RRQ qui sont des taxes prélevées directement sur les salaires, qui ne font l'objet d'aucune réclamation des individus. Ces épargnes pour les pensions réduisent le revenu disponible actuel et n'offrent aucune garantie qu'elles seront là pour le travailleur retraité jusqu'à sa mort parce qu'elles sont amassées comme du capital-argent fictif ou illusoire. Même les régimes d'épargne comme le RPC et la Caisse de dépôt et de placement du Québec sont sujettes à la manipulation et aux pertes. Les régimes d'épargne peuvent être volés par des investisseurs comme Bernie Maldoff et Earl Jones, ou utilisés pour la guerre impérialiste ou dans des manoeuvres d'ingérence et de pillage d'autres pays qui mènent à la guerre et à l'insécurité mondiale. Les régimes d'épargne peuvent être dévalués dans leur entier par l'inflation de la devise. Lorsque le rouble russe s'est effondré dans les années 1990 et que la capacité productive du pays a été décimée, les retraités et les autres personnes ayant des épargnes (des épargnes pour les pensions et d'autres fonds) ont tout perdu et plusieurs sont morts dans la pauvreté ou se sont retrouvés démunis et sans abri. Ils ne pouvaient pas échanger leur épargne-argent ou le transformer en produit social et en services.

Même les régimes de pension conçus pour donner des prestations déterminées ne sont pas sécuritaires parce qu'ils font partie de régimes d'épargne qui sont susceptibles d'être pillés et manipulés ou de faire l'objet de faillites stratégiques, comme l'ont montré le fiasco récent à Nortel, celui d'Air Canada auparavant et le fiasco de tant d'autres compagnies.

Il est juste de rejeter les stratagèmes proposés par l'élite dirigeante mais pour le faire avec autorité et sans équivoque, la classe ouvrière et ses alliés doivent aussi s'attaquer à la conception du monde et à la philosophie qui sont à la base des programmes de l'oligarchie financière, comme ces stratagèmes d'accroissement des taxes individuelles qui sont pour la plupart déguisés en fonds d'épargnes pour les pensions.

Dans un Canada moderne où tous dépendent de la société et où l'économie est complètement socialisée, la retraite à un standard canadien est un droit et une manifestation importante de solidarité sociale. Une opposition effective de la classe ouvrière dirigée par les politiciens ouvriers doit forcer les gouvernements à assumer leur responsabilité de concrétiser la solidarité sociale entre les générations en donnant une garantie constitutionnelle et législative au droit de tous à une retraite à un standard canadien.

Deuxième partie : Pensions, conception du monde et philosophie

La conception du monde de l'oligarchie financière est de protéger sa richesse et d'accroître son capital le plus rapidement possible. Pour parler en termes généraux, on peut dire que cette conception du monde est centrée sur le capital. Le rejet des propositions de l'oligarchie financière sur les pensions de même que de sa conception du monde et sa philosophie est le point de départ de la discussion et de l'élaboration de la conception du monde de la classe ouvrière par la classe ouvrière, de sa philosophie et de son programme pour le renouveau des pensions, plus exactement pour un système de retraite centré sur l'être humain.

Les propriétaires du capital et leurs représentants politiques et académiques ont une conception du monde qui reflètent leur position de classe sociale. L'aspect dominant de cette conception du monde est la préservation et l'accroissement de leur propriété et leur contrôle du capital, c'est-à-dire leur domination et leur contrôle de l'économie socialisée et l'exploitation de la classe ouvrière au pays et à l'étranger. Le problème est qu'on enseigne à la classe ouvrière et aux couches intermédiaires à accepter la conception du monde centrée sur le capital comme étant la leur, même si cela contredit leur position de classe sociale et la nécessité de changer les arrangements économiques, sociaux et politiques qui gouvernent la société.

La classe ouvrière et les couches intermédiaires s'aperçoivent à mesure qu'ils interviennent dans le monde réel tel qu'il est que la conception du monde centrée sur le capital qu'on leur a inculquée les empêche de régler les problèmes et de faire progresser la société vers de nouveaux arrangements prosociaux. Ils découvrent la nécessité de rejeter la vieille conception du monde et de développer leur propre conception du monde centrée sur l'être humain. Hardial Bains a décrit ce problème comme la nécessité de se sortir du « berceau historique », une lutte qui demande un effort conscient des travailleurs et de leurs alliés pour se prolétariser et refaçonner leur conception du monde en opposition à celle des propriétaires du capital. Karl Marx a appelé ce « berceau historique » un « aveuglement juridique » qui doit être surmonté pour que des progrès sérieux puissent être faits dans l'élaboration et la conception du nouveau.

Les travailleurs et leurs alliés s'organisent et combattent pour éliminer le blocage de la solution des problèmes du peuple et de la société et pour prendre le contrôle de la direction de l'économie et des affaires politiques. Ces luttes pour acquérir le pouvoir et défendre les droits de tous sont des composantes importantes de la lutte des travailleurs et des politiciens ouvriers pour se prolétariser et prolétariser leur conception du monde et la société dans laquelle les Canadiens viennent au monde ou immigrent. Mais cela ne suffit pas. Une conception du monde nouvelle ne peut s'acquérir que dans une lutte consciente contre la vieille conception du monde qui bloque l'avènement d'une alternative. Pour mener à bien cette lutte pour une conception du monde nouvelle, en opposition à la vieille conception du monde centrée sur le capital, les travailleurs et leurs alliés doivent participer consciemment à l'acte de découvrir ce qu'est ce blocage de la solution des problèmes, pourquoi il existe, qui il sert et comment l'éliminer. La conception du monde et la théorie nouvelles qui guident la pratique sont des instruments nécessaires aux travailleurs et à leurs alliés pour résoudre les problèmes, exercer leur contrôle sur l'économie et les affaires politiques et doter le peuple de son pouvoir souverain et bâtir l'alternative centrée sur l'être humain, retirer le Canada du système impérialiste d'États et éliminer l'exploitation comme mode de vie.

La conception du monde du système de pension centrée sur l'être humain rejette les propositions de l'oligarchie financière et demande l'augmentation des investissements dans les programmes sociaux afin de garantir les droits de tous de prendre leur retraite à un standard canadien. Les pensions sont des réclamations légitimes à la valeur ajoutée que produisent les travailleurs au sein de l'économie socialisée telle qu'elle est maintenant. Elles ne doivent pas être financées par les épargnes ; elles doivent être prises en charge comme une dépense budgétaire du gouvernement à partir du revenu amassé ici et maintenant par le gouvernement en impôts des grandes entreprises privées et publiques opérant au pays.

Pour que la retraite de tous à un standard acceptable soit garantie, il faut un apport continuel de produit social par l'économie socialisée, livré dans un esprit de solidarité sociale entre les travailleurs actifs et à la retraite. Cette fonction est bloquée par la conception du monde antihumaine égocentrique des propriétaires du capital selon qui le facteur humain dans l'économie, soit les producteurs réels des biens et les dispensateurs des services, est un « coût de production ». Cette conception du monde haineuse envers les travailleurs et les couches intermédiaires s'étend à leurs réclamations à une retraite et à des pensions au standard canadien, qu'on dénigre en les appelant « coûts hérités ». La même conception du monde égocentrique condamne toute taxe sur les entreprises, qui est pourtant nécessaire pour les programmes sociaux et pour l'intérêt général de la société. Des termes aussi méprisants que « travailleurs comme coût de production » et « coûts hérités » sont utilisés contre les travailleurs canadiens actifs qui produisent les biens et dispensent les services, et contre les personnes âgées qui ont bâti ce pays et méritent nos remerciements, notre respect et notre admiration.

En opposition à la conception du monde désuète centrée sur le capital, la conception du monde centrée sur l'être humain amène les travailleurs et les couches intermédiaires à embrasser et à respecter les aînés dans un esprit de solidarité sociale. Dans cette conception du monde moderne, la retraite à un standard canadien est une réclamation nécessaire et légitime au produit social du pays, que la société n'a d'autre choix que de fournir. Une conception du monde moderne reconnaît que les êtres humains sont le produit de la société et qu'ils ont des droits en vertu de leur humanité.

Les fonds d'épargne ne sont pas une garantie de retraite à un standard canadien

La classe ouvrière doit mettre fin à la mascarade actuelle qui essaie de faire passer les fonds d'épargne pour des programmes sociaux. L'oligarchie financière gère et tient les fonds d'épargne dans ses mains en tant que capital-argent. Les travailleurs et les couches intermédiaires doivent trouver la façon de protéger leurs épargnes et de les mettre hors de la portée des tentacules de l'oligarchie financière. L'oligarchie financière s'empare des fonds d'épargne dans leur forme actuelle, les épuise par des frais de services et les transforme en capital-argent pour renforcer le pouvoir des propriétaires du capital et affaiblir la résistance des travailleurs et des peuples opprimés du monde. Les fonds d'épargne sont du capital de départ pour la spéculation et des combines d'enrichissement rapide et ils sont sujets aux hauts et aux bas du cycle d'affaires capitaliste. Les fonds d'épargne dans leur forme actuelle sont des moyens de resserrer le contrôle de l'oligarchie financière sur la classe ouvrière et sur les réclamations des travailleurs au produit social qu'ils produisent et aux services qu'ils dispensent. Ils sont une façon de plus pour les propriétaires du capital de faire porter aux travailleurs et aux couches intermédiaires le fardeau de la chute du taux de rendement sur les investissements. La chute du taux de profit est une tendance inhérente de l'économie capitaliste : les propriétaires du capital ne peuvent pas l'éviter mais ils essaient d'en rejeter les conséquences sur d'autres, notamment leurs compétiteurs, d'autres secteurs de l'économie et surtout sur la classe ouvrière, les couches intermédiaires et tous les opprimés dans le système impérialiste d'États.

En faisant subir à l'économie socialisée une tendance du système capitaliste, on n'en élimine pas les conséquences mais on les fait s'exprimer d'une façon différente. Inonder l'économie de monnaie sans accroître la production comme moyen de payer les riches, comme l'a fait Obama, ne peut que rendre la monnaie inflationniste et baisser sa valeur par rapport à la quantité de biens et services contre la quelle elle est échangée. Des activités aussi étroites de la part du capital monopoliste rendent plus graves les crises économiques et créent d'autres problèmes économiques plutôt que d'en résoudre. C'est le cas par exemple de l'offensive antisociale ininterrompue qui a été lancée dans les années 1990 et qui s'attaque maintenant aux pensions. Il en est de même avec la destruction insensée de la base manufacturière du Canada, qui est l'un des principaux piliers de notre tissu social. La conception du monde antisociale des propriétaires du capital s'exprime par le fétichisme de la compétition et leur obsession à s'enrichir. Ils deviennent « fous dans l'insouciance » par rapport aux conséquences sociales et naturelles de leur action, notamment les guerres d'agression illégales pour les marchés mondiaux, les ressources et le travail asservi, comme en Irak et en Afghanistan, la pollution de la Terre Mère et les dangers de l'appui sur la force et la guerre comme moyen de résoudre les conflits, ce qui mènera à coup sûr le monde à une autre guerre inter-impérialiste entre les grandes puissances à moins que la classe ouvrière et ses alliés n'imposent leur volonté et n'arrêtent le bras de l'oligarchie financière en établissant un gouvernement anti-guerre.

Le ministre des Finances Jim Flaherty et d'autres membres de l'élite gouvernante proposent des fonds d'épargne au lieu de programmes sociaux, tout en affamant les programmes sociaux légitimes et en remettant les services publics et les avoirs publics directement aux propriétaires du capital par la privatisation et d'autres combines pour payer les riches.

La seule source de capital au Canada est le temps de travail des travailleurs qui produisent une valeur ajoutée en transformant l'abondante richesse de la Terre Mère en valeur d'usage. Il s'agit d'une quantité finie de produit social, déterminée par le temps de travail effectué dans les secteurs de production de biens matériels. C'est donc aux dépens de la classe ouvrière et des couches moyennes que les propriétaires du capital peuvent s'emparer d'une plus grande quantité de valeur ajoutée. Même avec l'élargissement de la production, toute hausse des réclamations des propriétaires du capital se fait directement aux dépens des réclamations des travailleurs pour ce qui est de leur bien-être individuel et collectif et de l'intérêt général de la société. Lorsqu'on oblige les travailleurs et les couches moyennes à placer leurs réclamations à la valeur ajoutée qu'ils produisent dans des régimes d'épargne pour la retraite, l'enseignement post-secondaire ou le logement (souvent incités à le faire par des crédits d'impôt), cela a pour effet d'accroître le contrôle de la valeur ajoutée globale par les propriétaires du capital, de resserrer leur emprise sur l'économie socialisée et d'accroître leur capacité et leurs moyens d'empêcher les travailleurs et leurs alliés de développer leur conscience et organisation pour défendre les droits de tous et pour une alternative centrée sur l'être humain.

Le droit des travailleurs et des couches moyennes d'exercer un contrôle sur la direction de l'économie, notamment avec de nouveaux arrangements pour la retraite, est nié alors que l'oligarchie financière apparaît comme bienveillante, préoccupée par leur sort, sans intérêt dans le capital-argent épargné et les énormes frais de gestion. Les épargnes des travailleurs et des couches moyennes sont devenues une des plus grandes réserves d'argent au pays. Le fait que l'oligarchie financière soit si empressée d'assouvir sa faim à même les épargnes des travailleurs et des couches moyennes avec des manigances de toutes sortes pour s'emparer de ces réserves prouve que les rapports économiques (ou rapports de propriété) actuels sont en mal de renouveau et que les propriétaires du capital ne jouent plus de rôle positif dans la société.

Sur la question de la retraite et sur tous les autres problèmes auxquels la société est confrontée, la classe ouvrière et ses alliés ont besoin de leur propre conception du monde centrée sur l'être humain, une conception du monde qui rejette en pratique et en théorie la conception du monde centrée sur le capital de l'oligarchie financière dominante.

(À venir : Troisième partie : la philosophie)

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2009 en revue

Ne touchez pas à nos pensions, prestations
de départ et avantages sociaux!




Devant l'assemblée législative de l'Ontario le 23 avril 2009 : 20 000 travailleurs venus de tous les coins de la province exigent que les gouvernements fédéral et provinciaux protègent les pensions.







Le 21 octobre 2009 : Plus de 4 000 retraités et anciens employés de Nortel accompagnés de travailleurs de plusieurs
autres secteurs manifestent sur la colline parlementaire à Ottawa pour exiger que les gouvernements protègent
les pensions et avantages sociaux pour que les retraités et les travailleurs accidentés puissent vivre dans
la dignité. (Photo : Marc Lavoie, LML)



Le 18 mars 2009 : Les travailleurs du local 195 des TCA et leurs supporters manifestent devant les usines Aradco et Aramco de Windsor, sous occupation, pour exiger le versement des prestations de départ des travailleurs mis à pied.


Le 17 avril 2009 : Des travailleurs de l'automobile actifs et à la retraite manifestent devant le bureau de circonscription
du député provincial d'Essex Bruce Crozier, en Ontario, pour exiger que les députés provinciaux s'acquittent
de leur responsabilité sociale et défendent les pensions.

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